Sarajevo mon Amour…

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Il est tout étroit l’aéroport bosniaque. Pour une capitale je trouve ça mesquin et charmant. Au sortir de l’aérochose, je n’ai pas tout de suite saisi ce qui allait se passer. J’ai même été déroutée. L’excitation des premières bouffées d’air d’une nouvelle ville. Le taxi qui roule. L’environnement qui se déshabille. Les têtes des immeubles, l’humidité de l’air, les bouilles des affiches publicitaires, l’âcreté des odeurs, les tronches des bagnoles, l’opacité des lumières, la trogne des premières banlieues, l’intensité du bruit…tout ça esquisse une ville. La citadine se dessine peu à peu dans ma tête, au fur et à mesure que le taxi file sur le périphérique local… sauf à Sarajevo. J’étais paumée, les repères étaient contradictoires, on me donnait du soviétique dans les yeux pour ensuite me balancer de l’oriental dans les oreilles. Mon olfactif giflait assurément ma vue qui s’en prenait à mon ouïe. J’étais désarçonnée et rien ne me permettait de donner un air à la ville. Elle me tiraillait de tous les côtés. Elle me malmenait un peu mais ce n’était pas désagréable et j’allais finir par l’apprivoiser.
 
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On attendait nos clés pour prendre possession de notre appartement, l’immeuble était un peu froid mais beau et imposant, la porte lourde, on a zieuté l’intérieur, ça m’a plu. Cette masse en pierre grisonnante avait l’air récalcitrante comme ça mais j’eus très envie de l’habiter. Je crois que c’est surtout l’escalier qui m’a mise en appétit. Je l’ai vu et immédiatement mes jambes m’ont portée à lui. J’espérais secrètement que nous habitions au dernier étage car je voulais fouler chaque palier. Les dalles étaient grandes, un peu en marbre et composaient une surface relativement impressionnante. On eût aisément pu organiser un pique-nique-palier sur ces paliers. Ces grands immeubles de l’est… Ici on avait de l’espace et je tenais à l’investir. J’ai également pensé à un apéro sur ces marches. Des gens, de la fumée, des bouteilles de bière avec des mégots dedans, du vin entamé, des tâches sur le marbre… Il serait peut-être plus sage d’aller s’enivrer ailleurs tout compte fait. Ce n’est pas chez moi après tout. Un autre jour peut-être si on arrive à s’encanailler avec les voisins.
 
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Pour un mois de juillet, il faisait frisquet et le temps était exécrable. Tout mouillé partout. De la grosse pluie qui trempe illico. Il fallait combattre l’humidité extérieure. Il fallait faire la fête, il fallait tâter le nocturne de Sarajevo. Faire la fête à Sarajevo… comment ils s’amusent les bosniaques ? On a rencontré un gars de la ville qui vivait au Canada la majorité de l’année. Il voulait nous sortir. J’étais ravie. On s’est retrouvé dans un bar au bord de la Miljacka, c’est la rivière de Sarajevo, elle a vu beaucoup de choses cette rivière. Le bar pouvait ressembler à plein de bars de plein de capitales. Sauf qu’ici l’ambiance était pas la même, je sentais bien qu’on était ailleurs, à la croisée de plein d’anciennes contradictions… c’était bourré de gens qui 20 ans auparavant se sont fait la guerre et qui 40 ans auparavant formaient un peuple uni sous Tito. Ils sont rigolos ces anciens Yougos, ils tendent vers une modernité internationale.
 
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Certains dans ce bar avaient la dégaine d’artistes à grosse barbe qui trainent leurs souliers à Williamsburg mais tous conservaient une espèce de jovialité yougoslave traditionnelle extrêmement plaisante. J’ai ainsi décrété que ce serait pendant un temps le meilleur bar du continent européen. Le lendemain, un soleil éclaboussant est rentré comme un pachyderme dans la ville. La lourdeur de cette arrivée ne m’a cependant pas déplue et j’ai eu de suite envie de prendre quelques gifles de cet astre. Mes pieds m’ont inconsciemment emmenée au bord de la Miljacka, là où mes errances alcooliques m’avaient posée la veille. Le bar avait une gueule bien différente le matin. Aux personnes à grosse barbe et pintes de bière avaient succédé les personnes à grosses montures de lunette et leur Mac Book Air.
 
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J’ai longé la Miljacka, bordée d’immeubles période Austro-hongroise. C’était une partie de la ville que je ne connaissais pas, qui m’étonnait à nouveau. Il y avait d’un côté de la rive une expo photo en pleine air d’artistes contemporains et de l’autre un vague marché qui rassemblait des vendeurs de bigoudis, de patates, de vieux bouquins, de légumineuses et de chemises de nuit très longues. Je me suis tatée sur les bigoudis. Ils avaient de chouettes couleurs. J’ai en revanche fait l’acquisition de fabuleux cèpes et de juteuses tomates. Le vague marché m’avait composé mon déjeuner. Je crois qu’à ce moment-là, j’ai cessé de vouloir expliquer cette ville, j’ai accepté toutes ces belles incohérences.
 
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Elle m’a eue cette sorcière, je suis tombée amoureuse d’elle en l’espace de quelques anecdotes. Sarajevo mon amour. Plus les jours ont passé, plus elle m’a conquise. Elle m’a attirée dans de sombres endroits alternatifs coincés dans la vieille ville Ottomane. J’y ai ingurgité des breuvages assez mauvais au goût mais très plaisants à l’humeur, dansé sur une improbable musique de reggae électronique dans ce lieu à vieilles pierres cubiques. Elle m’a également entrainée dans des espaces bien plus apaisants en montant vers le haut dans ses montagnes. Il a suffi de pas grand-chose, une bonne douzaine de minutes pour s’extirper du centre historique et grimper de petites rues engoncées entre 2 rangées de maisons à 3 étages et se retrouver comme dans un petit village bosniaque. Il bien fallu quitter cette ville pour aller palper d’autres contrées bosniennes et monténégrines mais je n’avais qu’une hâte c’était de revenir à Sarajevo et de profiter encore un peu d’elle avant de reprendre mon avion. Le dernier jour a été délicieux. Je suis allée prendre une dernière gifle de soleil en sirotant mon marc de café. A très vite mon amour.
 
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xxx, Aurore.

Berlin, meine liebe.

 

Je vous préviens tout de suite, moi aussi je vais vous la faire genre : « Tant que t’y es pas allé, tu peux pas comprendre ». Tout simplement parce que j’étais comme vous. Ce dégueulis de hipster, les : « Ouais Berlin, c’est en mode trop cool, un truc unique ! » et autres : « La musique, c’est juste OUF »… J’avais du mal à la voir en peinture, la capitale allemande. J’y suis allé sans grande conviction au départ, un peu avec les boules de ne pas avoir assez de tunes pour aller à NYC (oui, je suis bourgeoise) et cette idée d’une ville un peu mainstream à force d’être trop hip me rendait boudeur comme un gamin de 4 ans. Le détour familial par cette charmante et vieille Bruxelles n’a évidemment rien arrangé à la situation.

BREF, je suis en mode ronchon mais ça m’intrigue quand même. Si TOUT LE MONDE dit que c’est cool, c’est qu’il doit bien y avoir quelque chose ! Ben c’est ça, on ne peut pas l’expliquer : il faut le vivre pour le comprendre ! On peut essayer de le décrire, mais ce n’est pas palpable, c’est dans l’air…

Il est vrai que l’esthétique ne doit pas plaire à tout le monde : c’est froid, industriel, il y a une sorte d’anarchie visuelle qui peut déplaire ou… rendre fou d’amour. Depuis que Phoebe Philo m’a séduit le slip, que Jules Faure est mon Proenza et que je suis son Schouler et que Cécile David m’a dompté à coups de stylisme brut de décoffrage, je ne peux qu’aimer Berlin.

 

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Les lignes sont brutes, droites, désordonnées, mais c’est finalement ce qui donne son charme à cette ville qui impose par sa brutalité et son insolence une certaine élégance. J’aime Berlin car les gens y sont véritablement faussement négligés. Une Parisienne met deux heures dans sa salle de bains à ressembler à Courtney Love version Chanel, la berlinoise EST Courtney Love version Yves Saint Laurent, du matin 8 h jusqu’au coucher à 6 h le lendemain. Les Allemands ? Tellement, tellement, tellement BEAUX ! OK, faut aimer le genre « barbu-bûcheron-kikoo », mais quand même ! Toutes ces peaux parfaites, ces grands rivages d’yeux bleus et ces dents ultra brite, ça fait rêver. Et puis avec les Berlinois, on ne tourne pas autour du pot : ça te sourit, ça vient te parler, ça te regarde dans les yeux. Pas de minauderies inutiles, une franchise bien plus qu’appréciable. Le Berlinois et la Berlinoise ont du style, c’est sûr… Ça ajoute en charme. Mais bon, si c’est pour pécho du mari dans un endroit charmant mais où on s’emmerde, mieux vaut galérer à Paname…

La première nuit, je suis sorti seul pour m’accoutumer sans être enquiquiné. J’aime bien me faire ma propre idée avant de partager un avis. Je suis parti de Neukölln vers le Kitkat club où il y avait une soirée Gegen. Les rues pourraient sembler peu rassurantes tant elles sont noires, à peine éclairées, mais on s’y sent bien. Je suis un peu tapette et pourtant je n’ai pas eu peur, ce qui vaut un 20/20 sur l’échelle de « rassure-moi, je suis vraiment un trouillard ». Les rues sont animées, ça rigole, ça picole, mais c’est pas violent.

 

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Après 45 min de marche, j’entre enfin dans ce club à l’extérieur banal pour atterrir dans un intérieur tout ce qu’il y a de pas banal du tout. Une espèce de boîte à cul mais sans le côté vulgos… On est un peu tous des hippies, à moitié nus, on se trempe dans la piscine en se passant des cigarettes et on rigole. OK, j’ai vu un mec se branler devant moi sur un canapé, mais il ne faisait chier personne ! Il faisait son truc à lui, c’était pas en mode lubrique, tu vois. Enfin, à partir du moment où j’ai atterri dans la seconde salle, c’était plus trop hippie : grosse techno, peu de lumière et les gens qui dansent. Mais À FOND, les gens. Les gens, ils ne sont pas là pour pour se montrer, tu vois. Ils sont là pour DANSER. Alors ils dansent, et toi, ça te donne envie de danser, normal quoi… jusqu’à 11 h du matin. C’est ça le problème dans cette ville ! C’est que tu perds la notion du temps ! Ça ne s’arrête jamais ! Tu peux aller bouffer n’importe où, n’importe quoi, jusqu’à n’importe quelle heure ! La fête ne s’arrête pas et sont toutes plus folles les unes que les autres… Comment ne pas succomber ? Et encore, je n’avais vécu que la première soirée de mon voyage !

 

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Ma deuxième nuit, je l’ai passée au Berghain/Panorama Bar et ça, c’est vraiment LE truc où j’ai traîné les pieds parce que c’est LE truc dont tout le monde revient dingue, genre c’est vraiment TROP bien. Bah ils avaient raison… c’est VRAIMENT trop bien, putain ! On est restés presque 10 h dans cette bouche de l’enfer… sans même s’en rendre compte. Et viens pas me chercher des noises avec la dope, rien à voir : c’est la MUSIQUE. C’était Phonique le DJ de ce soir-là : il a mixé 9 putains d’heures et sincèrement, j’ai bourlingué dans pas mal de soirées (sans vouloir me vanter) et c’est le meilleur set que j’ai entendu. Attention, ça ne vient pas que de lui. La populace était dans une espèce d’osmose incomparable. Encore une fois, ils font la fête au sens strict du terme. On se sourit, on rencontre des Russes improbables, des designers français et même des bouchers de Munich… On est tous dans le même bateau et on danse sans jamais s’arrêter. Non mais c’était fou comme expérience. On ne peut pas expliquer, il faut le vivre pour le comprendre !

 

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Je ne parle même pas de About Blank et de son jardin incroyable ! Du Môbel et de ses gouines au chic racé, du Roses et de ses moumoutes roses dans l’entièreté du bar ; je ne vous parlerai pas non plus du restaurant de burritos où j’ai dansé sur de la techno. Je ne dirai rien sur les centaines de bar trop mignons allumés à la bougie ou du restaurant paléolithique ; des musées, des boutiques improbables et des galeries… Allez-y, revenez déçu et on en débattra. Il faut le vivre pour le ressentir. Oui, je fais partie de ces connards qui disent ça maintenant et j’en suis fier. Berlin est définitivement la ville d’une jeunesse assoiffée de liberté, d’aventure, d’ouverture d’esprit et de créativité… Il n’y a rien à dire, rien à faire, c’est une évidence.

 

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C’était une déclaration d’amour à mon futur chez-moi. À bientôt Berlin.

 

Bien à vous.

Verbaliser des sensations

 

Asghar Farhadi n’est pas libanais, il ne parle pas arabe et pourtant quand je pense au Passé, je pense au Liban. Il n’est pas question ici de dépecer, décortiquer ou disséquer (ni le film ni le pays) juste d’exprimer et verbaliser des sensations. Je le dirai une fois, j’ai aimé ce film pour sa puissance et son universalité. J’ai aimé ce pays pour ses gens et son intensité.

 

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Le Liban c’était pour moi fin mars, le début du printemps; le Passé fin mai en plein cœur de la saison avec juste ce qu’il faut de lumière et de douceur pour flairer l’été. On fait des liens comme ça, allez savoir pourquoi… un film, un voyage, un réalisateur iranien qui peine à exister artistiquement dans son pays, une société libanaise bouillonnante et instable puis un aéroport, surtout un aéroport, enfin deux. Tout commence là. Le film débute par des retrouvailles dans cette zone de transit.  Il m’a semblée reconnaitre le terminal 2F de Roissy Charles De Gaulle, j’en suis presque sûre, je le sais. Peut-être bien le E tout compte fait … peut-être bien, mais peu importe les lettres, ça ne compte pas vraiment. Les chiffres c’est bien mieux, c’est plus facile. Non je mens, ça a toujours été les lettres…

 

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Cette scène d’attente toute empreinte de pragmatisme et de romantisme, d’émotion contenue, de valises qui se perdent, de douanes et de musique. Oui, cette petite musique « Aéroports de Paris »  que quand tu l’entends, c’est comme un machin canin pavlovien, tu cherches ton passeport parce que t’as l’impression que t’embarques porte 37 dans 5 minutes et qu’il faut faire vite car y’a encore le shuttle à choper.

 

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J’adore cette sonorité, 2 ou 3 notes qui mélodiquement sont un peu merdiques mais pleines de promesses d’évasion, de découverte et d’excitation. C’est à ce moment précisément que le Passé d’Asghar Farhadi a pour moi incarné le Liban. Drôle de truc. Mais c’est comme ça. Je me suis laissée suspendre à cette scène de retrouvailles, je l’ai vu comme l’ultime sursit d’un amour interrompu depuis longtemps. Un sursaut d’attachement entre 2 personnes qui se sont adorées et éloignées. Ce nouvel élan passionnel n’était effectivement envisageable qu’à cet endroit précis, étrange : ce lieu de passage où débutent et se terminent les rêveries et les possibles, une parenthèse géographique qui concrétise et met fin aux fantasmes. En dehors du terminal et sans cette vitre qui les sépare, les sentiments n’existent plus. L’amour accouche de l’impossibilité. Cette scène m’aurait suffit, je n’avais pas besoin de voir la suite. Car en la voyant j’ai tout revécu, tout le Liban, j’ai replongé. Les 2, 3 notes merdiques y ont été pour beaucoup dans le plongeon. Il m’a bien éclaboussé le film, pas vraiment la faute à son propos, plutôt celle à mon cerveau qui synapse étrangement les événements du film avec ceux de ma vie.

 

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Merci Asghar de m’avoir fait humer Beirut une seconde fois. J’ai vraiment exulté quand mes narines ont reniflé l’air nocturne et tiède, juste au sortir de l’aéroport. Ca sent différent, ça sent la bousculade, ça sent le boucan, ça sent déjà délicieusement bon la folie et l’extravagance. J’ai aimé le bordel et les bruits permanents et tumultueux des klaxons. J’ai aimé la vitesse dans les voitures mais j’ai eu peur de traverser les premières fois. J’ai aimé mes rencontres avec le boulanger de Saida, le chauffeur de Bcharreh, le restaurateur de Tyr, surtout le restaurateur…

 

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Dans une région à majorité chiite et sous le joug du hezbollah il est normal que dans cette petite ville nous trouvions portes, et magasins clos un vendredi… mais voilà, nous on n’avait pas réfléchi et puis d’façon on avait plus le choix parce-qu’on partait bientôt et que c’était ce vendredi ou jamais… Pourtant il était là lui le petit restaurateur de Tyr, sur le joli port. Son charmant bouiboui  était ouvert et y’avait même une table et 3 trois chaises en terrasse, les 4 objets étaient tous un peu chétifs mais semblaient malgré tout, capables de supporter postérieurs, couverts et pitance. On a mangé du poisson et des crevettes il me semble, mais je ne me souviens plus bien car ma cervelle est complètement tombée amoureuse du petit restaurateur. Son âge, que j’ai évalué à 80 ans, ne lui permettait pas d’être prompt et rapide dans ses déplacements si bien que tout le service s’est effectué dans une espèce d’apathie mêlée d’indolence. Ce n’était pas désagréable. Je l’ai observé évoluer entre la terrasse et la cuisine. Sa lenteur avait quelque chose de serein et rassurant. À cet instant précis les mouvements corporels du vieux cuisinier m’ont apaisée et j’ai trouvé que la vie était quelque chose de simple tout compte fait. J’aurais voulu rester là-bas.

 

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J’ai vibré et souffert près d’Anjar. Perdu dans la Bekaa au milieu des vergers, les vestiges des temples romains sont enchanteurs, c’est vide, il n’y a personne à part nous, un homme à l’entrée pour les tickets et une chaise rouge. Le lieu est étrangement anachronique, j’y ai perdu la notion du temps. J’aurais pu passer la journée à déambuler entre les arbres et les colonnes. On a repris la route et la réalité nous a balancé un truc très vilain dans la gueule et enfoncé un truc très moche dans les tripes. Foutue route… la magie d’Anjar nous fait oublier qu’on est à quelques pas de Damas. Tranquillement installés dans notre petit van, on a traversé les camps de réfugiés. J’ai chialé et puis j’ai eu envie de gerber. À cet instant j’ai trouvé que la vie n’était pas quelque chose de simple. Je me suis trouvée nulle aussi. J’ai frémi avec un syrien. L’histoire aurait du rester à Beirut. C’est jamais bon les extractions et délocalisations des sentiments. J’aurais du faire comme dans le film rester dans le terminal, derrière ma vitre pour pouvoir conserver un quelque chose de pictural et irréel mais c’est la vie, et puis c’est le passé maintenant…

 

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xxx. Aurore.

The Magic Column – Berlin – by Romain Brau

 

« Monsieur / Mademoiselle office! Bonjour, Catherine on the phone! How can i help you? An invitation? To Berlin? Wunderbar!!!! »

 

And here i go dragging myself in this lovely city by september. How great…

 

What to wear? what to wear…!? We always think that Berlin is trash and that there is no way you can wear your 3 meters long klein blue hat! Well …What the hell !!! Snake style and silk attitude !!! I had found this lovely hotel in Kreuzberg that was just 4 minutes away from Oranienstrasse… Amazing !!!

 

Falling a sleep in Paris and waking in Berlin is a bit magical!

 

Couchette surprise with four beautiful Germans boys with me… i had the wilderness dream of course until one of them undraped himself by the hit of the night to reveal an enormous erection of 23 cm very large and very aaaaahhhhhhhhhh !!!!! The rest of the story is mine of course but i can tell you one thing: « the toilets of the night trains Paris/Berlin are just the perfect size »!

 

Guten Tag ladies and gentlemen ! welcome in Berlin…

Crossing the forest, admiring the architecture, eating big sausages… hummm Berlin! I kind of like you !!

I need a bike ! Cylcling along the berlin wall… following the river… stopping by an amazing cemetery on the direction to my favorite lunch place… The squared with the market ! You can write down this adress… flea market, food and antiques… it’s just perfect! Laying inside of the park between drunk junkies playing with there dogs and playing guitars… what a vision! but i love it… (Travestrasse)

 

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But let’s not forget why we were there! The invitation was to cover a very nice photo exhibition… Since the begining Monsieur/Mademoiselle is following young artists! Fashion designers, photographers, illustrators, painters, musicians and freaks in general… Thank you for the beautiful invitation! It was in a small gallery at the end of Schlesischestrasse and i loved it!

Big ladies doing salons in the middle of the gallery talking to the guests and making the atmosphere amazing. Hysterical tranny stick sit behind a piano revealing the atmosphere of the pictures… a very affordable art ! All the pictures were around 200 euros. Maybe the good time to collect ? I arrived at the end of the opening… i felt a bit uncomfortable but thanks god they were organising a party in the bar near the gallery… Barbie Deinhoff’sOnly hot boys were accepted obviously ! I had to give some french accent and everyone was around me (which i didn’t mind at all).

 

Silence in the room please !!! My lady will sing!

 

Hey hot frenchy ! What’s your plan ?

YOU !

Well follow me then ….

 

 

As your eyes are dry! I was dancing in cocktail de l’amore in the south of Berlin. This place was called « The cube ». An enormous empty parking space where dj’s were performing until 11 of the morning… which was not long enough to be honest cause… we arrived at 4h! Having sex in the park takes some time in Berlin… It’s a big city you know. Blinded by the morning sun it’s hard to go to sleep at 11 in the morning and i had some addresses to check: I would have killed my self to not drop by the Berghain… Pure bauhaus monument, far in the industrial zone but still in the midlle of Berlin! Ba Boummmm !!! Berghain here we are! Temple of great music and funky people, the cathedrale of freedom and grave of pleasure. You just step in and you understand everything. I could describe you the place but i want you to discover it yourself if you are one day going there…

 

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By being band it was not easy to take some pictures.

 

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I left the place on Sunday night… i was dancing all night and day and water was my only friend !  it was amazing to take all my energy from the music and the beauty of happy people around me.

It was my last day and i wanted to do the Neue national gallery… not bad i must say but nothing crazy ! here some pictures of my last visions before taking my train back to Paris…

 

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xxx. Romain.

Be Aware.

 

Bon allez, c’est la dernière fois qu’on fait chier avec Londres. Mais bon, là, ça vaut vraiment le coup d’œil. La Royal Academy of Arts nous invite à découvrir une exposition des plus intéressantes, et surtout des plus inattendues : Aware – Art of fashion identity. Pour les plus passionnés d’entre nous, cette exhibition risque d’être un véritable choc que vous applaudirez des deux mains… ou pas du tout, tellement vous en resterez bouche bée. Pour une fois, on a l’impression que la mode est élevée à un autre rang que celui de « sous-art ». La notion toute commerciale n’est enfin plus palpable pour laisser place à une vraie réflexion sur les messages que peuvent développer les designers par le biais du vêtement.

 

Yinka Shonibare MBE -Fabrics used for little rich girls.

Alicia Framis – 100 ways to wear a flag – « How many women today wear clothes labelled ‘made in china? »

Grayson Perry – Artist’s robe ou les yeux de la vérité.

 

Le textile ou même les installations créées n’ont plus une « richesse portable » mais simplement un message à faire passer, et pas du petit message de tapette ! Ici, on brandit l’objet fini comme une représentation de ce que l’on veut dire, de ce que l’on veut transmettre, sans pour autant lui donner une fonction de vêtement à proprement parler. Ainsi, la culture et l’histoire entrent en jeu, mais les dérives de notre société et la réflexion du visiteur sont aussi mises à l’épreuve. Que peut exprimer un vêtement au-delà de notre propre personnalité ? Ce n’est plus une affaire d’industrie quand l’art le plus pur se mêle à la qualité des designers les plus créatifs. Une véritable entrée en matière dans la tête de ceux qui nous habillent et qui ici laissent aller leur imagination jusqu’à la plus complète déraison, certainement pour exprimer leurs désirs ou peurs les plus profonds.

 

Mella Jaarsma – Shelter me 1 – le vêtement maison.

Helen Storey – Disappearing Dress Series: say good bye – la robe qui se désintègre comme la planète. Manifeste écolo?

 

On peut approcher certains travaux tout droit sortis de l’esprit des plus célèbres : Alexander Mc Queen et sa robe de dentelle rouge en référence à Jeanne d’Arc, archives du show de 1998 (un chef-d’œuvre !) ; Hussein Chalayan présente un travail sublime de robe volante et éclairée, « contrôlée » par des êtres obscurs représentant la méchante et écrasante industrie mode, tout ceci inspiré des théâtres de marionnettes japonais. Sans oublier une performance de Yoko Ono où elle invite les spectateurs à couper la majeure partie de ce qui l’habille comme un manifeste féministe.

 

Alexander Mc Queen – Jeanne d’Arc – Automne/Hiver 98.

Yoko Ono – Cut Piece – La femme n’est pas un paquet cadeau.

Hussein Chalayan – Son of Sonzai Suru – liberté et manipulation.

Yohji Yamamoto – automne/hiver 91 – La robe de bois.

 

L’exposition présente alors des noms qui attirent mais ce n’est pas l’essentiel. Quand on voit cette robe qui de loin a l’air d’être un sublime diamant et qui, vue de près, est construite en épingles de couturière, on comprend le désir de l’artiste, à savoir que ce qui peut paraître d’une beauté attrayante de loin peut être d’un autre point de vue dangereusement douloureux : c’est intensément interrogatif ! On « clap ! clap ! clap ! ».

 

Susie MacMurray – Widow – être veuve ça fait mal.

 

Mais là où on hurle vraiment, c’est quand l’artiste Dai Rees utilise des patrons des années cinquante pour les retravailler de façon à les polir, à les assembler chirurgicalement et à les pendre sur des crocs de boucher pour nous montrer à quel point la mode créative va à l’abattoir. Cette pièce d’art rend mal à l’aise quand on se trouve devant, et pourtant on sourit devant son positionnement face à la commercialisation de masse et à l’envie de faire toujours plus, plus vite et surtout moins cher.

 

Dai Rees – Carapace: Triptych, The Butcher’s Window – la créativité à l’abattoir.

 

Si même les artistes les plus pointus se mettent à vomir sur la surconsommation de la fast fashion, c’est bon signe. Le changement de mentalités aurait-il lieu ? Ne serions-nous pas les seuls à en faire l’overdose ? Je sens qu’il y a deux ou trois blogueuses qui sont en train de défaillir sur leurs sièges. Tant mieux.

On ne peut malheureusement pas tout résumer mais cette exposition a la vertu d’être interrogative, voire potentiellement traumatisante. Une autre façon de voir le vêtement, sa capacité, son pouvoir. Un pur bonheur visuel qui permet aux passionnés d’intégrer un autre degré d’approche, de rentrer au plus profond de ce que peut être l’esprit créatif, et par conséquent de réveiller sa conscience d’acheteur face à un monde qui n’essaye que de vendre. La mode a toujours été considérée comme superficielle: Ici, elle prend tout son sens et démontre le pouvoir qu’elle peut avoir comme arme artistique ou comme message sans compromis. Conclusion : on se sent vraiment moins connes !

 

Gsk Contemporary – Aware: Art Fashion Identity – 2 décembre 2010 – 30 Janvier.

6 Burlington Gardens, Royal Academy of Arts, London W1S 3ET.

 

Bien à vous.

La valise royale de ses majestés les reines.

 

Comme nous l’ont toujours appris les grands voyageurs de notre entourage : « pour découvrir un endroit inconnu dans ses meilleurs plans, mieux vaut traîner avec l’autochtone local ». En l’occurrence, ici, après avoir bourlingué dans des bars obscurs, des after tout aussi incongrus, et bien sûr en ayant pris le temps de « Facebooker » qui de droit, nous avons eu la chance de passer quelques jours dans des lieux au potentiel shopping indéniable. Alors, quand on a dépiauté notre valise, on s’est dit : « Cool, quand même, les petits vestiges rapportés ». On n’a pas vraiment l’habitude de s’exposer comme ça mais en même temps, pourquoi ne pas faire l’inventaire de ce qu’une rédaction wannabe peut ramener d’un week-end dans une capitale mode ? Petite revue de la situation :

 

 

L’incontournable marché de Portobello road reste une valeur sûre même si les prix ont dégénéré depuis quelques années. Si vous avez le temps, il faut fouiller, y passer quelques heures. Après avoir trouvé une cape Chloé des années 50 au prix de 4 fois un SMIC et un sac Vuitton bouffé par les mites, on les a finalement vues sous un tas de godasses prêtes à partir à la déchetterie : des Dunham’s tyroleans original datant des années 40 ! Introuvables ailleurs puisque la chaîne de magasin Dunham’s n’est présente que dans le midwest américain. Alors oui, elles sont toutes pourries ! Mais le but de portobello, c’est bien de rénover l’improbable. Allez, une bouteille de dissolvant, du cirage transparent et une nouvelle paire de lacets, et « Mon dieu ! », vous allez toutes crever de jalousie ! Bonjour l’item collector.

 

 

Des livres ! Beaucoup de livres, toujours des livres, parce qu’on a besoin de l’histoire de la mode pour savoir de quoi on parle. La mode reste une matière à part entière dont on n’apprend jamais assez. En ce moment, on vote Isabella Blow sans hésitation. Dans Blow by Blow, son dernier mari, Detmar, retrace la vie de l’excentrique styliste de Tatler et ancienne assistante d’Anna Wintour, découvreuse d’Alexander Mc Queen et de Phillip Treacy, qui s’est suicidée théâtralement en buvant du désherbant. Un vrai génie, une source d’inspiration et de l’espoir dont il faut connaître l’histoire impérativement. Aujourd’hui dans le top 3 de nos icônes. Mais son livre hommage par Martina Rink ou ses looks les plus fous sont aussi à regarder et servent d’inspiration, tout autant que le recueil de lettres de ses amis et admirateurs, tous des grands de la mode, of course.

 

 

Dans une autre catégorie, mais tout aussi intéressante, le « …ISMS – understanding fashion »ou comment tout savoir sur les différentes époques de notre précieux art. Du « hollywoodisme » au modernisme en passant par le dandysme ou même l’avant-garde japonaise… un petit livre simple mais ultra efficace que toute bonne modeuse devrait avoir dans sa bibliothèque. Et pour finir, le catalogue de la très brillante exposition Aware – Art Fashion Identity du Royal College of Arts. Mais nous y reviendrons parce que ça vaut le coup de s’y pencher plus en détail…

 

 

Des T-shirts cheap et kitsch avec un très mauvais flocage du portrait de la princesse de Galles. Eh oui ! Quoi de plus trendy second degré que de porter un T-shirt à l’effigie de la princesse des cœurs… du cul et des scandales, dans une version punk et déchirée avec bottines rock et jeans neige ? Vous savez quoi ? C’est super dur de trouver un T-shirt avec Di dessus… mais en cherchant bien dans les plus pourris des magasins de souvenirs, vous serez comblée, et pour 4£ en plus. Bon, bien sûr, c’est un peu comme les chaussures, il faut customiser : couper les manches et la couture du bas pour que ce soit portable, parce que sinon c’est une coupe assez bidon. Mais pour nous, c’est comme Pamela Anderson: des icônes « LOL » qui sont cool, à adopter pour des soirées très délire (+ une carte postale pour l’accrocher dans ses toilettes, parce que faire caca avec Lady Di, ça n’a pas de prix).

 

 

Une barre de double decker, parce que son nom est un hommage au fameux bus rouge à deux étages de la capitale, que c’est introuvable autre part, mais aussi parce que cette barre chocolat-nougat-raisins secs est le meilleur Prozac qui existe en cas d’urgence sentimentale. Par contre, une seule parce que votre urgence sentimentale peut vite se transformer en urgence d’obésité morbide.

 

80g de bonheur pour 4kg dans les hanches.

 

Une capote funky et un paquet surprise chez Coco de mer, LE sex-shop trendy qui a vu sa dernière ligne de lingerie dessinée par Stella Mc Cartney. Finalement, avec une sélection originale, rigolote et coquine, c’est plus une expérience « boudoir » que sexe. À voir et surtout à dévaliser pour dire à son mari que ce n’est pas parce qu’on a passé cinq jours à mater d’autres postérieurs qu’on n’a pas pensé au sien.

 

 

De la moutarde Colman’s et du thé Harrod’s parce que servir de la moutarde anglaise à un dîner, c’est quand vachement plus mode que la traditionnelle moutarde de Dijon : c’est vous la fille qui voyage et qui ramène des mets de partout dans le monde… et le thé parce que oui, quand vous allez à Londres, vous dégustez votre tea time dans le plus chic des grands magasins en vous faisant les ongles et que ça, vos copines, elles DOIVENT le savoir.

 

 

Des sous ! Eh oui, comme ça, quand vous payez votre café au bar du coin à un premier rendez-vous avec le mari de vos rêves, vous êtes submergée par vos dollars, livres sterling et yens, parce que vous êtes une fille internationale qui passe 362 jours par an à l’étranger. Et ça, votre futur mari DOIT le savoir.

 

 

Bien à vous.

Oh la belle verte!

 

On dit des Canadiens qu’ils sont cool et relax, c’est vrai. On dit des Canadiens qu’ils sont gentils et avenants, c’est vrai. Mais comment pourrait-il en en être autrement dans une ville qui respire le bien-être? Étrange cité que Montréal. Une ville qui a su s’intégrer dans la nature ou plus simplement intégrer la nature à son béton. Bon, il est vrai qu’il y a des buildings et de la matière, faut pas déconner non plus! Ce n’est pas une ville faite de maisons de bois où chacun cultive son potager, mais il faut reconnaître que l’âme écolo du Montréalais a bien pris racine. Des parcs « en veux-tu en voilà », pas des petits lopins de terre avec au milieu une jolie fontaine. Des parcs genre méga-parcs, genre : « Tiens, y’a une forêt au milieu de la ville ! »

 

 

Pouvoir se promener dans une zone verte telle que celle du Mont-Royal ou Jean Drapeau et avoir l’impression d’être vraiment dans la nature, tout ça à dix minutes à pied d’une possible virée shopping qui va vous détruire le portefeuille, ce n’est pas donné à toutes les villes. De quoi devenir hystérique. Si vous l’êtes déjà comme nous tous à la rédaction, évitez. Par exemple, on ne s’est même pas senti coupables de s’être offert ce sweat-shirt hors de prix et deux fois trop grand parce qu’en même temps, juste après, on est allés communier avec la nature, on a trié nos déchets en parlant zen attitude avec Jean-François, le monsieur qui fait douze heures de tai-chi par jour (il est super zen, le gars). Du coup, quand on reçoit notre extrait de compte, on n’est pas surpris qu’il n’y ait pas de problème de crise économique à Montréal, par contre on est un peu plus étonnés qu’il n’y ait pas plus de futurs clodos qui montent leurs tentes dans les méga-parcs.

 

lustre – atelier – boutique / 4068 boulevard St-Laurent /lustreboutique@gmail.com

Bref, tout ça pour dire aussi que Montréal n’est pas en reste niveau M.o.d.e. Ouais, ouais, la petite a du chemin à parcourir certes, mais on pense que pour l’instant, elle est  plus sous-estimée qu’autre chose. Quand on voit des boutiques comme Lustre, paradis d’une mode ultra-féminine où la mademoiselle a son propre atelier à l’arrière-boutique, on ne peut qu’ovationner une mode qui sent bon l’originalité. C’est d’ailleurs dans cette boutique qu’on a trouvé nos hairbands, façon « c’est moi la nouvelle Nicole Richie ». Vous devriez d’ailleurs vous pencher sur cette marque (Loveheadmistress), une marque de Toronto qui fait essentiellement des bijoux et beaucoup d’accessoires cheveux en plume et en fourrure. Vraiment très très classe et pas très très cher.

 

 

Mais ce n’est pas tout ! Le boulevard Saint-Laurent regorge de boutiques avec une forte préférence pour le vintage. Quand on voit des endroits comme Cul-De-Sac (ouais, c’est le nom de la boutique), on a envie de mourir, là, maintenant : un mix de vintage, de mode récupérée, arrangée, reconvertie avec accessoires, bijoux et… meubles en prime. Le tout dans un décor kitchissime à faire criser grave Valérie Damidot. On adore, on adhère. Il faut préciser que les boutiques vintage de Montréal ont toutes suivi cette tendance d’allier diverses marchandises ensemble. Ce qui pourrait paraître un peu risqué ne l’est plus quand on voit à quel point la déco est travaillée autant que les « tenanciers » sont sapés.

 

 

N’oublions pas le quartier à tendance BOBO du plateau Mont-Royal qui me ferait penser à un mini Brooklyn : ses maris incroyables, ses boutiques indécentes, ses marchés bio et ses cafés hip. Si un jour on devait déménager, c’est ici qu’on emménagerait, derrière l’avenue du Mont-Royal, dans une incroyable maisonnette « à l’américaine » recouverte d’une verdure flamboyante : UN PARADIS.

 

 

 

Montréal aura su séduire la rédaction par plusieurs aspects : une mode volontaire et innovante qui a un potentiel que l’on a envie d’exploiter, une nature omniprésente et salvatrice, des maris par milliers… Mais ce qui reste inscrit à jamais dans notre neurone, c’est la GENTILLESSE. Comment peut-on être aussi gentil ? Aussi prévenant ? Comme si tout le monde avait envie de s’occuper de vous, de savoir qui vous êtes, de vous connaître. C’est bizarre pour nous qui venons d’une ville où on a du mal à se parler, à communiquer. Mais bordel, que ça fait du bien ! Ça rend heureux quand tout le monde sourit autour de soi, on est un peu envahi par ce bien-être. Savoir que le « chacun pour soi » n’est pas une généralité. Au secours ! On commence à fantasmer. STOP.

On va se trouver un mari, l’épouser, par conséquent avoir un visa et on viendra vous voir en vacances ! Mieux, on travaillera en binôme Bruxelles-Montréal et tout le monde sera heureux, la paix régnera de par le monde ! Voilà quelque chose qui ne relève pas du fantasme ! Voilà quelque chose qui est réaliste ! Allez, on va acheter notre billet d’avion.

 

 

 

P.S. : Si vous passez par le Québec, n’oubliez pas de manger une POUTINE ! C’est la spécialité de là-bas, comme nous on a nos fricadelles ! C’est aussi moche, ça ressemble un peu à du vomi et ça donne pas envie au départ, mais c’est comme toutes les choses grasses : ce n’est pas avec les yeux que ça se passe mais bien avec la bouche. UNE TUERIE !

 

Bien à vous.

Brooklyn, BROOKLYN!

 

Vous savez déjà qu’on vous a laissé choir pendant une petite période il y a quelques semaines ! Ça va, hein ! Pas de remontrances ! Si vous aviez été à notre place, vous auriez fait pareil. MAIS ça mérite quelques explications.

Pour commencer, on était à New York et notre relation avec la Grosse Pomme est quelque peu chaotique à la base, alors forcément ça ne pouvait être que le bordel. Déjà, deux jours avant de partir, on a paumé notre carte bancaire : et c’est qui qui part dans des affres de béton sans un « radis »? Deuxièmement, toujours deux jours avant, l’ami « 1 » qui pouvait nous héberger ne pouvait apparemment plus, mais l’ami « 2 » présent lui aussi sur les lieux a réussi à calmer notre hystérie par des phrases rassurantes du genre: « On est à NYC, on trouve toujours une solution ». Ouais… bon… finalement, quand on l’écrit, là, on ne trouve pas ça très rassurant. Mais bon, on n’allait pas non plus gâcher 900 boules d’avion parce qu’on n’avait pas une thune et qu’on ne savait pas où on allait crécher à 7 h d’avion de notre cher home sweet home. Ça aurait été idiot. Ça l’était.

 

 

Le pire, c’est qu’on avait pensé à vous en se disant que ça sentait grave la galère, alors on commençait déjà à préparer des textes à la douce introduction du style : « Votre rédaction installe son QG à New York City… ». Tu parles ! Nous qui prenons déjà deux Xanax devant un épisode de « True Blood » parce que : « MON DIEU ! Mais que va-t-il ENCORE se passer ?! » Alors là, quand on a compris en sortant de l’avion que peu importait New York, Buenos Aires ou Minsk, on allait quand même se retrouver dans une galère PIRE qu’un épisode de « True Blood », ben forcément, « Monsieur/Mademoiselle » n’a pas vraiment été notre first priorité. On en est désolés.

Par contre, il faut bien le dire, on a été incroyablement surpris. Comme on vous le disait, New York et nous, ça n’a jamais été le grand amour. La première fois, on n’a juste pas adhéré : trop de béton, trop confiné, trop agressif et surtout ce sentiment permanent d’étouffer. Bref, si on habite Bruxelles et pas Paris, c’est qu’il y a une bonne raison. Du coup, New York, ça a été encore pire. Pourquoi repartir, me direz-vous ? Ben, les copines mode d’abord. On avait envie de les retrouver ces copines qu’on n’avait pas vues depuis que trop de Défilés Versace avaient vu le jour. Et puis faut pas être fermé : la première fois, ça fait toujours mal. Ce n’est pas pour autant qu’on ne retente pas l’expérience.

 

 

On a bien fait. New York, c’est grand et dans New York, il y a une chose dont nous n’avions même pas idée que ça existait : BROOKLYN. On avait souvent entendu : « Brooklyn est le nouveau Manhattan ». Non, non, Brooklyn, c’est Brooklyn. Son identité n’appartient qu’à ce « quartier ». Déjà, visuellement, c’est incontrôlable. Il n’y a pas UN mari à jeter à Brooklyn, tout le monde sans exception est beau. Du moins, ils ont tous cette aura coolau-dessus de leur tête et dans leurs styles, et que même s’ils sont « moches » au sens physique du terme, ce sont quand même des bombes.

 

 

Brooklyn, l’endroit où la chaussure « bateau » est reine cet été, indissociable apparemment de la chemise à carreaux négligemment portée, mais aussi des lunettes oversized. Un endroit où le geek rencontre le style. Un endroit où ça sent à trois plombes que la vieille Europe joue un rôle. Où le café en tant que lieu devient le symbole du hip.

L’American spirit réuni dans des looks confort mais avec classe. Dans des bars à  l’allure vieille Angleterre, même si le tout englobé reste bien américain.

 

 

Mais ce qui nous a certainement le plus sidérés, c’est cette propension qu’ont les gens à se connecter. La fête, c’est la fête, par exemple. Ce n’est pas un théâtre où l’on vient montrer ses plus beaux apparats. Quand on fait la fête à Brooklyn, on danse, on boit, et surtout on rencontre des gens… des jeunes qui brûlent leur vie par les deux bouts. Des jeunes qui vivent l’Amérique, une Amérique qui ne vous donne pas d’autre choix que de vous battre pour vivre votre passion. Ça travaille dur pour payer son loyer, sans oublier que si l’on veut faire de l’art ou de la mode, il va falloir relever ses manches et foncer dans le tas. Facebook n’est plus un réseau social mais bien une machine de guerre professionnelle où tout le monde s’interconnecte : pas question des dernières photos de sa soirée Tupperwareou pire, de la première risette de son gosse, mais de la construction d’une  réelle vitrine de ce que l’on produit.

 

 

Les gens que nous avons rencontrés se sont intéressés à ce que nous faisions, comme si une meute de loups se retrouvait confrontée à un bout de viande fraîche. On pense même qu’ils se sont posé la question de savoir si ce bout de viande était comestible ou pas. À savoir si ce que nous faisions pouvait leur être utile ou pas.

 

 

L’approche pourrait être brutale mais finalement nous avons rencontré des gens uniques qui veulent sans concession faire de leur passion leur vie, d’où cette perpétuelle recherche de réseaux utilisables mais pas forcément jetables. Ça, mes amis, c’est inestimable. Ça fout la patate, ça nous redonne nos 18 ans, ça donne envie de se battre aussi pour vivre de cette mode que l’on affectionne tant. Le meilleur, c’est que tout ça s’est passé en dansant frénétiquement (sur TLC – No scrubs, s’il vous plaît), buvant à déraison et minaudant devant des sosies de Jake Gyllenhaal à la pelle. Du coup, on n’a pas vu les quatre jours passer… Avec l’impression que ces quatre jours ne s’arrêtent pas depuis, parce que… Facebook.

 

 

Pouvons-nous en dire autant en Europe ? Nous interconnectons-nous pour nous appuyer, nous entraider ? Un doux rêve touché du bout de notre vodka cranberry… mais l’avantage c’est qu’on y croit encore ! Alors, je sens que vous allez râler quand vous allez nous lire mais bon dieu, ne dit-on pas depuis des siècles : « L’union fait la force » ? SOYONS LES PLUS AMÉRICAINS DES EUROPÉENS. Unissons-nous. La rédaction ne vous a pas oubliés totalement non plus : vous et votre meilleure copine avez décidé de passer une journée à Brooklyn ? Pas de soucis, on vous guide, comme on a été guidés :

 

– On vous conseille de faire un tour dans l’incroyable boutique Oak, un paradis du style qui vous en met plein la gueule sans forcément vous dépouiller le portefeuille. En outre, c’est plus une expérience « visuelle » que shopping. La boutique est à tomber par terre et ce ne sont pas des vendeurs qui vous accueillent mais bien des mannequins tout droit sortis d’une page de papier glacé. Rien que pour ça, ça vaut le détour, c’est mieux qu’une exposition photo.

 

 

– Puis vous devriez aller manger beaucoup trop de fruits et un W.R.O.C (on vous laisse la surprise du contenu) au Five Leaves – café/bar/oysters, pour une ambiance relax et cool dans un bar où la faune se mélange et n’hésite pas à engager la conversation… et encore une fois, quelle FAUNE ! Bordel… Mais bon, on arrête sinon vous allez nous prendre pour des obsédés.

 

 

– Après, vous vous sentirez forcément « gros » avec toutes les bonnes choses que vous aurez avalées, donc vous allez « siester » et pour les plus courageux, jouer un coup au frisbee dans McCarren Park, juste en face du Five Leaves. Le parc où tout le monde trouve que c’est cool de faire bronzette torse nu. Nous, on n’a rien demandé, hein…

 

 

– Puis, avec un peu de chance, vous finirez au Metropolitan pour la one dollar beer night… Eh ouais, 1 $ toute la nuit dans un bar où la faune arty et hip de Brooklyn se réunit dans une ambiance VRAIMENT sans prise de tête. Les meilleures rencontres sont assurées.

 

P.S.: Pas de photos perso, parce que quand on a la loose, c’est toute la vie : impossible de retrouver le chargeur de l’appareil photo qui était caché dans une paire de chaussettes… Allez comprendre… Mais bon, tout ce qu’on vous balance a été vu, hein ! On n’est pas des branquignoles, non plus…

 

Bien à vous.

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