Adorer les surprises colorées…

 

Orange et lilas ?! Orange et lilas ! Voilà ce qui suinte au premier regard porté sur la collection printemps-été 2013 des Mal-Aimée. Audacieuse proposition qu’il fallait imaginer mais surtout avoir les couilles de rendre vivante. Pari insensé ? Pas tant que ça. Plutôt une preuve irréfutable que la création a de beaux jours devant elle et qu’elle n’a pas besoin d’être outrancière, voire immettable, pour être remarquée. L’essence même de ce qui devrait arriver chaque saison dans chaque maison de prêt-à-porter est réunie en 37 silhouettes chez Marius Borgeaud et Léonie Hostettler.

 

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Si aujourd’hui, il est apparemment plus facile de vendre en ayant seulement un nom d’envergure sur l’étiquette, Mal-Aimée atomise ce concept puant et redonne à la couture française un peu de dignité dans sa créativité. Au-delà des couleurs qui accrochent directement l’œil, il n’en reste pas moins un travail de recherche exclusive sur les matières et les imprimés : du jeans bleu distant qui tire vers le gris aux motifs oursins futuristes, le duo a travaillé autant la finesse que la délicatesse. De chaque détail d’inventivité ressort une harmonie peu commune qui frappe quasi-instantanément.

Certains parlent de la collection de la maturité, nous avons envie de leur rire au nez. Ce n’est pas parce que personne n’ose se renouveler que eux doivent en subir les conséquences : la maturité, ça fait déjà deux collections qu’ils l’ont domptée. Oui, ils surprennent ! Car oui, ce sont de VRAIS créateurs. Ici, on ne peut pas parler de direction artistique, nouveau mot chéri par les commerciaux pour mettre un visage sur du vent. On sent la patte, la signature qui évolue dans les années avec des constantes bien spécifiques qui ne deviennent jamais ennuyeuses et qui ne sont absolument pas là pour donner un sens au mot « cupidité » : ils conçoivent, inventent et réinventent quelque chose qui perdure dans le temps. Mal-Aimée reste fidèle à ses classiques tout en les distordant, en trifouillant sans cesse dans les boyaux de leur ADN pur. On retrouve donc des robes sexy géométriques, du sportswear ultra sophistiqué et des bodys couture sans vulgarité. La femme Mal-Aimée ne perd pas ses repères mais se mue ingénieusement chaque saison et de façon saisissante et insaisissable, de manière à ce que ce soit toujours la surprise…

 

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Si seulement il n’y avait que ça ! Dans l’évolution de la griffe tellement parisienne, les deux comparses avaient oublié de nous arroser de ce que l’on peut s’approprier avec facilité : l’accessoire. Problème résolu puisque pour cette collection, nous sommes gâtés par une série de bijoux : autant de bracelets, de headband et ceintures en macramé à l’effigie de la marque que bon nombre de modeuses hystériques risquent de s’arracher dans le sang et les larmes…

 

 

De toute façon, il n’y a pas lieu de tergiverser pendant trois cents ans. Mal-Aimée est certainement la seule marque qui nous fera dire qu’une image vaut mille mots : pas besoin de payer un Brad 7 millions pour rendre leur femme désirable.

Avec Solweig Rediger-Lizlow, ils ont réussi en 3 min 55 à faire passer leur nouveau message : un temps sombre qui contraste avec la gaieté sculptée de leur collection où l’actrice est transfigurée, méconnaissable, hitchcockienne et pourtant d’un chic à toute épreuve. Avec un folklore russe en fond sonore, complètement improbable et antinomique du reste de la vidéo, on ressent un tourment effervescent face à cette danse macabre de la mode… Cela fonctionne avec un brio inégalable car encore une fois, les Mal-Aimée savent jouer avec la prise de risque, quitte à brouiller les pistes. Autant que leur capacité à couper des robes, ils parviennent à trancher précisément dans des esthétiques qui s’opposent mais qui se marient admirablement tant ils permettent de lever un œil brillant de curiosité sur l’ensemble de leur travail…

 

 

Mal-Aimée est définitivement le futur d’un art qui est de plus en plus en lynché par des aspects commerciaux car le duo restera toujours fidèle à sa vision pour laquelle il travaille d’arrache-pied sans faire la moindre concession. Bon nombre de clientes fidèles l’ont déjà bien compris… Et vous ? Rendez-vous sur l’exception, il n’y en aura pas pour tout le monde !

 

Bien à vous.

Isaac Richard x Monsieur / Mademoiselle !

 

On a rencontré Isaac Richard le soir du réveillon de Noël. C’était à Brooklyn, dans un petit appartement du côté de Bushwick : il y avait plein de trucs à bouffer, un copain barbu, un copain hystérique et un chat. Oui, c’était un peu notre cadeau du Papa Noël, notre crèche couture. Et forcément, le petit Isaac, le délicieusement gentil Isaac, nous est apparu comme Jésus Notre Sauveur.

 

Papa Noël n’a pas fait le gros bâtard et nous a déposé un pur cadeau sous le sapin : Isaac « Jésus » Richard est vidéaste, un putain de génie de vidéaste et pas n’importe lequel… Monsieur est pote avec Bradley Callahan, Genevieve Clifford et toute la clique du Brooklyn qui bouge son corps sur la nouvelle vague mode. Alors voilà, c’est une carte blanche qu’on lui a donné. Ben, c’est vrai, quoi ! Pourquoi le contraindre ?! Pourquoi l’enfermer dans une boîte, cet artiste ?!

 

Alors bien sûr, petites putes que nous sommes, on lui a fait ce qu’on détesterait qu’on nous fasse : « Ben, tu vois, ça doit être genre… second degré. Un peu hip mais pas trop… Dépressif alcoolique mais joyeux… Enfin, tu vois, quoi ! T’es un artiste, oui ou merde ? ». Bref, on a balancé des mots comme ça, sans vraiment de but. On ne voulait pas qu’il se sente oppressé, notre sauveur, on voulait qu’il joue de sa créativité et de son inspiration.

 

Résultat ? Une vidéo exclusive, spécialement réalisée pour Monsieur/Mademoiselle, qui DÉCHIRE SA PUTAIN DE RACE. C’est plus de la fierté, c’est presque devenu de l’arrogance : oui, nos potes sont de graves tarés qui font des trucs de fou dont personne ne comprendra le but. Et c’est tant mieux. L’art pour l’art, la mode en prime, la jeune création en guise d’étoile. 

 

Sally au paradis est un ovni qui pourrait paraître n’avoir ni queue ni tête mais qui va au-delà de la compréhension pure. Un poème en images, une ode à BCALLA, à Genevieve Clifford, à l’amour que notre rédaction française leur porte. Un pont entre deux cultures à la fois pleines de ressemblances et pourtant si contradictoires. Une envie d’être solidaire dans une jeunesse qui n’a plus l’espace pour s’exprimer

Ah oui ! Nous avons hurlé, mordu, fait pipi dans notre culotte tout en ayant une éjaculation orgasmique. Pourquoi ? Car c’est le moment où il ne faut pas réfléchir, simplement se nourrir de l’image visuelle pour apprécier le fait que le vêtement peut parfois être détourné, retravaillé, étiré sur des contrées que personne n’aurait pensé à exploiter…

Ah oui ! On a le sang qui chauffe, le sourire qui se veut enjôleur et le cœur qui bat. Parce qu’aujourd’hui, on a l’impression d’avoir passé un stade, d’avoir réussi à trouver la façon d’aller au-delà de tout ce merdier des tendances qu’on nous oblige à suivre, de présenter les choses différemment sans se contraindre, avec solidarité, avec amour et sans avoir à réfléchir. BCALLA et Clifford ne sont plus de simples griffes qui dépassent nos espérances, qui nous donnent envie d’être portées, elles sont devenues des pièces d’art qu’il fait bon avoir dans son placard. Et pour ça, il faut dire : « Merci, Jésus ».

 

Isaac Richard x Monsieur/Mademoiselle, une belle histoire, une véritable poésie esthétique que l’on vous chantonne avec amour et douceur… À vous de l’apprécier à sa juste valeur, sans juger, juste parce nous essayons de vous présenter ce qui, pour nous, est le plus beau cadeau de Noël de tous les temps… Surtout qu’il arrive en mai. Loufoque ? Très Monsieur/Mademoiselle. Merci, Isaac ! Tu vas morfler de baisers à notre prochaine rencontre.

 

 

Bien à vous.

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