Les garçons du métro

S’il y a un truc que je déteste plus que tout au monde, c’est me lever. C’est juste l’enfer quand ce putain de réveil sonne. Alors je snooze jusqu’à la dernière seconde. Je me douche encore plus vite que Nicki Minaj ne « twerke » et je file m’intégrer à la société, généralement sans bouffer, sans café, avec les yeux qui collent. C’est alors que le métro pourrait être l’enfer.
La musique dans les oreilles pour me couper du monde ? Ça m’agresse. La lecture comme alternative ? Ça ne sert à rien puisque j’ai tellement la tête dans le cul que je ne comprends absolument rien à ce que je lis. J’ai trouvé une activité bien plus passionnante : je regarde les garçons. De la tête aux pieds. Je kiffe analyser comment s’habillent les hommes de nos jours quand ils se rendent à leur gagne-pain. Ma petite fashion week à moi, mêlée, je le reconnais, à un certain plaisir de prendre une dose de jolis messieurs avant de devoir s’enquiller une journée de job alimentaire chiant.
 
http://www.nicolasbg.com/
 
Ça fait trois ans que je fais le mateur et s’il y a un truc que je peux dire, c’est que les choses ont bien évolué. Les traditionnels costumes-cravates de la Défense qui se comptaient comme un régiment de soldats nord-coréens ont laissé place à plus de créativité tout en restant dans les limites du raisonnable : non, les Cockettes ne travaillent pas encore à la Banque de France (et c’est bien dommage). Ceci étant, on peut dire que les créateurs masculins ne cessent de révolutionner leurs vestiaires pour faire de nos chers et tendres des armes de séduction massive !
 

Dans mon étude anthropologique de l’homme qui aime se fringuer, j’ai remarqué définitivement 4 grandes catégories (note comme je suis un grand savant fou reporter de la Moooode) :

 

les-garçons-du-métro

 
– L’indécrottable Mad Man : certes, il est le plus classique et il est aussi ancien que la préhistoire, mais il a compris que Célio et Jules, c’était vraiment une merde qui le faisait plus ressembler à un vendeur obsolète de Tout l’Univers qu’à un professionnel crédible et ça, c’est vraiment LA révolution. Définitivement, les coupes sac de ces enseignes ne rendent pas hommage à la gent masculine. Définitivement, le mâle qui s’intéresse un tant soit peu à sa beauté s’en est largement rendu compte. Le nouveau trader moule son fessier dans des pantalons ajustés qui fusellent ses jambes et il montre allègrement le nombre d’heures qu’il a passées au Club Med Gym. Une vraie tablette à déguster aussitôt l’emballage enlevé.
 
les-garçons-du-métro
 
Il porte la chemise cintrée et s’octroie la futilité d’adopter des colorimétries vivifiantes ou des motifs incongrus. Sa veste assortie est tout aussi fittée et possède aussi quelques détails qu’auraient reniés les Cro-Magnon machos d’une autre époque : col châle, boutons d’apparat, matières soyeuses aux palettes improbables ou quadrillages schizophrènes sont quelques mignardises que s’accorde le nouveau Men At Play, le tout sur de la bottine en cuir bien cirée sortie tout droit de la tête du Parisien maître du genre : Philippe Zorzetto.
 
les-garçons-du-métro
 
les-garçons-du-métro
 
Le nouveau PDG a compris que son apparence était aussi importante que le discours qu’il tient. Il y met donc sa touche de folie sans en perdre son sérieux. Il se voit en dandy Bowie et veut qu’on le reconnaisse pour son audace qu’il tend aussi à exprimer dans son ouvrage quotidien… Je ne m’en plains pas, je m’en lèche plutôt les babines.
 

les-garçons-du-métro@Jim Tot

– Le nouveau créa temps-partiellisé : il travaille chez Claudie Pierlot 20/h par semaine, bien qu’il déteste cette marque de connards bourges. Il n’a pas le choix : faut bien payer le musée Emmaüs qui lui sert d’appartement et bien évidemment, avoir les quelques piécettes pour se nourrir de bière dans le PMU transformé en rade électronique par ses copains fanatiques de musique, qui n’ont pour seul but dans la vie que de donner à Paris son statut de nouveau Berlin.
 

 NicolasBG2-9@Nicolas BG

 
Il a tellement ramé avec ces trois années de stage en graphisme ou en tant que 19e assistant d’un galeriste odieux que maintenant, il est heureux de son salaire de ministre, soit 700 € par mois. Généralement, entre 25 et 35 ans, il kiffe de pouvoir faire son artisanat pendant son vaste temps libre et râler sur des clients ignares pendant ces 20 heures en CDI qu’il a trouvées après 41 entretiens.
Évidemment, il porte la barbe, mais très courte, voire est presque rasé de frais, parce qu’il ne veut justement pas qu’on l’identifie à ce hipster brooklynois et à sa pilosité dépassée. Il porte des Sneakers parce qu’il veut montrer son refus de se normaliser : c’est un artiste, merde ! Mais certainement pas des Stan Smith ou des Free Run parce que ce n’est pas un loser qui suit la teeeennnndaaance ! Il ne jure que par les classic de Reebok (blanches évidemment), marque anglaise tout aussi iconique mais à l’imagerie beaucoup plus punk.
 
les-garçons-du-métro
 
les-garçons-du-métro
 
Il achète ses slips et ses tee-shirts blancs, gris ou bleu marine chez Petit Bateau parce que c’est basique et français : le nouveau créatif est patriote. Ses pantalons viennent de chez Patrons par Vincent Schoepfer et ses haut de House Of Base parce qu’il connaît la qualité de la jeune création parisienne et quitte à dépenser de la tune, autant que ce soit pour les copains. Fuck les clones ! Fuck la fast-fashion ! Son habit est un manifeste anti-société de merde où tout le monde se ressemble…
Ses vestes Adidas et ses manteaux d’hiver viennent de chez Freep’star parce que de toute façon, il n’a pas franchement 200 boules à claquer chez qui que ce soit d’autre. Tout comme ses sweats ornés de mignonneries improbables et rétro 90’s car le monde est déjà assez laid comme ça, alors autant rigoler un peu… Oh merde ! Je suis un de ces mecs-là…
 

OOPS! Tu t’es endormi sur ton clavier… à suivre… 

Project Pietà: le Saint Graal de la mode.

project1

 

Le Graal. J’ai trouvé le Saint Graal. Ou plutôt, c’est le Saint Graal qui m’a trouvé : quatre années que je cherche un concept qui soit synonyme de pureté mode ! Et un matin, je reçois cet e-mail avec pour objet : PROJECT PIETÀ.

 

2

 

Face au dégueulis de la fast fashion, de sa surproductivité et de sa traite de l’être humain ou encore des grands groupes de luxe et de leur marketing outrancier, il y a bien sûr les jeunes créateurs et le vintage. Mais jamais je n’avais eu écho d’une griffe avec un discours si clair qu’il réunit tous les facteurs primordiaux pour faire une mode saine et viable, défendant toutes les valeurs absolues pour être étiquetée honnête. Le projet PIETÀ est LA solution ultime et pleine d’espoir que tout le monde devrait adopter. À la fois écologique, humain et social, ce projet lancé par un jeune Français de 26 ans installé à Lima, au Pérou, est en plus un pur bijou de style.

 

Paulette Pieta (2)

3

 

Dans le rayon des marques dites équitables, il y a toujours un manque de recherche moderne. On tombe souvent sur la panoplie de la hippie, prof de dessin qui se soigne par les plantes et fait de l’expression corporelle. Faut le dire, c’est souvent moche et on ressemble vite à des Télétubbies. Pietà a un tel brio stylistique que le fait que ce soit aussi une marque à valeurs humaines et écologiques n’est qu’un bonus ! Et quel bonus ! Même si ça n’avait pas vraiment été le cas, j’aurais certainement cédé à l’appel de l’entièreté de leur collection et surtout de l’érotique veste : « Notre-Dame de la haine ».

 

Paulette Pieta (3)

 

Tout ce qu’on aime : des broderies, des matières simples et luxueuses, des coupes efficaces, presque unisexes, du streetwear cool et surtout chic qui n’a rien à envier à des maisons comme Kitsuné. Que demande le peuple ? Ah oui ! Des prix ! Vous ne serez plus harcelés par votre banquier dorénavant : la gamme de prix va de 35 euros pour un tee-shirt à 80 pour un sweat, en passant par le pull tricoté MAIN à 110 euros. La pièce la plus chère étant l’incroyable teddy à 250. Qui osera me dire qu’il n’y a pas d’alternative à Honte & Misère ?

 

4

Screen Shot 2013-07-22 at 1.03.08 PM

 

C’est à la suite de la visite des prisons de la capitale péruvienne que Thomas décide de proposer des ateliers à des prisonniers qui s’ennuient ferme. Quelques dessins en poche, un sacré culot face aux autorités pénitentiaires et des détenus sur-motivés permettront à ce rêve, autant pour eux que pour nous, de voir le jour. Et voilà comment avec du cœur (et des couilles), on donne un travail, que dis-je, UN METIER à des personnes qui ne cherchent qu’à se réinsérer plutôt qu’à laisser passer le temps qui tue… Mais putain, quoi ! C’est beau !!! En plus, chaque jour travaillé leur octroie un jour de remise de peine. Je veux dire : comment être insensible à ce facteur ?

 

Screen Shot 2013-07-22 at 1.06.48 PM

 

Je vais enfoncer le clou une bonne fois pour toutes : seulement des matières naturelles issues de la richesse péruvienne avec une préférence pour les matières écologiques et organiques. Sérieux, les gars, vous voulez quoi de plus ? Non mais je résume : une collection tuerie à faire rougir les plus grands, du style aussi hip que soigné, des matières luxueuses et écologiques, des prix défiant le taux d’inflation et une nature humaine et sociale qui aide des gens sur la planète… Et après, tu veux aller t’habiller où ? Je suis aujourd’hui officiellement un homme Pietà.

 

project-pieta-cuando-moda-deja-ser-solo-ropa-L-x5mJtR

project-pieta-cuando-moda-deja-ser-solo-ropa-L-P3LKAM

 

Durant les quatre années où j’ai pu écrire sur Monsieur/Mademoiselle, cet article est certainement celui dont je suis le plus fier tellement cette jeune griffe réunit tout ce que j’ai toujours recherché dans le désir de m’habiller. Aujourd’hui, quand je vois ce que propose la mode, elle me fait horreur. Mais quand des projets comme celui-ci montrent le bout de leur nez, ça prouve bien qu’il y a de vraies solutions pour redorer le blason d’un art trop terni. Je ne sais pas quelle griffe peut apporter autant de fierté lorsqu’on la porte ! Pour moi, il n’y en a pas. Je le répète et je le signe : nous devrions tous être des hommes Pietà.

 

5

 

Bien à vous.

Série Mode: VALRAS-PLAGE 1986

 

BLACKRAINBOW X MONSIEUR / MADEMOISELLE

14410002

bloggif_51b89ed5b2bda

 

Quand on a annoncé qu’on allait faire une série spéciale avec Blackrainbow, un sourire moqueur s’est dessiné sur quelques lèvres : « Trop hipster ! », qu’on nous a dit ! Pourtant, on kiffe le magasin streetwear de la rue des Archives dont nous avions déjà fait l’éloge dans un article précédent. Il n’en fallait pas plus pour qu’on décide de jouer le jeu à fond les gifs animés. Après tout, avant d’avoir lancé une fatwa contre nos barbes, nos sweats imprimés chats et nos goûts musicaux douteux (qu’on essaye à coup sûr de faire passer pour du génie oublié), on nous attribuait une certaine créativité abreuvée de crédibilité.

 

14410012

PAUL: chemise – STUSSY / jeans – CARHARTT / casquette – NORSE PROJECTS /

ZOÉ: tee-shirt – LEROY JENKINS / legging – American Apparel / shoes & bandana – vintage /

14410015

 

Il était temps de revenir à la source de la gloire de cette contre-culture et d’ériger le ringard comme apogée du cool. Nous sommes persuadés qu’idolâtrer son châle de mamie ou porter un tee-shirt à l’effigie de Sauvés par le gong est encore un acte de rébellion face à cette perpétuelle envie de nous dicter ce que l’on doit porter ou pas. Nous voulions faire la parfaite photographie de ce que rêverait d’être le typique passant de la rue de Bretagne … que le premier qui n’y trouve pas une pointe de désir nous jette la première paire de Vans à la gueule !

On s’est donné pour mission de réinsuffler une dose d’humour (et de cul, ça marche toujours) alors que le hipster fait presque débat de société. Il était devenu presque primordial de montrer que le streetwear d’un certain standing pouvait être approprié avec une ironie flatteuse et très mode sans forcément devenir une sorte de Berlinois conceptuel à la limite de l’agacement.

 

14410019

bloggif_51b89ee02fcc0

14410024

PAUL: teddy – STUSSY / chemise – NORSE PROJECTS / short – LEROY JENKINS / casquette – LESS /

ZOÉ: chemise – CARHARTT / short – American apparel / shoes – vintage /

14410026

14410028

 

Valras-Plage 1986 ne pouvait être que l’extrême expression du cliché pour montrer que cette boutique, repère du hip, possède les pièces les plus cool de la planète. Ne jamais s’arrêter au qu’en-dira-t-on et ne finalement suivre que ses envies, tel devrait être le credo des adorateurs de la mode.

Paul Gautier (alias Polly Pock), la geek dandy aux jambes de rugbyman, et Zoé Coulon, la Kate Moss sous acide punk, étaient plus que parfaits pour photographier cette scène érotico cliché de ce qui se fait de plus désirable chez l’Arc-en-ciel Noir.

Évidence d’un lieu comme le café Le Temple, recouvert par le léopard et les Marilyn Monroe comme symboles absolus du bar où la « branchitude » pourrait se retrouver pour être à contre-courant. Acte de rébellion, on vous dit ! Ça prouve qu’il n’y a pas lieu de se prendre la tête. Pas besoin d’aller au vernissage Vuitton sur le toit de Pompidou pour être quelqu’un. Une histoire de vacances où la belle viole son prince enivré par l’alcool dans ce restaurant de station balnéaire. En ressort une série hommage à un Guy Bourdin plongé dans l’absurde, les gifs animés venant appuyer notre théorie de l’autodérision.

 

14410029

 

L’histoire de la fellation dans les toilettes est venue naturellement tant on se régale de vous mettre à chaque fois un peu de fesses comme signature évidente de notre rédaction coquine. C’est vrai qu’on aime les choses un peu sales… et les sourires deviennent moins moqueurs, car plus surpris par cette audace.

Pour les vêtements, du Carhartt évidemment, du Norse ProjectsLeroy Jenkins et Stussy sans oublier runnings, touche bandana, casquette Less et denim taille haute… On est allés jusqu’au bout du kikoo/LOL. On voulait que ça soit ironique, cool jusqu’à la satire et connoté mode sans trop (Vogue) en faire. Vous avouerez que Paul & Zoé sont sexy à vouloir faire un ménage à trois. Pas à les frapper à la terrasse du Charlot.

 

14410034

14420004

bloggif_51b89eca7e265

14420009

14420005

 

Blackrainbow est une chouette boutique où l’on est toujours bien accueilli, où les pièces valent le détour et où le hip n’est pas un gros mot.Alors maintenant, ouvrez les portes de la prison dans laquelle les podiums tentent de vous enfermer. Explosons les tendances de ce qui est faux ou pas et jouons-nous des clichés les plus absolus pour en faire du beau. Ne nous arrêtons surtout pas à ce que le marketing essaye de nous imposer, il n’y a rien de plus nauséabond. Nous vous donnons rendez-vous pour une pomme d’amour à Valras-Plage et dans la rue de Bretagne ; en Blackrainbow, évidemment.

 

bloggif_51b89e3552e84

PAUL: veste & short – CARHARTT / tee-shirt – NORSE PROJECTS / 

ZOÉ: chemise – NORSE PROJECTS / jean – vintage /

14420012

Bien à vous

Passion : 1 – Préjugés : 0

 

Nous avons poussé notre étude de cas du mec cool jusqu’à chercher, analyser et franchir les portes de ses lieux de prédilection. Si Freshkicks est son temple bruxellois, il est certain que Black Rainbow en est son digne équivalent parisien. Nous oserons dire d’ailleurs que leur sélection est encore plus poussée tellement le jeu du mix’n’match y est terriblement aventurier.

 

 

Les garçons de la rédaction étant excédés nerveusement par les vestiaires souvent outranciers de la modasse masculine type, ils ont cherché à se tourner vers la silhouette du mec cool qui a réhabilité une certaine élégance sans en oublier le confort et la créativité des pièces.

 

 

Fini les envies de détonner outrageusement et de ressembler à un sapin de Noël ridicule, mais un besoin de se réapproprier une masculinité trop souvent oubliée, sans forcément tomber dans le cliché de l’âge mûr grandissant. Il était donc tout naturel de vouloir tenter l’expérience de la chemise Barbour dans un chino un peu trop large, les pieds à l’aise dans des runnings multicolores designées par un obscur créateur finlandais…

 

 

Seulement voilà : la population des boutiques du mec cool n’augure pas le plus chaleureux des accueils pour les ex-modeux hystériques en cure de désintox. Le hip-hop à fond les ballons, les « bandes de potes » squattant les lieux et laissant traîner leurs regards interrogateurs – pas forcément des plus approbateurs – de pied en cap sur nos tenues dépassant l’entendement esthétique, inspire plus le malaise que l’expérience client d’une boutique Givenchy. Malgré tout, on a pris nos couilles à deux mains, pas vraiment rassurés quand même (peur du jugement, quand tu nous tiens…) et on est partis à l’assaut des différentes boutiques parisiennes.

 

 

En général, le résultat est assez surprenant car même si ce n’est pas encore la franche camaraderie, l’accueil est plutôt bon et les vendeurs usent de leur quotient sociabilité pour être des commerçants experts, même si l’on retrouve quelques œillades loin d’être flatteuses.

Alors Black Rainbow se pose comme lieu qui sort du lot, un endroit où la passion l’a emporté sur le cliché. Certainement surpris au départ par l’arrivée d’un élément hors tableau, l’atmosphère se détend assez vite et l’essayage se fait de plus en plus confortable voire intime.

Le seul problème réside dans le fait qu’on n’y connaît absolument rien et qu’il nous fallait bien des conseils. On aurait pu croire qu’ils auraient essayé de nous expédier « vite fait bien fait »…  Mais finalement, le sourire devient de plus en plus en sincère, le conseil de plus en plus aiguisé, évitant  de nous refourguer  le total look too much du débutant. On est à l’aise Blaise.

 

 

Un grand monsieur très charpenté, visage taillé à la serpe, une gueule, une vraie, de celles qui font un peu peur, très très sexy – mais à qui tu n’irais pas chercher des emmerdes et que tu ne draguerais pas dans la rue de peur de prendre une beigne – a été, avec surprise, le  plus, celui qui a fait toute la différence. Obligatoirement passionné, c’est avec douceur qu’il a guidé l’essayage et finalement une sorte de stylisme.

 

 

Du coup, de par sa bienveillance sans jugement, on avait envie de tout acheter, on avait envie d’être comme lui : cool… et sans préjugés ! Une expérience bien loin de celle de certains lieux qui « chichittent » autour de votre cul pour vous faire pseudo croire que vous êtes important, tout ça pour se mettre un petit ticket de Carte Bleue dans la poche. Il y avait une vraie synergie entre passionné/connaisseur et novice, un véritable échange qui se fait vraiment rare à travers des communautés diamétralement opposées.

 

 

Ben voilà : une doudoune, deux pantalons de vendus, une adresse à passer aux copines, une envie folle de revenir pour un sourire aux lèvres et une idée en tête qui fait du bien : la mode des passionnés peut abattre tous les clichés, tous les préjugés.

 

Bien à vous.

There are new kids on the block.

 

Comme vous avez pu le remarquer, en ce moment, la rédaction s’intéresse beaucoup plus à l’homme qu’à la dame… Il faut dire que les designers, sclérosés par la peur d’une croissance amoindrie en ces temps de crise, ne font pas preuve d’une originalité vraiment excitante quand il s’agit de la gent féminine. On s’est donc mis à étudier les maris et on a remarqué un truc intrigant…

 

 

On ne sait pas si on est restés trop longtemps de l’autre côté de l’Atlantique ou si on a simplement sous-estimé l’ampleur du phénomène, mais il y a une nouvelle race de garçons qui envahit nos rues…Déjà bien présents à Bruxelles, ils s’avèrent être une armée à Paris.

 

 

Ils se baladent en veste the North Face, running concept  New Balance aux pieds, l’air un peu « geekeux » avec leurs lunettes en écailles rondes, leurs barbes (ou moustache au choix) et leurs coupes de cheveux travaillées sans en avoir l’air. Ils ont la petite trentaine, on devine qu’ils sont super bien foutus sous leurs doudounes à la technologie anti-froid, anti-vent, antitout mais ultra design. Ils sont coquins avec leurs sourires d’hommes ouverts sur le monde et sont hyper connectés entre Bali et Kiev, Internet étant leur nouvelle petite amie à long terme. Eux, ce sont les mecs cool… Les modeux, « j’y touche pas ».

 

 

À l’opposé des conasses imberbes et maigrissimes qui hantent les entrées des shows prêt-à-porter, hurlant hystériquement des « Emmanuelle ! », « Anna ! » ou « Daria ! » à l’approche d’une fille plus ou moins lookée avec un carton d’invitation à la main, espérant vainement attirer l’attention, voire une entrée dans un sacro-saint défilé avec une silhouette faite de tout et n’importe quoi, le mec cool se veut mode mais subtilement discret. D’ailleurs, pour les mecs cool, les pasionarias du total look « plus j’en fais mieux je me porte » sont l’incarnation de la vulgarité.

 

 

Le mec cool aime donc la mode, il en est même obsédé, mais SURTOUT, il ne tient pas à ce que ça se sache. Il vadrouille en ville d’un pas lent et nonchalant, comme s’il n’y connaissait rien, comme s’il n’avait aucune culture liée à la fringue. Mais le mec cool en sait beaucoup plus que toutes les petites putes accrocs à la surenchère. Le mec cool a passé 48 heures non-stop sur E-bay pour acheter une paire de Reebook qui étaient déjà en édition limitée en 1979, et il n’a pas lâché l’affaire parce qu’il sait qu’il n’y en a que 127 paires et demie dans le monde (la dernière ayant été bouffée par un crocodile à Miami), et il est hors de question que quelqu’un d’autre se la procure.

 

 

Le mec cool, quand tu lui parles de mode, il hausse les épaules parce que non, Cristobal Balenciaga, ça ne lui dit rien et qu’il trouve Lagerfeld trop produit, mais il est le brocanteur ultime du sportswear de luxe.

 

 

Le mec cool se cache derrière sa grosse doudoune mais il sait que ses compatriotes vont le reconnaître : il aime allier des pièces qui n’ont rien à voir, détourner des objets pour se les approprier. Le mec cool aime être chic et élégant, mais à l’aise. Il mixera donc ses chemises barbour avec des chinos taillés ou des jeans de qualité droits mais pas trop, surmontés de gros gilets en maille à cols châles, des doudounes matelassées Penfield, et des éditions limitées ou ultra colorées de sneakers à la pointe du vintage ou, a contrario, de l’avant-garde technologique. Son péché mignon est justement la sneakers, qu’il exècre chez le géant du luxe car sa devise est : « Il faut rendre à César ce qui est à César ». D’ailleurs, on l’aime et on le respecte pour cette honnêteté et son obsession du perfectionnisme dans son domaine de prédilection.

 

 

Le mec cool se prend dix fois plus la tête le matin devant son miroir que les Lady Gaga masculines. Il se veut « chicissime » sans utiliser les codes de l’élégance, il veut être beau et classe avec un sportswear étudié-millimétré qui se doit d’être parfait tant il est au bord d’une frontière à risque, entre faute de goût et allure trop négligée. C’est exactement pour ça que dans son soin méthodique d’une mode élégante, épurée et complètement sport-chic, le cool est complètement sexy. Une ode au sexe même. On fantasme de dévergonder celui qui paraît légèrement timide. Il est le gentleman 2.0, celui qui fera rêver avec une culture mode hors milieu, celui qui se verra enviable par sa maîtrise du raffinement hors des sentiers battus, celui que toute femme ou homme aura envie de déshabiller dans son lit… Mais ça, on l’a bien compris puisque le mec cool est souvent accompagné d’un accessoire loin d’être glamour : la poussette.

 

 

Genre lui, c’est sûr qu’il a une poussette caché par un recadrage subtil de la photo –> si il ne s’est pas fait chopé par une amazone urbaine, nous, on est libre.

 

Bien à vous.

Serait-il devenu fou ?

PHOEBE PHILO a dit:  » There is always a sense of streetculture, a newstreetwear, in my work » + Apparition memorable à la sortie de son dernier défilé… en Stan Smith! + certain mannequin de la collection pre-fall 2011 porte des sneakers sur les photos du lookbook… Je ne fais que prendre exemple sur la designeuse, la plus talentueuse de sa génération… et je ne suis pas de mauvaise foi! (je m’arrange, c’est pas pareil).

 


J’avoue, j’ai un peu cramé du ciboulot. Enfin… pas vraiment, j’essaye de m’adapter à ma nouvelle ambiance sociale, c’est tout. Don’t judge (ça, par exemple, c’est très québécois de foutre des mots anglais un peu partout). Et puis, je suis comme les femmes, quand je change de vie, je change de style. Quand j’étais à Bruxelles et que je changeais de mari, j’optais pour des nouveaux cheveux. Alors, comme là j’ai carrément changé de continent, ben j’ai un peu pété une durite… ou plutôt, je suis revenu à un amour de jeunesse : le streetwear (qui est devenu couture en vieillissant).

 

 

Mais attention : que les offusqués reprennent leur respiration, je ne suis pas en pleine phase adolescent bling bling party, traînant ma vieille carcasse en jogging informe et veste assortie. Que nenni. J’en ai trop appris de belles en Europe.

Avec ce retour à la fac où les jeunots dandinent leurs postérieurs aussi fermes que de la roche, casquette vissée sur le crâne, il fallait que j’agisse : la dernière fois que je me suis pointé en cours (j’adore dire cette putain de phrase), c’est à peine si une de mes camarades ne m’a pas sorti un : « Monsieur, c’est bien ici le cours d’histoire de la mode? ». « Non mais, espèce de grosse conne, est-ce que j’ai l’air d’avoir 45 ans ?! ». Il faut dire que ma longue chemise en soie Dévastée et mes mocassins en cuir sortis de la très chic boutique de Mademoiselle François juraient un tout petit peu avec la faune ambiante.

 

 

= FAUNE AMBIANTE.

 

En effet, au pays du caribou, du sirop d’érable et des marchés bio, on ne lésine pas sur la « coolitude ». C’est comme si on nous disait dès le départ : «Ecoute, il fait -12 000 ici l’hiver, alors c’est confort, cool et mode, dans cet ordre mec ! Il faut d’abord penser à survivre petit européen ». Tout ça mixé avec un gros relent de new age attitude façon « soigne ton corps où tu mourras dans d’atroces souffrances ». Ben, en résulte que tu ne fais pas trop ton malin…  Mais ce n’est pas pour me déplaire.

 

 

J’ai toujours rêvé de sortir de chez moi pour aller acheter ma lessive en jumpsuit blanc imprimé « la mode aura ma peau », une fourrure de lapin sur le dos, des lunettes rondes à la Lynch et des baskets collector customisées par un obscur designer islandais. Ici, je peux et au final, je dois.

 

 

 
Alors, en route, ma poule ! Hormis les très « traditionnelles » ou plutôt évidentes silhouettes de Jeremy (Scott) pour Adidas, on fait péter tous les looks de la très dérangée griffe Cassette Playa, ou encore : « Bonjour ! J’ai inventé le grotesque couture ! », une sorte de mélange démentiel de pop culture outrageante et de nu-rave modernisée, pourtant assurément trendy.

 

 
OK, c’est peut-être un peu too much au quotidien… Alors, pour s’assagir les jours où on doit présenter un exposé sur Coco et ses relations douteuses lors de la Seconde Guerre mondiale, on optera pour la marque Misericordia. Griffe franco-péruvienne à 20 000 % éthique, son fondateur est la mère Teresa de la mode: Il construit des écoles au Pérou, fait travailler des milliers de gens convenablement, sauve des orphelins…On aime. Alors, on banque et on est fier. Plus de honte à faire la modasse. Surtout que leur petit style nerd-intello-bourgeois n’est pas dégueu du tout et colle parfaitement à une pré-trentenaire retournant draguer les maris sur les bancs de l’école.

 

 
Soit ! Par contre, celui qui a été mon plus gros tabou bruxellois, celui qui m’a fait fantasmer pendant cinq ans, sans jamais avoir eu les couilles de le porter, c’est Bernhard Willhelm. Alors lui, je l’idolâtre pour une chose, c’est sa faculté à faire une mode sans aucune concession. Même si c’est immettable (c’est souvent TRÈS immettable), il s’en contrefout, il présente et ça roule ! C’est que c’est possible ! Il y a moyen de s’habiller avec des gens qui ne sont pas des vendus ! Problème, c’est aussi immettable que c’est foutrement inabordable.

 

 

Même en soldes, impossible de se payer une pièce. Mais comme maintenant je sais que je vais pouvoir le porter sans risquer une guerre de religion, I’m saving my money (oh putain, ça recommence !). L’été prochain, je serai en Willhelm ou je serai ronchon.
On ne vous parle pas des BAPE clothing, marque japonaise et fétiche de ce bon vieux Pharell Williams, BBC (Boy Billionaire Club), fer de lance du streetwear de luxe ou autre classique dans le genre college comme Kitsuné. Je teste, hein ! On verra bien ! Ce qui est certain, c’est qu’ici, je ne vais pas choper les jolis garçons avec les codes européens. Et le mari pour passer l’hiver au chaud, c’est plus important que d’être fidèle à sa patrie mode… Té-té-té ! Il n’y a pas de « mais… ». C’est pas vous qui allez vous geler les couilles pendant six mois. Et puis, ça c’est pour le jour, attendez de voir le soir…

 

 
Bien à vous.

 

PS : Pour les sneakers, PITIÉ ! On reste traditionnel et on ÉVITE à tout prix les sneakers proposées par les maisons de couture, c’est tellement surfait, ringard… Ça crie : « J’assume pas d’être un vieux-jeune ! ». Moi, j’assume ! Alors, je suppose que s’il existe des marques qui sont SPÉCIALISÉES dans leur création, c’est pas pour rien. Merci.

Fièrement propulsé par WordPress | Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑