Symbolique : le coffre-fort du vintage.

C’est une de ces adresses cachées que généralement ont tient à garder secrètes. Petit diamant taillé dans l’écrin qu’est la rue de Cotte près du Marché d’Aligre, Symbolique est certainement la plus délicieuse boutique vintage du Tout-Paris.
 
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Comme le prêt-à-porter a son luxe, le vintage a ses codes de qualité. Alors que Freep’star est indubitablement une fast-fripes efficace pour les petits budgets, la boutique de Laurent Kaus se révèle en être la Haute Couture. Le dandy contemporain qu’est le chef de Symbolique a le nez pour ce qui est rare, beau, ancien sans être vieillot. Micro espace, maxi efficacité pour ce délicieux cocon où sont brassées les époques. Monsieur Kaus cherche, fouine, négocie dans les ventes aux enchères pour nourrir sa boutique d’un prêt-à-porter improbable et terriblement chic. Il agrémente le tout de bijoux à la fois hors du temps et contemporains, sans oublier une sélection d’accessoires loufoques et de chaussures irrésistibles.
 
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Shopper chez Symbolique, c’est une expérience à apprécier à sa juste mesure. On ne vient pas ici que pour consommer des pièces d’un style unique, on s’offre un moment d’expertise. Monsieur Kaus est un historien en la matière, il ne vend pas n’importe quoi à n’importe qui, il vous déshabille pour mieux vous habiller ensuite. Il vous analyse pour combler vos désirs d’apparat. L’impressionnant blond à la barbe fournie et à l’élégance incarnée est le chirurgien qui vous conseille ce que votre corps permet comme perfection. Il est rare de pouvoir rencontrer un tel œil, quelqu’un qui peut vous dégoter LA pièce dont vous ignoriez l’existence mais dont vous avez toujours rêvé. Laurent Kaus, à travers Symbolique, redonne un vrai sens à l’adoration que l’on peut porter au vintage devenu à un certain moment vulgaire.
 
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Avec un registre allant de la fin du 19e jusqu’aux années 90, Symbolique propose un large choix de possibilités. Parfois graphique, parfois années folles, tantôt Versace grande époque, tantôt 80’s à mort, on ne sait jamais sur quoi on va tomber et c’est ce qui fait le charme de la chose. La nouveauté n’est jamais du copier-coller et l’espace, aussi petit soit-il, vit. Ça donne envie. On trouve toujours quelque chose et on ressort toujours content : le banquier ne fera pas d’AVC et le fait d’avoir ce sentiment de connaître un si bel endroit contribue à faire péter le baromètre d’endorphine. Comme un bon gros pétard.
 

 
C’est à cette mode-là qu’il faut être accroc. Pour le style, pour l’élégance française, parce que ça ne fait pas de mal à notre planète et par pur égoïsme, juste pour se faire plaisir. C’est cette culture qu’il faut préserver, l’œil pour le vintage de Kaus est aussi précieux que le savoir-faire des petites mains en Haute Couture et c’est quelque chose que tout le monde peut et devrait s’offrir. Il serait indécent de rater une si belle invitation. Le vintage des initiés s’offre ici une belle boîte à bijoux ensemencée par un gardien au savoir-faire en voie de disparition. Un écrin dont il est difficile de garder le secret tant on est fier de répandre une telle beauté…

 

Bien à vous.

Série mode: Fantasme goudronné

Flânerie lors d’une promenade dans votre chère et tendre ville : il fait beau, le soleil tabasse vos bras nus, un petit vent frais atténue la chaleur implacable, vos lunettes de soleil vissées sur le nez font rempart entre vos yeux et ce que vous matez du coin de l’œil… Personne ne vous voit mais la salive dégoulinant de votre bouche vous trahit.

 
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Pull: James Long / Chemise: Tillman Lauterbach / Pantalon: Charles Anastase / Shoes: Diego Vanassibara / Casquette: New Era x Juun J

 

Ils sont partout, ces garçons de la rue, archangéliques, fantasme goudronné capturé en quelques secondes par un regard photographique. Quelques secondes où le hipster à chemise bariolée, le businessman rentrant de la Défense, le skateur juvénile ou encore le hippie de la fac de lettres se transforment en amant créé de toutes pièces par votre cerveau. On le regarde furtivement de la tête aux pieds, on se retourne sur son passage, matant ses fesses. On espère qu’il se retournera aussi et on s’invente sa propre histoire : un sourire, un échange de regards, le cœur qui bat fort et vite. On ne sait pas quoi faire, il vient nous parler, il est ému, bégayant l’envie de se revoir… Pouf ! Fantasme goudronné, ça n’arrive que dans nos rêves. Une échappée du réel qui donne de la puissance à nos envies. Histoire que l’on aimerait raconter quand on demande : « Comment vous êtes-vous rencontrés ? » Ah, ces garçons que l’on croise à longueur de journée…

 

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Sweat: Walter Van Beirendonck / Pantalon: Andrea Cammarosano / Bonnet: Tillman Lauterbach / Shoes: Juun J

 
On espère le retrouver dans la nuit noire des clubbing les plus moites, il nous servira de pornographie imprimée à l’aube du coucher. Il est de ces poésies d’amour que l’on aimerait voir écrites un jour sur du vrai papier. Continuez de vous retourner ! Chaque fois qu’il intimide vos sens, il se pourrait bien que vous soyez son fantasme goudronné.
 

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Cardigan: Henrik Vibskov / T-shirt: Gareth Pugh / Pantalon: Henrik Vibskov / Shoes: Juun J / Casquette: New Era x Juun J

 
Ah, qu’il est bon de rêver au cours d’une journée dont le but est de ne pas en avoir. Croiser les garçons d’une minute qui deviendront par notre imagination ceux d’une vie. Qu’il est bon de flirter avec ses songes, d’ensemencer un jardin dont nous sommes les seuls à avoir la clef. Illusion ultime où la chaleur  développe la chimère et l’improvisation de l’excitation: quand le corps ne réagit plus qu’à l’excès, quand le désir dépasse toute modération morale… Que l’érotisme est divin dans la complexité notre propre soi.
 

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Fourrure: Romain Brau / Débardeur: The Soloist / Pantalon: Walter Van Beirendonck / Shoes: Juun J / Lunettes: Vintage

 
Mise à l’honneur de ces inconnus qui ne font que passer comme des fantômes, qui ne savent rien de la sensualité qu’on leur accordent et de la jouissance qu’ils nous procurent. Sacrement de ces anonymes qui nous tourmentent. L’envie d’une série Mode où l’homme est un objet sexuel comme les autres… L’envie de manipuler le fantasme pour le rendre palpable.

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Il est de tous les styles et de toutes les cultures, appropriez-le-vous. Faites-en le jouet de vos nuits : nous l’avons photographié pour ça. Il est à vous, on vous l’offre. C’est notre cadeau de retour, un vice que l’on a tous eu à un moment ou à un autre, inavoué souvent, évident parfois : les garçons de la rue, ce fantasme goudronné.

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Gilet: James Long / Chemise: Walter Van Beirendonck / Pantalon: Cédric Jacquemin / Shoes: Clarks Vintage

 

FANTASME GOUDRONNÉ

Une série mode réalisé par le M/M CREW

Photographie: JULES FAURE.

Stylisme: CÉCILE DAVID.

Texte: STÈV ROMANI-SOCCORO.

Modèle: AUBRY FARGIER.

Direction Artistique: STÈV ROMANI-SOCCORO, JULES FAURE, CÉCILE DAVID.

THANKS TO: RA, LAURENT KAUS, ROMAIN BRAU.

 

Bien à vous.

Série Mode: VALRAS-PLAGE 1986

 

BLACKRAINBOW X MONSIEUR / MADEMOISELLE

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Quand on a annoncé qu’on allait faire une série spéciale avec Blackrainbow, un sourire moqueur s’est dessiné sur quelques lèvres : « Trop hipster ! », qu’on nous a dit ! Pourtant, on kiffe le magasin streetwear de la rue des Archives dont nous avions déjà fait l’éloge dans un article précédent. Il n’en fallait pas plus pour qu’on décide de jouer le jeu à fond les gifs animés. Après tout, avant d’avoir lancé une fatwa contre nos barbes, nos sweats imprimés chats et nos goûts musicaux douteux (qu’on essaye à coup sûr de faire passer pour du génie oublié), on nous attribuait une certaine créativité abreuvée de crédibilité.

 

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PAUL: chemise – STUSSY / jeans – CARHARTT / casquette – NORSE PROJECTS /

ZOÉ: tee-shirt – LEROY JENKINS / legging – American Apparel / shoes & bandana – vintage /

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Il était temps de revenir à la source de la gloire de cette contre-culture et d’ériger le ringard comme apogée du cool. Nous sommes persuadés qu’idolâtrer son châle de mamie ou porter un tee-shirt à l’effigie de Sauvés par le gong est encore un acte de rébellion face à cette perpétuelle envie de nous dicter ce que l’on doit porter ou pas. Nous voulions faire la parfaite photographie de ce que rêverait d’être le typique passant de la rue de Bretagne … que le premier qui n’y trouve pas une pointe de désir nous jette la première paire de Vans à la gueule !

On s’est donné pour mission de réinsuffler une dose d’humour (et de cul, ça marche toujours) alors que le hipster fait presque débat de société. Il était devenu presque primordial de montrer que le streetwear d’un certain standing pouvait être approprié avec une ironie flatteuse et très mode sans forcément devenir une sorte de Berlinois conceptuel à la limite de l’agacement.

 

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PAUL: teddy – STUSSY / chemise – NORSE PROJECTS / short – LEROY JENKINS / casquette – LESS /

ZOÉ: chemise – CARHARTT / short – American apparel / shoes – vintage /

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Valras-Plage 1986 ne pouvait être que l’extrême expression du cliché pour montrer que cette boutique, repère du hip, possède les pièces les plus cool de la planète. Ne jamais s’arrêter au qu’en-dira-t-on et ne finalement suivre que ses envies, tel devrait être le credo des adorateurs de la mode.

Paul Gautier (alias Polly Pock), la geek dandy aux jambes de rugbyman, et Zoé Coulon, la Kate Moss sous acide punk, étaient plus que parfaits pour photographier cette scène érotico cliché de ce qui se fait de plus désirable chez l’Arc-en-ciel Noir.

Évidence d’un lieu comme le café Le Temple, recouvert par le léopard et les Marilyn Monroe comme symboles absolus du bar où la « branchitude » pourrait se retrouver pour être à contre-courant. Acte de rébellion, on vous dit ! Ça prouve qu’il n’y a pas lieu de se prendre la tête. Pas besoin d’aller au vernissage Vuitton sur le toit de Pompidou pour être quelqu’un. Une histoire de vacances où la belle viole son prince enivré par l’alcool dans ce restaurant de station balnéaire. En ressort une série hommage à un Guy Bourdin plongé dans l’absurde, les gifs animés venant appuyer notre théorie de l’autodérision.

 

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L’histoire de la fellation dans les toilettes est venue naturellement tant on se régale de vous mettre à chaque fois un peu de fesses comme signature évidente de notre rédaction coquine. C’est vrai qu’on aime les choses un peu sales… et les sourires deviennent moins moqueurs, car plus surpris par cette audace.

Pour les vêtements, du Carhartt évidemment, du Norse ProjectsLeroy Jenkins et Stussy sans oublier runnings, touche bandana, casquette Less et denim taille haute… On est allés jusqu’au bout du kikoo/LOL. On voulait que ça soit ironique, cool jusqu’à la satire et connoté mode sans trop (Vogue) en faire. Vous avouerez que Paul & Zoé sont sexy à vouloir faire un ménage à trois. Pas à les frapper à la terrasse du Charlot.

 

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Blackrainbow est une chouette boutique où l’on est toujours bien accueilli, où les pièces valent le détour et où le hip n’est pas un gros mot.Alors maintenant, ouvrez les portes de la prison dans laquelle les podiums tentent de vous enfermer. Explosons les tendances de ce qui est faux ou pas et jouons-nous des clichés les plus absolus pour en faire du beau. Ne nous arrêtons surtout pas à ce que le marketing essaye de nous imposer, il n’y a rien de plus nauséabond. Nous vous donnons rendez-vous pour une pomme d’amour à Valras-Plage et dans la rue de Bretagne ; en Blackrainbow, évidemment.

 

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PAUL: veste & short – CARHARTT / tee-shirt – NORSE PROJECTS / 

ZOÉ: chemise – NORSE PROJECTS / jean – vintage /

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Bien à vous

Isabelle Bajart: La pasionaria du vintage

 

« AAAAhhh, Naaaan ! Moi, le vintage, les friperies, les petits riens et tous ces trucs, je peux pas ! C’est trop dégueulasse de porter des pièces qui ont déjà été mises par « tu sais pas qui » ! Non, non, non… je préfère le neuf ». Que celles qui ont prononcé ce genre de phrase une fois dans leur vie soient lapidées sur l’autel de la mode.

 

 

C’est vrai que le neuf, c’est une valeur sûre, c’est pas comme si à H&M, il y avait eu trois cents autres nanas (souvent à l’hygiène douteuses) qui avaient essayé avant. Non, non, les gentilles vendeuses vous ont forcément mis de côté toutes les pièces de vos désirs en attendant patiemment que vous vous décidiez à les passer, voire à les acheter. On oubliait qu’on avait tous le pouvoir d’être une Mariah Carey. Alors comment pouvez-vous être encore effrayer par les boutiques (écolo en plus) de seconde main?  « Mais où veulent-ils en venir ? », vous questionnez-vous. Isabelle Bajart, bien sûr ! Comment partir de Bruxelles sans avoir parlé de celle qui a révolutionné le concept de magasin de seconde main avec sa boutique éponyme ?

 

 

Une sélection ultra pointue dans un écrin de bois. Traduction : des fringues qui tuent dans une boutique qui n’a rien à envier à qui que ce soit. Isabelle Bajart a réussi à combiner l’esprit petite boutique chic à celui des pièces de seconde main. Fini de fouiller pendant des siècles pour trouver LA pièce : ici, avec l’instinct naturel mode de la rousse incendiaire, la sélection est aussi hip que nostalgique. Moins de pièces entassées que chez les traditionnels qui font peu attention au merchandising et uniquement de l’extrême qualité avec tantôt des marques improbables, tantôt juste une affinité avec le produit, mais toujours des créations fortes qui feront rêver n’importe quelle initiée.

 

 

Des chaussures Heschung, un imper épaulé Weil, du Chacock qu’on dirait designé par Jeremy Scott, souvent Bally est son meilleur ami, tout ça c’est chez Bajart que ça se passe. Disposés de façon fraîche et aérée, on sent que les vêtements ont été choisis avec passion. Elle ne vend pas, elle propose. Elle propose des looks et des produits qui ne quitteront sans doute plus les garde-robes des plus averties. Tout autant que ses conseils d’ailleurs, qui sont précieux parce qu’ils sont distillés avec honnêteté, bienveillance et surtout avec une rare gentillesse.

 

 

On ne parlera même pas des dizaines et des dizaines de bags, absolument tous des it qui devraient étancher la soif de toutes les frustrées, celles qui ne peuvent se payer le PS1 de Proenza Schouler.

 

 

Vous allez nous dire : « Mais tout ça, à QUEL PRIX ? ». Eh bien, figurez-vous que Madmeoiselle Bajart n’a pas oublié d’être raisonnable ! Alors que d’autres, surtout ceux venus de Paris, pensent que rien que le mot vintage donne de la plus-value à la pièce, Mademoiselle se contente d’être démocratique. Rien d’excessif, même dans les chaussures ou les cuirs. Pourtant, elle pourrait se l’autoriser, tant son flair lui permet de dénicher des créations que nos petits-enfants se réapproprieront certainement.

 

 

Et voilà ! Encore une fois, Bruxelles a réussi à nous démontrer que même avec un petit budget, on peut s’octroyer le chic de la couture. Heureusement, notre belle cité possède encore des passionnés qui n’ont pas vendu leurs fesses au dieu de la tune… Isabelle Bajart en fait partie, avec une certaine fragilité romantique qui se sent bien dès qu’on passe la porte de son antre. À voir. À visiter comme un musée même. Un musée où nos rêves de modasses les plus fous se réalisent même si on a le salaire de « madame pipi ». Eh ouais, les gars, il n’y a que chez nous que les chômeurs portent du Nina Ricci vintage …

Isabelle Bajart, c’est l’amour de la mode, sans excès, sans prétention… Juste une belle passion joliment partagée. Conclusion : fermement l’essayer, c’est chiquement l’approuver.

 

 

Isabelle Bajart – 25 rue des chatreux – 1000 Bruxelles – Lundi / mardi : 12.00 – 19.00 – Mercredi / Samedi : 11.00

 

Bien à vous.

FASHION STORY.

 

Pour l’instant, on a suivi notre instinct. Dans fashion story, il y a fashion mais aussi story et franchement, pour avoir bouffé de la série mode dans les « vrais » magazines, souvent il y a plus de fashion que de story. En même temps c’est compréhensible, le but d’un magazine est de vendre du rêve, du luxe et de la beauté grâce aux fringues. C’est donc logique qu’ils mettent en scène des canons anatomiques dans du luxe créatif hors de portée des bourses les plus fragiles… L’inaccessibilité crée le désir qui pousse à faire exploser le tiroir-caisse. Il ne faut pas se leurrer, le magazine n’est pas là que pour la beauté de l’art, sinon on aurait du Theyskens (époque Ricci) toutes les trois pages. Mais quand on a une conasse qui fait sa nonchalante sur une plage à Cancun pendant 16 pages, quel est vraiment l’intérêt? Avouons que c’est foutrement chiant. La seule qui réussissait tant bien que mal à donner de la beauté à l’image en lui conférant une histoire logique digne de ce nom, c’est Carine (Roitfeld). Est-il nécessaire de rappeler que la grosse rumeur veut qu’elle ait été virée pour que celle qui la remplace fasse plus commercial?

 

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Du coup, on a décidé de prendre la chose à contre-sens. Si la mode est importante, l’histoire qu’elle dégage l’est d’autant plus qu’elle provoquera le désir de celles qui se reconnaîtront dedans. On est donc parti de l’idée d’une bourgeoise minimaliste, star de la saison dernière et qui est encore de mise l’hiver prochain (succès de Céline oblige). Elle a l’indépendance des femmes d’affaires, qui savent ou elles vont et où elles veulent aller mais n’exclut pas pour autant de vivre un romantisme passionné, un rêve qui les poursuit comme si le but ultime était de trouver l’homme qui sera admiratif de ses puissants talents.

Intellectuelle, un brin sournoise, il ne faut pas lui marcher sur les pieds. D’un coup de talons acéré, elle vous écrasera si elle considère que vous n’êtes pas à la hauteur. C’est son coté perfectionniste, sa vision de la vie.

 

PHOTOGRAPHIE – JULIE CALBERT.

 

Pour représenter cette oxymore de puissance fragile, nous avons choisi Justine. Premièrement parce que c’est la plus belle femme de l’univers, c’est un fait. Mais aussi parce qu’il était intéressant de mêler sa personnalité et son physique au jeu de la transformation. Un choix qui n’est pas anodin tellement ses yeux félins et sa beauté apparemment glaciale représente bien l’image que l’on pourrait se faire d’une patronne castratrice avec laquelle nous pourrions envisager une relation amoureuse un tantinet masochiste. Et pourtant son visage si rond, si enfantin, vient quand même faire planer le fantôme de la vulnérabilité. La demoiselle s’enveloppe alors d’un mystère qui donne envie d’aller vers elle tout en ayant peur d’être réduit en miette par trois mots vénéneux.

 

MODELE – JUSTINE GUSTIN.

 

Puis l’histoire qui émerge de notre tête se veut celle de beaucoup de femmes autour de la pré-trentaine: rentrée plus tôt d’un casual friday où elle a tyrannisé sa cour d’assistant mâles, la dame aux grosses couilles en mode très boyish chic joue la jeune fille folle sur sa cheminée en marbre qui lui sert de décoration moderne. Forcément! Car elle s’enivre de savoir que ce soir son galant lui a promis le fameux dîner aux chandelles du troisième rendez-vous (NDLR : cela peut paraître cliché mais toutes les histoires ont leur quota de clichés et, aussi tyrannique qu soit cette femme, nous avions l’envie qu’elle croie encore au lyrisme le plus absurde).

 

Chapeau en feutre – Own. / Pull en laine avec boutons perles – Elena Vasilieva. / Pantalon  – Céline Collard. / Chaussettes beiges tissées de fils colorés – American Apparel. / Chaussures en daim caramel – Foxhole. / Sac imitation croco – Courréges vintage.

 

Mais damoiseau a décidé de ne pas montrer le bout de son nez. Etait-il peureux de l’engagement ou un simple lâche doté d’un cerveau directement relié à sa queue? Notre héroïne ne le saura jamais. Elle espérera puis tombera de douleur emmitouflée dans une fourrure vintage en lapin sortie tout droit des placards de mamie. Comme pour se dire qu’entre femmes de la même famille, elles peuvent s’épauler et se rassurer.

 


Fourrure vintage en lapin – from mommy’s closet. / Pull sable en coton – Céline Collard.

 

Il ne faudra pas longtemps à la dame au caractère d’acier pour prendre ses burnes en main et se décider à une vengeance relaxante sur les plages d’une station balnéaire chic qui possède un casino trash. Deauville sûrement, le Biarritz de Coco étant trop loin et notre Knokke trop cheap.

Ni une, ni deux, notre matelot de haine enfourche sa mini pour rouler cheveux au vent. Dans une allure folle grâce à l’avant-garde de la jeune création, elle embarque dans son cartable vintage un nécessaire de maquillage sexy et une simple robe de soirée pour faire tourner les têtes des hommes qui l’ont blessée. 

 

 

Casquette de marin – From grand pa. / Veste sable croisée manches courtes – Aurore Brun. / Chemise blanche à pois et boutons cristaux – Elena Vasilieva. / Short en jean – Own. / Collant mandarine – Wolford. / Moccassins à pampilles en cuir vernis – G.H Bass. / Cartable en cuir – marché aux puces.

 

Son arrivée à la table des jeux fera grand bruit: sans pour autant délaisser ses atouts masculins qui inspirent un certain respect au regard de ses compatriotes masculin, la dame au cigare sait qu’elle doit jouer de son corps de femme. Jeu de transparence, radine sur le tissu et haut perchée, mademoiselle séduira tout autant avec ses bouffées de fumée qui annoncent la couleur de son caractère qu’avec sa féminité débordante d’une sensuelle sexualité. Celle que les mâles voient comme une tigresse a jeté son dévolu sur un peintre mais elle s’ennuie dans son château de la côte, alors elle lit, observe les tableaux, blasée… Rien ne sert de l’émasculer par ce doux soir de vengeance, mieux vaut rentrer.

 

 

 

Robe à buste dentelle – Aurore Brun / Cigare – Walter B. / Sac en feutrine – Céline vintage chez Bernard Gavilan. / Collant plumetis – Wolford. / Chaussures à talons et sangles – Rue du Brabant. / Cape noire – Vintage chez Bernard Gavilan.

 

Dans son bastion du Châtelain, la maîtresse esseulée finira son week-end de débauche en digne héritière « Lynchienne »,veuve noire en deuil d’une déception amoureuse qu’elle exprime grâce à un look gothique et trashy. Où l’on comprend qu’il n’est pas l’heure de l’approcher.  Cigarette vissée dans ce bec pourpre, elle est avec ses préoccupations, pensant à ce lundi matin où les assistants mâles seront plus que tyrannisés mais rêvant du mari qui ne la laissera pas tomber. C’est certain, il débarquera un jour sur son beau destrier avec son lyrisme pour révéler encore plus sa beauté. Elle le sait. Car quel homme voudrait passer à coté d’une si intelligente beauté pourvue de courbes diablement incendiaires? 

 

Lunettes rondes – Marché de Brooklyn. / Veste en laine – Aurore Brun. / Chemise en jeans – Levi’s vintage chez les petits riens. / Jupe en laine pourpre – Elena Vasilieva. / Collants noirs – Own. / Derby à bouts fleuris – Ambiorix.

 

Papier hommage dédié à my mommy, Mireille Soccoro, pour m’avoir insuffler l’amour de la (vraie) mode et des belles choses.

 

UN MERCI INFINI à : Julie Calbert, Justine Gustin, Constance le Hardÿ et sa maman, Aurore Brun, Elena Vasilieva, Foxhole, Bernard Gavilan, Céline Collard, sans qui … pas d’histoire à raconter!

 

PHOTOGRAPHIE : JULIE CALBERT.

MISE EN BEAUTÉ : ALEXANDRA BAUDSON

 

Bien à vous.

Foxhole: Le paradis terrestre.

 

Toute modeuse bruxelloise qui se respecte possède dans son calepin shopping les différentes adresses de Foxhole. C’est une nécessité ! Une obligation ! Sinon, c’est un peu comme un avocat sans plaidoirie, Sagan sans Bonjour tristesse ou encore Pamela Anderson sans prothèses mammaires. Toute modeuse bruxelloise garde ce secret bien gardé à l’approche des copines venues de Paris. Il ne faudrait pas que la caverne d’Ali Baba soit découverte.

 

 

Nous, on balance ! Il faut que les grandes capitales sachent qu’à Bruxelles, on n’est pas des tapettes. Du commerce comme ça, on en veut dans toute la rue Neuve (sinon, on fait tout cramer !). Pourquoi ? Parce que grâce à eux, à Bruxelles, on peut se payer le luxe de s’offrir des looks stylés et edgy, en plus de façon écologique, mais par-dessus tout à un prix à nous transformer le plus docile des bobos parisiens en serial killer. Il faut aussi prévenir notre populace ! Oui, nous pouvons consommer du chic et du beau, à moindre prix, tout en respectant le sol sur lequel on vit… et encore mieux, on fait vivre le commerce de proximité. C’est quand même trop la classe!

 

 

Parce qu’il faut le dire, qui dit vintage dit souvent « mon banquier va se suicider ». La faute à la tendance, au gros coup marketing sur ce terme. On pourrait même dire que le nouveau vintage, c’est la Croix-Rouge ou Emmaüs. Et c’est là que ça devient cool ! Non seulement Foxhole offre le choix d’une sélection pointue, Arty et cool à des vrais prix de seconde main, mais en plus avec l’avantage d’un service « boutique ». Emmaüs et les petits riens, c’est génial si vous avez la journée, sinon bonjour la zone !

 

 

Ici, on est sûr de toujours trouver quelque chose d’intéressant puisque le choix des collections est astucieux, original et inventif. De toute manière, il y a de tout : de la combi 80’s en passant par une chemise de bûcheron ou une paire de « groles » rock, le choix paraît inépuisable. Ils peuvent même se vanter de proposer sacs, bijoux, lunettes et montres. Que réclame le peuple, si ce n’est la révolution !

 

 

En plus de ça, réfléchissez un peu : crâner parce qu’on est bien looké, c’est cool, mais crâner parce que c’est du vintage et que du coup on recycle, c’est s’offrir de se la péter à fond. Nous, on ne comprend pas vraiment les milliers de gens qui vont s’uniformiser chez les géants alors que notre ville chérie nous propose de telles alternatives ! Expliquez-nous : c’est quoi le truc, le prix ? Ce n’est pas possible, c’est encore moins cher chez foxhole ! Ah ! On sait ! Vous n’aimez pas porter des vêtements usagés, c’est ça ?! Eh ouais ! Normal, au cas où ça donnerait le cancer ! Non mais allez, sérieux, ils font un peu les chochottes ceux qui disent ça !

 

 

Tout ça pour dire qu’il n’y a rien de mieux que de flâner dans une boutique où vous êtes accueilli par des gens qui ne rechignent pas à la tâche et à la « tchatche » (à savoir: peu avare de véritable conseil mode), avec des sourires sincères, des maris-vendeurs à se taper le cul par terre, tout en sachant très bien qu’on sortira de là avec les fringues les plus « chattes » pour aller miauler ce soir, et qu’en plus de tout ça, on pourra crier notre discours écolo à la gueule de la première pouf-clone venue ! Quel plaisir de consommer chez deux frères d’ici qui ont eu le culot de lancer leurs affaires. Des gens accessibles comme les petits créateurs, sauf qu’eux sont commerçants. Enfin, après, c’est subjectif ! Chacun occupe sa conscience et se sape selon ses critères ! On ne juge pas (un peu quand même, on a un peu trop traîné avec nos copines rédac’ mode altermondialistes, mais finalement c’est aussi important qu’inquiétant, avouez…) !

 

 

Bref, on pense qu’il n’est pas nécessaire de vous préciser que nous vous recommandons vivement de sauter dans le premier taxi qui vient, de foncer façon Lady Di et de vous rendre chez Foxhole. Nos meilleurs looks viennent d’ici, sans hésitation, et notre banquier nous a demandés en mariage. En même temps, elles ont peut-être raison, les modeuses bruxelloises : il ne faut pas que ça s’ébruite trop, cette affaire. On n’a pas vraiment envie que toutes les jeune filles en fleurs de la ville viennent dévaliser ce qu’on appelle avec amour « Notre paradis terrestre ».

 

Foxhole, c’est avant tout TROIS adresses à retenir avec malice…

4, rue des riches claires. 1000 Brussels. (centre)

8, rue des renards. 1000 Brussels. (place du jeu de balles)

10, Reyndersstraat. 2000 Antwerp.

Bien à vous.

La valise royale de ses majestés les reines.

 

Comme nous l’ont toujours appris les grands voyageurs de notre entourage : « pour découvrir un endroit inconnu dans ses meilleurs plans, mieux vaut traîner avec l’autochtone local ». En l’occurrence, ici, après avoir bourlingué dans des bars obscurs, des after tout aussi incongrus, et bien sûr en ayant pris le temps de « Facebooker » qui de droit, nous avons eu la chance de passer quelques jours dans des lieux au potentiel shopping indéniable. Alors, quand on a dépiauté notre valise, on s’est dit : « Cool, quand même, les petits vestiges rapportés ». On n’a pas vraiment l’habitude de s’exposer comme ça mais en même temps, pourquoi ne pas faire l’inventaire de ce qu’une rédaction wannabe peut ramener d’un week-end dans une capitale mode ? Petite revue de la situation :

 

 

L’incontournable marché de Portobello road reste une valeur sûre même si les prix ont dégénéré depuis quelques années. Si vous avez le temps, il faut fouiller, y passer quelques heures. Après avoir trouvé une cape Chloé des années 50 au prix de 4 fois un SMIC et un sac Vuitton bouffé par les mites, on les a finalement vues sous un tas de godasses prêtes à partir à la déchetterie : des Dunham’s tyroleans original datant des années 40 ! Introuvables ailleurs puisque la chaîne de magasin Dunham’s n’est présente que dans le midwest américain. Alors oui, elles sont toutes pourries ! Mais le but de portobello, c’est bien de rénover l’improbable. Allez, une bouteille de dissolvant, du cirage transparent et une nouvelle paire de lacets, et « Mon dieu ! », vous allez toutes crever de jalousie ! Bonjour l’item collector.

 

 

Des livres ! Beaucoup de livres, toujours des livres, parce qu’on a besoin de l’histoire de la mode pour savoir de quoi on parle. La mode reste une matière à part entière dont on n’apprend jamais assez. En ce moment, on vote Isabella Blow sans hésitation. Dans Blow by Blow, son dernier mari, Detmar, retrace la vie de l’excentrique styliste de Tatler et ancienne assistante d’Anna Wintour, découvreuse d’Alexander Mc Queen et de Phillip Treacy, qui s’est suicidée théâtralement en buvant du désherbant. Un vrai génie, une source d’inspiration et de l’espoir dont il faut connaître l’histoire impérativement. Aujourd’hui dans le top 3 de nos icônes. Mais son livre hommage par Martina Rink ou ses looks les plus fous sont aussi à regarder et servent d’inspiration, tout autant que le recueil de lettres de ses amis et admirateurs, tous des grands de la mode, of course.

 

 

Dans une autre catégorie, mais tout aussi intéressante, le « …ISMS – understanding fashion »ou comment tout savoir sur les différentes époques de notre précieux art. Du « hollywoodisme » au modernisme en passant par le dandysme ou même l’avant-garde japonaise… un petit livre simple mais ultra efficace que toute bonne modeuse devrait avoir dans sa bibliothèque. Et pour finir, le catalogue de la très brillante exposition Aware – Art Fashion Identity du Royal College of Arts. Mais nous y reviendrons parce que ça vaut le coup de s’y pencher plus en détail…

 

 

Des T-shirts cheap et kitsch avec un très mauvais flocage du portrait de la princesse de Galles. Eh oui ! Quoi de plus trendy second degré que de porter un T-shirt à l’effigie de la princesse des cœurs… du cul et des scandales, dans une version punk et déchirée avec bottines rock et jeans neige ? Vous savez quoi ? C’est super dur de trouver un T-shirt avec Di dessus… mais en cherchant bien dans les plus pourris des magasins de souvenirs, vous serez comblée, et pour 4£ en plus. Bon, bien sûr, c’est un peu comme les chaussures, il faut customiser : couper les manches et la couture du bas pour que ce soit portable, parce que sinon c’est une coupe assez bidon. Mais pour nous, c’est comme Pamela Anderson: des icônes « LOL » qui sont cool, à adopter pour des soirées très délire (+ une carte postale pour l’accrocher dans ses toilettes, parce que faire caca avec Lady Di, ça n’a pas de prix).

 

 

Une barre de double decker, parce que son nom est un hommage au fameux bus rouge à deux étages de la capitale, que c’est introuvable autre part, mais aussi parce que cette barre chocolat-nougat-raisins secs est le meilleur Prozac qui existe en cas d’urgence sentimentale. Par contre, une seule parce que votre urgence sentimentale peut vite se transformer en urgence d’obésité morbide.

 

80g de bonheur pour 4kg dans les hanches.

 

Une capote funky et un paquet surprise chez Coco de mer, LE sex-shop trendy qui a vu sa dernière ligne de lingerie dessinée par Stella Mc Cartney. Finalement, avec une sélection originale, rigolote et coquine, c’est plus une expérience « boudoir » que sexe. À voir et surtout à dévaliser pour dire à son mari que ce n’est pas parce qu’on a passé cinq jours à mater d’autres postérieurs qu’on n’a pas pensé au sien.

 

 

De la moutarde Colman’s et du thé Harrod’s parce que servir de la moutarde anglaise à un dîner, c’est quand vachement plus mode que la traditionnelle moutarde de Dijon : c’est vous la fille qui voyage et qui ramène des mets de partout dans le monde… et le thé parce que oui, quand vous allez à Londres, vous dégustez votre tea time dans le plus chic des grands magasins en vous faisant les ongles et que ça, vos copines, elles DOIVENT le savoir.

 

 

Des sous ! Eh oui, comme ça, quand vous payez votre café au bar du coin à un premier rendez-vous avec le mari de vos rêves, vous êtes submergée par vos dollars, livres sterling et yens, parce que vous êtes une fille internationale qui passe 362 jours par an à l’étranger. Et ça, votre futur mari DOIT le savoir.

 

 

Bien à vous.

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