Le Bordel des Jolis Garçons : la série mode.

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Monsieur Léon

 
C’est le branle-bas de combat au Bordel des Jolis Garçons ! Monsieur Gustave attend avec une pure impatience, Monsieur Léon,  son nouveau Boy. Il arrive de la banlieue par le train de 15 h 53 avec son innocence et son lot de rêveries. Du sang frais pour la maison de charme réservée à ces messieurs et coqueluche coquine du Tout-Paris. On y sert le meilleur champagne, les meilleurs aphrodisiaques et on y connaît les moindres charmes, messieurs-dames ! Tout le monde rêve d’y passer une nuit… Mais qu’est-ce qui fait la réputation de la maison la plus exquise de Paris ?
 
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Monsieur Gustave

 
Monsieur Gustave, le père-maquereau, est à l’élégance ce que Madame Claude est aux hommes politiques : toujours le bon mot, toujours le bon goût. Le maître de réception qu’est cet ancien notaire est un pur délice. Nadine de Rothschild se transforme en pouilleuse du Moyen Âge à ses côtés et il est réputé pour la finesse des mets qu’il sert en public et… en privé.

C’est avec un nez féroce qu’il dégotte ses disciples : un maximum de culture dans un charme à s’en crever les yeux. C’est comme ça qu’il les choisit à la sortie des facultés et autres musées d’art contemporain. Il a le vice des grands esprits, la méthodologie des financiers et le savoir-vivre des princes…
 
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Monsieur Edgar

 
C’est pour son raffinement que l’on vient s’enivrer d’opium chez lui. C’est pour Monsieur Edgar, le solitaire mystérieux au corps brutal et aux délices sauvages. Pour Monsieur Archibald, le dandy contemporain, maître contorsionniste qui lit du Baudelaire au lit. Pour Monsieur George, « l’Américain », réputé pour ses rodéos sauvages et sa descente alcoolique qui en tue plus d’un. C’est pour Monsieur Manuel, ses charmes exotiques et ses drogues du bout du monde. C’est pour l’ensorcellement suave de Monsieur Théodore, le poète des accessoires et l’adorateur des fleurs. C’est pour cette quintessence de ce qui se fait de plus érotique dans la beauté d’un corps d’homme. C’est pour goûter à la chair la plus torride et pour n’en être jamais rassasié. Le Bordel des Jolis Garçons, c’est le fantasme d’un tableau parfait où se mêlent intelligentsia et esthétisme. Et une fois qu’on a croqué la pomme…
 
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Monsieur Georges

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Monsieur Archibald

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Monsieur Théodore

 
Comment y entre-t-on ? C’est Monsieur Auguste qui prend les réservations mais c’est Monsieur Marcel, sa célèbre moue et son music-hall de chambre qui décident qui incorpore le rêve. Le cerbère du bordel est réputé pour exiger l’excellence car, bien sûr, seul le beau monde le fréquente : aristocratie de la nuit et autres bijoux de l’art contemporain viennent plonger leurs lèvres dans la tasse de Monsieur Achille, encensé pour ses after « tea » party des plus démoniaques. On y danse, on y rêve, on y baise, on profite de la vie. C’est une fresque du paradis, sans limites, sans frontières, où seuls la liberté et l’amour qui en découlent règnent.
 
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Monsieur Marcel

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Monsieur Achille

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Monsieur Manuel

 
On n’y est que la nuit, le jour on dort. On se lève quelquefois pour aller faire le marché et chercher les fleurs. On rigole, on joue aux cartes. Banalité d’un endroit où, finalement, on ne vit que de… bonheur.

Le Bordel des Jolis Garçons, c’est l’idée que l’on se fait d’un rêve dont on ne se réveille jamais : celui d’un lieu où la seule règle est de ne pas en avoir … 

 
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Monsieur Auguste

 

Le Bordel des Jolis Garçons

Photographie: Jules Faure.

Direction Artistique: Cécile David

Production: Stèv Romani-Soccoro

Consulting Mode: Adrien Lang / Poils!

Mise en Beauté: Clara De Gobert

Vidéo: Myrtille Moniot

Modèles: Laurent Kaus – Stéphane Reine – Arnaud Lambert – Valentin Gleyze – Axel Sourisseau – Fabien Chesseboeuf – Florian Bardou – Sylvain Le Formica – Stéphane Chaco –  Ian Fountain

 

Bien à vous.

Série mode: Fantasme goudronné

Flânerie lors d’une promenade dans votre chère et tendre ville : il fait beau, le soleil tabasse vos bras nus, un petit vent frais atténue la chaleur implacable, vos lunettes de soleil vissées sur le nez font rempart entre vos yeux et ce que vous matez du coin de l’œil… Personne ne vous voit mais la salive dégoulinant de votre bouche vous trahit.

 
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Pull: James Long / Chemise: Tillman Lauterbach / Pantalon: Charles Anastase / Shoes: Diego Vanassibara / Casquette: New Era x Juun J

 

Ils sont partout, ces garçons de la rue, archangéliques, fantasme goudronné capturé en quelques secondes par un regard photographique. Quelques secondes où le hipster à chemise bariolée, le businessman rentrant de la Défense, le skateur juvénile ou encore le hippie de la fac de lettres se transforment en amant créé de toutes pièces par votre cerveau. On le regarde furtivement de la tête aux pieds, on se retourne sur son passage, matant ses fesses. On espère qu’il se retournera aussi et on s’invente sa propre histoire : un sourire, un échange de regards, le cœur qui bat fort et vite. On ne sait pas quoi faire, il vient nous parler, il est ému, bégayant l’envie de se revoir… Pouf ! Fantasme goudronné, ça n’arrive que dans nos rêves. Une échappée du réel qui donne de la puissance à nos envies. Histoire que l’on aimerait raconter quand on demande : « Comment vous êtes-vous rencontrés ? » Ah, ces garçons que l’on croise à longueur de journée…

 

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Sweat: Walter Van Beirendonck / Pantalon: Andrea Cammarosano / Bonnet: Tillman Lauterbach / Shoes: Juun J

 
On espère le retrouver dans la nuit noire des clubbing les plus moites, il nous servira de pornographie imprimée à l’aube du coucher. Il est de ces poésies d’amour que l’on aimerait voir écrites un jour sur du vrai papier. Continuez de vous retourner ! Chaque fois qu’il intimide vos sens, il se pourrait bien que vous soyez son fantasme goudronné.
 

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Cardigan: Henrik Vibskov / T-shirt: Gareth Pugh / Pantalon: Henrik Vibskov / Shoes: Juun J / Casquette: New Era x Juun J

 
Ah, qu’il est bon de rêver au cours d’une journée dont le but est de ne pas en avoir. Croiser les garçons d’une minute qui deviendront par notre imagination ceux d’une vie. Qu’il est bon de flirter avec ses songes, d’ensemencer un jardin dont nous sommes les seuls à avoir la clef. Illusion ultime où la chaleur  développe la chimère et l’improvisation de l’excitation: quand le corps ne réagit plus qu’à l’excès, quand le désir dépasse toute modération morale… Que l’érotisme est divin dans la complexité notre propre soi.
 

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Fourrure: Romain Brau / Débardeur: The Soloist / Pantalon: Walter Van Beirendonck / Shoes: Juun J / Lunettes: Vintage

 
Mise à l’honneur de ces inconnus qui ne font que passer comme des fantômes, qui ne savent rien de la sensualité qu’on leur accordent et de la jouissance qu’ils nous procurent. Sacrement de ces anonymes qui nous tourmentent. L’envie d’une série Mode où l’homme est un objet sexuel comme les autres… L’envie de manipuler le fantasme pour le rendre palpable.

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Il est de tous les styles et de toutes les cultures, appropriez-le-vous. Faites-en le jouet de vos nuits : nous l’avons photographié pour ça. Il est à vous, on vous l’offre. C’est notre cadeau de retour, un vice que l’on a tous eu à un moment ou à un autre, inavoué souvent, évident parfois : les garçons de la rue, ce fantasme goudronné.

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Gilet: James Long / Chemise: Walter Van Beirendonck / Pantalon: Cédric Jacquemin / Shoes: Clarks Vintage

 

FANTASME GOUDRONNÉ

Une série mode réalisé par le M/M CREW

Photographie: JULES FAURE.

Stylisme: CÉCILE DAVID.

Texte: STÈV ROMANI-SOCCORO.

Modèle: AUBRY FARGIER.

Direction Artistique: STÈV ROMANI-SOCCORO, JULES FAURE, CÉCILE DAVID.

THANKS TO: RA, LAURENT KAUS, ROMAIN BRAU.

 

Bien à vous.

Série Mode: VALRAS-PLAGE 1986

 

BLACKRAINBOW X MONSIEUR / MADEMOISELLE

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Quand on a annoncé qu’on allait faire une série spéciale avec Blackrainbow, un sourire moqueur s’est dessiné sur quelques lèvres : « Trop hipster ! », qu’on nous a dit ! Pourtant, on kiffe le magasin streetwear de la rue des Archives dont nous avions déjà fait l’éloge dans un article précédent. Il n’en fallait pas plus pour qu’on décide de jouer le jeu à fond les gifs animés. Après tout, avant d’avoir lancé une fatwa contre nos barbes, nos sweats imprimés chats et nos goûts musicaux douteux (qu’on essaye à coup sûr de faire passer pour du génie oublié), on nous attribuait une certaine créativité abreuvée de crédibilité.

 

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PAUL: chemise – STUSSY / jeans – CARHARTT / casquette – NORSE PROJECTS /

ZOÉ: tee-shirt – LEROY JENKINS / legging – American Apparel / shoes & bandana – vintage /

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Il était temps de revenir à la source de la gloire de cette contre-culture et d’ériger le ringard comme apogée du cool. Nous sommes persuadés qu’idolâtrer son châle de mamie ou porter un tee-shirt à l’effigie de Sauvés par le gong est encore un acte de rébellion face à cette perpétuelle envie de nous dicter ce que l’on doit porter ou pas. Nous voulions faire la parfaite photographie de ce que rêverait d’être le typique passant de la rue de Bretagne … que le premier qui n’y trouve pas une pointe de désir nous jette la première paire de Vans à la gueule !

On s’est donné pour mission de réinsuffler une dose d’humour (et de cul, ça marche toujours) alors que le hipster fait presque débat de société. Il était devenu presque primordial de montrer que le streetwear d’un certain standing pouvait être approprié avec une ironie flatteuse et très mode sans forcément devenir une sorte de Berlinois conceptuel à la limite de l’agacement.

 

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PAUL: teddy – STUSSY / chemise – NORSE PROJECTS / short – LEROY JENKINS / casquette – LESS /

ZOÉ: chemise – CARHARTT / short – American apparel / shoes – vintage /

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Valras-Plage 1986 ne pouvait être que l’extrême expression du cliché pour montrer que cette boutique, repère du hip, possède les pièces les plus cool de la planète. Ne jamais s’arrêter au qu’en-dira-t-on et ne finalement suivre que ses envies, tel devrait être le credo des adorateurs de la mode.

Paul Gautier (alias Polly Pock), la geek dandy aux jambes de rugbyman, et Zoé Coulon, la Kate Moss sous acide punk, étaient plus que parfaits pour photographier cette scène érotico cliché de ce qui se fait de plus désirable chez l’Arc-en-ciel Noir.

Évidence d’un lieu comme le café Le Temple, recouvert par le léopard et les Marilyn Monroe comme symboles absolus du bar où la « branchitude » pourrait se retrouver pour être à contre-courant. Acte de rébellion, on vous dit ! Ça prouve qu’il n’y a pas lieu de se prendre la tête. Pas besoin d’aller au vernissage Vuitton sur le toit de Pompidou pour être quelqu’un. Une histoire de vacances où la belle viole son prince enivré par l’alcool dans ce restaurant de station balnéaire. En ressort une série hommage à un Guy Bourdin plongé dans l’absurde, les gifs animés venant appuyer notre théorie de l’autodérision.

 

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L’histoire de la fellation dans les toilettes est venue naturellement tant on se régale de vous mettre à chaque fois un peu de fesses comme signature évidente de notre rédaction coquine. C’est vrai qu’on aime les choses un peu sales… et les sourires deviennent moins moqueurs, car plus surpris par cette audace.

Pour les vêtements, du Carhartt évidemment, du Norse ProjectsLeroy Jenkins et Stussy sans oublier runnings, touche bandana, casquette Less et denim taille haute… On est allés jusqu’au bout du kikoo/LOL. On voulait que ça soit ironique, cool jusqu’à la satire et connoté mode sans trop (Vogue) en faire. Vous avouerez que Paul & Zoé sont sexy à vouloir faire un ménage à trois. Pas à les frapper à la terrasse du Charlot.

 

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Blackrainbow est une chouette boutique où l’on est toujours bien accueilli, où les pièces valent le détour et où le hip n’est pas un gros mot.Alors maintenant, ouvrez les portes de la prison dans laquelle les podiums tentent de vous enfermer. Explosons les tendances de ce qui est faux ou pas et jouons-nous des clichés les plus absolus pour en faire du beau. Ne nous arrêtons surtout pas à ce que le marketing essaye de nous imposer, il n’y a rien de plus nauséabond. Nous vous donnons rendez-vous pour une pomme d’amour à Valras-Plage et dans la rue de Bretagne ; en Blackrainbow, évidemment.

 

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PAUL: veste & short – CARHARTT / tee-shirt – NORSE PROJECTS / 

ZOÉ: chemise – NORSE PROJECTS / jean – vintage /

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Bien à vous

Série mode: Veja x M/M

Cécile boxe avec les DL Clémentine Blood en cuir tanné aux extraits d’acacia et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

Le but était de décontextualiser Veja. Connue pour son aura verte, respectueuse autant de la planète que de l’être humain, la griffe est d’abord présentée pour ses qualités éthiques et moins pour ses valeurs « modistiques ». C’est beau de voir qu’un objet d’ornement peut être considéré comme intellectuel au vu des parutions dans Le Monde ou même Libération. Or il était intéressant de mettre la griffe sur un autre axe pour voir ce que ça donnait, de mettre aussi en valeur son fluide mode. En plus, c’est la période où la running orne tous les pieds couture de la planète, c’est pile poil le bon moment pour triturer cet objet et le traiter en accessoire de mode avant tout le reste.

 

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 Emmanuel se pomponne avec les Arcade, London Red Burgundy, en toile de coton bio et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

On a comme l’impression que Veja n’est presque connue que pour son label écolo. C’est dommage car il existe une gamme très diversifiée qui va de la simple basket de toile à la sneaker de ville en cuir d’un chic absolu, en passant par la running aux allures rétro. Le lookbook est extrêmement beau et très bien fourni d’ailleurs. À voir. Il n’y a donc pas que l’aspect éthique qui est intéressant, mais bien une affaire de mode que l’on oublie trop.

 

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 Jules préserve la nature avec les derbies Greg Asner en toile de coton bio et caoutchouc sauvage d’Amazonie.

 

On désire ces cuirs travaillés à la main qui sentent la qualité mais on a aussi envie de paraître ultra moderne quand on dira que l’imprimé de notre basket a été réalisé à partir de photos thermiques prises pendant un vol au-dessus de l’Amazonie. Ça en jette. En plus de consommer intelligent dans le respect de la condition humaine, Veja nous transporte dans un monde de qualité esthétique pour un budget abordable. Il fallait en parler, bordel ! C’est assez rare pour être noté. Alors que Bruno Pieters s’est lancé dans une affaire couture complètement éthique et que la question se pose de plus en plus dans le milieu de la mode, Veja fait figure de pionnière dans cet engagement et on a peut-être oublié de parler aussi sa créativité débridée.

 

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 Shania lit avec les Méditerranée, Auburn Moonrock en nubuck tanné aux extraits d’acacia et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

La cerise sur le gâteau, c’est que Veja est une marque avec laquelle on peut tout faire ; voilà le constat. Comme toutes les baskets, on peut pratiquer n’importe quel sport, c’est leur fonction première. On n’est pas cons, non plus. On peut les porter pour aller en soirée, certains modèles faisant penser à des baskets de ville avoisinant la chaussure de créateur à la « Common Projects ». Classe. Tout autant que les modèles sobres font très « cérébral » : du coup, pas de problèmes pour se rendre au bureau. On peut tout faire en Veja et, encore une fois, avec cette idée que l’on consomme ultra intelligent et surtout écologique. Du coup, Veja fait jouir et là, vous comprenez le concept et vous avez notre processus créatif. Emballez, c’est pesé : dégustez !

 

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 Stèv jouit en Veja Auburn, en cuir tanné aux extraits d’acacia et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

Cécile David est aux commandes de la scénographie et d’une sélection pensée dans la diversité ; Jules Faure est derrière l’objectif. Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Brutalité, minimalisme et concept second degré, recette élégamment appliquée par le duo David-Faure. Et moi ? Je me branle dans une chaussure. Je jouis car je trouve ça cool que l’on est imaginés une façon sobre de présenter un accessoire là où on ne l’attend pas. Veja devrait déjà avoir obtenu ses galons dans des séries mode couture où règne le mix and match.

 

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Giulia consomme les Veja Derbies, Sun, Clementine et Barbade en toile de coton bio et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

Veja x Monsieur/Mademoiselle : un vrai travail d’équipe, vu que c’est bien notre crew qui pose. Un mélange des idées que nous évoquait la basket. Un mélange des inspirations pour exposer, d’une façon inhabituelle, cet objet qui représente nos valeurs. Et puis pourquoi faire un casting quand on a de telles tronches à disposition ? Avons-nous réussi le pari de vous surprendre ? On est fiers d’avoir travaillé avec cette marque. En tout cas, c’est notre vision de cette griffe qui nous parle… Vous voulez tester ? Y en a une pléthore de disponibles à la boutique du Centre Commercial au 2 rue de Marseille, près de République et sur le Veja store. Allez voir si vous trouvez chaussure à votre pied. Nous, c’est déjà fait.

 

RÉALISATION: CÉCILE DAVID ET JULES FAURE

MISE EN BEAUTÉ: CHLOÉ RIBERO

TEXTE: STÈV ROMANI-SOCCORO

 

Bien à vous.

Série mode: APOCALYPTIC

     19H38 on Friday 21 of december 2012.

 

In a century where everyone is scared of everything, in a year that everyone is telling us that it’s the end… when everyone is trying to run faster and try to achieve more than they want or should… Mohamed Ben Lajoie is a bad electrician… a dreamer they were saying since he was born. His life was maybe « metro, boulot, dodo » but his little star following him could tell us that Mohamed was maybe a very bad « day time worker »… But his dreams were one of a kind !

 

We are starting our story by this tragic evening ! Tragic because everyone believes and knows that tonight on this heavy date:

we will all die !

 

What’s behind the door ? This amazing moment of the day where you leave things behind and forget all the ugly accumulated in the day and close the door in front of your own world. This world that only you can build and that only the one you love can understand.

 

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Overalls imprimé – Bernhard Willhelm / Chemise blanche – Juun.J / Collier col doré – Heaven Tanudiredja

 

What you wanna do is just put your over all Bernhard Willhelm on the floor and leave it at the door.

– « Light up a cigarette for me Bibouska please !!! »

– « And please run me a bath… I think it’s time for me to drop my Juun.J shirt and my mini Bernhard Willhelm short… »

 

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Chemise blanche – Juun.J / Collier col doré – Heaven Tanudiredja / Micro short – Bernhard Willhelm

 

Bibouska is what happen when, your all life, none is here to understand or love you… ! We all have our Bibouska, she comes and go depending of how you feel. It’s not every day that two heart bit as one. Maybe Bibouska doesn’t have a heart but she is here when you need her .

Mohamed is an artist, it takes him 10 minutes to erase the past and invent the night ! He paints his evening with fashion and keep his canvas for himself. The self of his nights. Tonight for this special last night, every steps of his preparation will be thought and sketched few times in his mind before the great result. It’s with a neck piece from Charlie Le Mindu that you need to relax in a pink foam bath and take very important decisions. Like the shoes you are going to wear for your last night !

 

– « Bibouska !!! can you please show me my Depression shoes ? »

– « Hum.. Maybe i don’t wear shoes… « 

 

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Camisole Cheveux – Charlie Le Mindu / Chaussures Noeud papillon à studs – Dépression

 
Mohamed Ben Lajoie had maybe horrible used finger but after a pink foam bath this body was delicious and desirable… This algerian beauty should dry under a Serkan Cura turban with a robe from Romain Brau with of course the must have for the perfect dry effect… some pure gold and crystal from Heaven Tanudiredja.

 

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Coiffe en plume – Serkan Cura haute couture / Peignoir rebrodé – Romain Brau / Manchette perlée – Heaven Tanudiredja

 

NAILS !!!!!!

One wish per nail for this romantic end with him self…

1/ I wish to open my eyes tomorrow morning to a better world, where no judgment can hurt people and where love will drive any of our steps

2/ I wish one day he will come back to me realising i never want to hurt him and that all i wanted was to be happy with him.

3/ I wish my morning to be more easy to find the right head piece matching my tops.

4/ I wish to be able to sleep on roses without to smach them.

5/ I wish my friends would understand more who i am … i wish they could see me now !

 

Second hand !!! Dry precious nails…

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Coiffe en plume – Serkan Cura haute couture / Peignoir rebrodé – Romain Brau / Manchette perlée – Heaven Tanudiredja

 

1/ I wish couture was not so expensive this way i could buy more Manish…

2/ I wish my mother would be still alive and would help me to dress myself tonight.

3/ I wish to drive an elephant in Paris .

4/ I wish the party « Mauvais Goût » of Monsieur / Mademoiselle was every week !

5/ I wish to not disapear tonight, to wake up tomorrow with still the Eiffel tower in front of my window.

 

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Coiffe en plume – Romain Brau / Jupe brodée – Manish Arora

 

It’s with his wet foot that Mister Ben Lajoie got into a silk embrodered skirt from Manish Arora… a bit of mink, million of pearls and sequins were making sure that this skirt would be sensationnal !

Paris, my soul, my heart, my everything, look at me tonight and tell me: «  A demain! », tell me you love me and that nothing will change. You’ve been there since ever, the all world came to kiss your floor the best artists painted you, sang you and danced with you ! Where will we be if there is no tomorrow ?

 

« for things we loved that goes away »

 

This Photoshoot is the result of the work of Cecile David for the styling and organisation of the shoot.

Mister Benjamin Dukhan did model for us with his best.

Miss Harmony Hendrickx is the heroe of this shoot as a photographer.

Direction : Romain Brau

Styling : Cecile David

Model : Benjamin Dukhan

Photographer : Harmony Hendrickx

 

Writting you soon,

xxx. Romain Brau.

Il en faut peu pour être heureux.

Céline Dion pour V magazine: Méconnaissable, incroyable, génialissime.

 

Il en faut peu pour être genre méga heureux. Pourtant ça faisait un bail qu’on avait n’avait plus le modjo  : la mode, ça commençait grave à nous saouler. Toujours la même merde. Rien de neuf au loin… La loose, quoi ! Boring, bordel ! Et puis ce 24 août dans la nuit, on ne sait pas ce qui s’est passé, si c’était la pleine lune ou l’alignement de Loïc Prigent en Neptune, mais y a eu un truc fort, très fort… Si on vous dit que c’est Céline Dion ET Cindy Crawford qui nous ont sortis de notre torpeur, vous nous croyez ? Nous non plus, on n’y croit pas. Pourtant, c’est le cas. En une soirée, on a découvert que Cindy « je sais plus quoi foutre de ma vie » Crawford faisait des fringues pour le géant C&A ET que Céline Dion a collaboré à une série mode DÉMENTIELLE pour V magazine. Rien que ça. Si y a pas un dieu de la mode, Emmanuelle Alt n’est pas exagérément fan de Daria Werbowy et Isabel Marant.

 

 

Ah, la petite Céline, elle peut nous le chanter maintenant, son « Pour que tu m’aimes encore », parce qu’on va la kiffer grave ! La personne qui a osé la « putanéiser » couture à ce point-là est tout simplement UN PUR GÉNIE. Méconnaissable, irréelle, hip à crever, couture, sauvage, sexe, limite indécente, celle qui nous aura gavés avec son heart qui goes on est complètement incroyable et inattendue.

 

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Impossible de faire plus underground, personne ne l’attendait ici et c’est bien pour ça que l’image est encore plus cool. Quand on voit ça, on se dit que de VRAI(E)S stylistes hantent encore les couloirs des rédactions. Évidemment, la rédactrice en question a un nom imprononçable ; française, elle a grandi à Saint-Tropez avant de s’envoler pour New York où elle officie au Vogue avec Anna.W. Non mais la vie est si simple, quoi ! On est SÛRS à 2000 % que Carlyne Cerf de Dudzeele (car OUI, c’est bien son nom) fume des cigarettes à la déraison. Bon Dieu, faites que le cliché soit total ! On a une nouvelle icône au panthéon des femmes qu’on idolâtre. Respect.

 

 

Sinon, ben, Cindy Crawford lance sa propre ligne chez C&A. Grâce à elle, t’apprends que ta vie de femme se résume à aller larguer les gosses à l’école et à servir de pot de fleurs à ton mari pendant ses dîners chiants entre collègues. Bien sûr, pour affronter ces difficiles journées de femme active, Cindy et sa grosse daube sont là pour être « élégante mais à l’aise ». On vous prévient, y en aura pas pour tout le monde et dans dix ans, ça vaudra de l’or sur eBay. On se dépêche, les filles, et on va toutes acheter ses tampons C&A by Cindy avant la rupture de stock.

 

 

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Nous, on ne comprend plus rien ! D’un côté, on a une meuf qui est devenue une bombe chaudasse underground par on ne sait quel miracle alors qu’elle nous a fait chier pendant vingt ans avec sa mièvrerie chantée, et de l’autre, un super modèle iconique qui sert de larbin sous anxiolytiques pour une marque qui donne envie de se suicider.

Ah ouais ! On peut dire que c’est le choc, quand même. Autant découvrir Cindy chez C&A comme ça : seuls, on aurait pleuré, autant avec Céline en prime, c’est parfait. Tellement de créativité et d’absurdité qui se côtoient au plus proche, c’est du pur bonheur. La mode dans toute sa démesure…

 

 

Attends, mais demain, nous, on appelle l’attaché de presse de Bernadette Chirac pour une production total look Balmain, talons sur la gorge de Benjamin Biolay et ambiance chienne/post-partouze. Tout est possible, la mode vient de nous le démontrer ce soir… C’est ce qui fait le charme de cet art.

Allez, on enfile immédiatement notre slip American Apparel rose flou, nos nouvelles Vans x Kenzo (casquette coordonnée de surcroît) et on file danser la rumba sur « C’est pour toi » de notre copine à la poutine : vous comprenez, on est des gens hip. Carlyne Cerf de Dudzeele, tu nous as redonné goût à la vie. Cindy, tu devrais peut-être penser à lui donner un coup de fil à la Carlyne : avec un peu de chance, elle réussira à sauver ton affaire chez C&A. Mouais, les miracles sont rares quand même… peut-être pas deux fois dans la même semaine.

 

Bien à vous.

Série mode: Lost in Grey Gardens

 

C’est l’histoire de Grey gardens, ce documentaire de 1975, camera au poing, qui s’introduit dans la vie de Edith Bouvier Beale, alias « Big Edie », et de sa fille du même nom et prénom, alias « Little Edie », respectivement tante et cousine de la très chic ex « trompée mille fois » première dame des États-Unis d’Amérique, Jackie Kennedy. Ou l’histoire de deux femmes cachant à peine leurs folies schizophréniques respectives, vivant dans une maison délabrée de 14 pièces dans les Hamptons avec chats, ratons laveurs et détritus. Une remasterisation 2011, sous forme de série mode, troublante de réalisme. Quel intérêt, nous direz-vous ? On aurait tendance à vous répondre : une démence esthétique qui marque, qui scotche le spectateur dans un monde que l’on aimerait finalement illusoire tant il mettrait mal à l’aise la Alice du Pays des Merveilles. C’est sur cette base que l’équipe de C’est Chic a décidé de jeter son dévolu artistique pour nous offrir une fashion story spectaculaire qui s’aligne parfaitement avec le travail de la designer mise à l’honneur,Laura Dalla Palma, petite protégée de Lespagnard, fraîchement sortie de Francisco Ferrer.

Blouse – Laura Dalla Palma / Jupe – Paule Ka / Bas vintage – Modes / Chaussures Nathalie Verlinden / Carré -Hermés / Accessoire – Wiki M-cube. 

 

On se rend compte, alors, que tous les acteurs d’un shoot sont d’une importance capitale : réinterpréter la vision d’un designer demande un professionnalisme et un œil que tout le monde n’a pas. Nous les premiers. Aaah, qu’il est facile de faire courir une poufiasse, style Gisèle, sur une plage du Brésil en robe haute couture, mais c’est loin de créditer la mode comme une forme d’art. Ici, il y a un travail de fond pour mettre en valeur les vêtements doucement déglingués de la belle, sous couvert d’une histoire construite sans pour autant dénaturer les origines de leurs créations.

 

Sweater (utilisé comme foulard) – United Colors of Benetton / Accessoire – Essentiel / Robe noire – Patrizia Pepe / Jupe fait avec un carre Hermes. 

 

Petit rappel : Laura Dalla Palma avait choisi comme thème principal de sa collection un environnement très ironique-onirique autour de la chasse et de la pêche, où sa femme toute de couture vêtue allait traquer le marcassin fusil en bandoulière. Un thème fort difficilement déboulonnable qui pourtant, parti dans l’imaginaire de Kris De Smetd – à l’objectif –, Aylen Torres – au stylisme –, Chantal Van Gogh – à la mise en beauté – et Inge Van B dans le rôle-titre de Little Edie (en plus jeune mais tout aussi surprenante), a su créer un nouvel espace d’expression invraisemblable digne d’une parution aussi prestigieuse qu’un Terry Richardson dans Vogue.

 

Carré imprimé – Hermés / Ceinture rouge – Paule Ka / Blouse – Laura Dalla Palma / Cardigan – Rue Blanche / Jupe – Patrizia Pepe / Bas – La fille D’O / Chaussures – Paule Ka.

 

Le sourire à peine esquissé des gens satisfaits se creuse au bord de notre bouche, l’hystérie étant retenue par une certaine fierté modeste de modasse face à une vision foutrement esthétique. Rien n’a été oublié : de la jupe faite de blouse au carré Hermès en guise de fichu surmonté d’une broche, indécrottable accessoire de la vraie Little Edie, l’équipe chic connaissait son sujet sur le bout des doigts comme celui-ci était une évidence de bon sens pour les vêtements de la jeune designer applaudie par son jury.

Robe – Parisian / Jupe mis comme foulard – Sandrina Fasoli / Accessoire – Wiki M-cube.

 Sweater Annemie Verbeke / Manteau – Laura dalla Palma / Serviette – stylist own / Broche dorée – Episode / Chaussures – Filippa K. 

 

Une série qui nous pousse à seulement regretter qu’elle ne soit pas publiée sur des pages glacées que l’on aime collectionner comme de précieux trésors. Comme on aimerait que la version Little Inge soit cachée dans l’un de nos placards pour les soirées à haut quotient mode… Et là, on se dit en pouffant de « mauvaiserie » : « Oh là là ! Mais qu’ils est bon de ne pas être un blog qui se prend en photo devant son miroir avec un vieux téléphone portable ! ». Qu’il est bon de pouvoir compter sur la solidarité de tout les acteurs d’une mode pro pour diffuser une créativité jeune, dynamique et bandante. Ça change du lookbook H&M, tant ici transpire une valeur ajoutée indéniable présentée sous une forme aussi délurée qu’imaginative. Ça nous permet de garder la tête haute (on a dit haute, pas grosse) et de ne pas céder une once de terrain dans nos convictions.

On n’aurait pas pu faire aussi bon et surtout on n’aurait pu faire aussi efficace, soit pousser des vêtements qui méritent d’être portés dans un imaginaire ultra désirable. Dans cet amas visuel de beauté folle, la seule chose que l’on veut récupérer c’est le styling original et la décontraction chic qu’il dégage… on veut s’approprier Laura Dalla Palma. Le Pari est bien plus que réussi, mêlant la jeune création à des pièces plus luxe ou à du vintage edgy… De quoi rendre folle la lectrice pour qui ce genre de mix est une condition sine qua non à la mode actuelle…

 

Sweater – Episode / Loupe et livre – Marché aux puces. 

Sparkly sweater – Episode / Manteau – Laura dalla Palma / Jupe (Blouse) – Sandrina Fasoli / Chapeau – Elvis Pompilio / Chaussures – Mellow Yellow / Bas vintage – Modes. 

 

Ici, tout est réuni : les vêtements tarés d’une jeune fille aux doigts d’or, la culture hip d’une équipe choc, un vrai sens de la mise en scène et de la beauté, le tout badigeonné d’un humour second degré qui ne laisse pas de place à la condescendance. Putain ! Mais merde, quoi ! C’est trop la classe d’avoir accès à de vrais outils visuels professionnels, de pouvoir proposer de la vraie mode, celle qu’on aime. Finalement, on est bien dans notre petit monde. On y reste, 50 années s’il le faut… comme les deux Edie & Edie… on embarque juste un équipe C’est Chic avec nous avant de s’enfermer à Grey Gardens…

 

Cardigan et culotte en laine – Rue Blanche / Bas vintage – Modes / Foulard – Rue Blanche / Broche – Episode.

 

Bien à vous.

 

UN IMMENSE MERCI À BELINDA CORDIER ET LAURA DALLA PALMA sans qui cette série mode n’existerait pas mais aussi à toute l’équipe de c’est chic:

Photo: KRIS DE SMEDT.

Styling: AYLEN TORRES.

Mise en beauté: CHANTAL VAN GOGH – using DIOR.

Deco set et design: MAGALIE DÉNOUE.Models: INGE VAN B @ Dominique Models. 

Elle est des nôtres… elle fait de la mode pas comme les autres

 

Si vous pensez vraiment que vous allez y échapper, vous vous êtes fourrés un doigt dans l’œil. Bien sûr qu’on va vous saouler avec la micro-collection. Au moins pendant les trois prochains post ! Mais rassurez-vous, on n’est pas LVMH non plus, on ne va pas essayer de vous faire du bourrage de crâne commercial… Vous aimez, vous aimez ! Vous n’aimez pas, tant pis pour nous.

 

 

Notre truc, ça serait plutôt de vous parler d’abord des gens qu’il y a autour. C’est ça le plus intéressant, finalement, et c’est surtout pour ce contexte de collaboration solidaire qu’on est très très fiers du résultat ! Il faut dire qu’ils ont tous assuré à mort et comme il y a des gens dont on veut parler depuis longtemps, ben ça devient le bon moment. Et puis, faut bien se la péter un peu quand on travaille avec des personnes super underground qui ont le potentiel des Mario Testino, Humberto Leon et Carol Lim, Taylor Tomasi ou on ne sait quelle nouvelle figure montante de la mode. Oui ! On y croit à l’avenir avec des potes comme ça… ça ne peut qu’exploser. On en reparlera dans vingt ans. La micro-collec’, elle, sera super collector ! Hi hi hi !

 

 

Bref ! Pour commencer, on avait envie de s’arrêter sur LA photographe, celle qui a shooté la collection, alias Julie Calbert. Cette Mademoiselle, c’est plus que notre photographe officiel, c’est notre couuupine ! Elle fait un peu partie des meubles à la rédaction. Disons, en tout cas, que c’est une entité à part entière de notre organisation… Elle avait déjà bossé sur notre fashion story, rappelez-vous. Pour cette série-là, on l’avait un peu bridée parce que c’était le test pour les apprentis stylistes, pour voir s’ils arrivaient à s’en sortir sur un plateau mode. Ici, c’est différent, la demoiselle aux allures de fée et à l’univers complètement romantique dark avait le devoir de s’exprimer à la hauteur de ce qu’elle sait faire. Résultat : perso, on trouve ça plus que réussi ! Original est un terme qui ne correspond pas car il est trop fade, il y a un petit « je ne sais quoi » propre à sa patte, une signature subtile qui la rend accessible à tous sans pour autant faire quelque chose de plat. Ce qui est bon, c’est sa façon de traiter la lumière, ou comment rendre quelque chose d’assez sombre aussi attirant que les spots d’une vitrine Céline…

 

 

 

Il y a toujours dans son travail une sorte d’antagonisme jour/nuit qui donne un aspect aérien, léger et fluide, ultra désirable. On la voit bien chez Marc Jacobs comme digne héritière d’un Juergen Teller qui, lui, a tendance à surexposer la lumière. Elle possède aussi une façon toute particulière de traiter les mannequins. Ils sont souvent en mouvement mais le rendu paraît comme cristallisé. Encore une fois, il ressort un antagonisme qui devient une marque évidente du boulot de cette photographe : jour/nuit et mouvement scotché, autant de calques les uns sur les autres qui rendent au final un aspect vieilli, comme ces photos de surnaturel faites dans les années 50, mais avec un modernisme à couper le souffle. Antagonisme, on vous dit, antagonisme.

 

 

En plus, ce qu’il faut savoir avec Julie Calbert, c’est que pour avoir collaboré avec plein de photographes, elle a plus la valeur d’une artiste. Elle a un don pour que les résultats de ses prises de vues soient l’équation d’un travail d’équipe : la demoiselle n’en fait pas qu’à sa tête, elle propose autant qu’elle écoute ce que les autres ont à dire. Ça donne par conséquent un micmac d’idées qui se ressent dans l’essence même de ses photos.

 

 

Et puis, question pratique, c’est un régal ! On peut être hystérique, complètement bourré ou à moitié dément (dans le sens psychiatrique du terme, entendons-nous), Julie gère… On peut lui donner n’importe quel taf, même s’il y a une alerte 8 sur l’échelle de Richter, Calbert persiste et signe.

 

 

Du coup, vous avez compris, on la kiffe à fond et on n’est pas prêts de la lâcher ! On la conseille, on la recommande même à tous nos collègues blogueurs/blogueuses, mais aussi aux magazines un peu concept pour une fraîcheur artistique qui renouvelle un peu les clichés déjà vus cent fois à travers la page de papier glacé…

 

Retrouvez le travail de Mademoiselle Julie Calbert sur son site … Demain Sophie d’avant vous parlera des Tontons Racleurs.

 

Bien à vous.

FASHION STORY.

 

Pour l’instant, on a suivi notre instinct. Dans fashion story, il y a fashion mais aussi story et franchement, pour avoir bouffé de la série mode dans les « vrais » magazines, souvent il y a plus de fashion que de story. En même temps c’est compréhensible, le but d’un magazine est de vendre du rêve, du luxe et de la beauté grâce aux fringues. C’est donc logique qu’ils mettent en scène des canons anatomiques dans du luxe créatif hors de portée des bourses les plus fragiles… L’inaccessibilité crée le désir qui pousse à faire exploser le tiroir-caisse. Il ne faut pas se leurrer, le magazine n’est pas là que pour la beauté de l’art, sinon on aurait du Theyskens (époque Ricci) toutes les trois pages. Mais quand on a une conasse qui fait sa nonchalante sur une plage à Cancun pendant 16 pages, quel est vraiment l’intérêt? Avouons que c’est foutrement chiant. La seule qui réussissait tant bien que mal à donner de la beauté à l’image en lui conférant une histoire logique digne de ce nom, c’est Carine (Roitfeld). Est-il nécessaire de rappeler que la grosse rumeur veut qu’elle ait été virée pour que celle qui la remplace fasse plus commercial?

 

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Du coup, on a décidé de prendre la chose à contre-sens. Si la mode est importante, l’histoire qu’elle dégage l’est d’autant plus qu’elle provoquera le désir de celles qui se reconnaîtront dedans. On est donc parti de l’idée d’une bourgeoise minimaliste, star de la saison dernière et qui est encore de mise l’hiver prochain (succès de Céline oblige). Elle a l’indépendance des femmes d’affaires, qui savent ou elles vont et où elles veulent aller mais n’exclut pas pour autant de vivre un romantisme passionné, un rêve qui les poursuit comme si le but ultime était de trouver l’homme qui sera admiratif de ses puissants talents.

Intellectuelle, un brin sournoise, il ne faut pas lui marcher sur les pieds. D’un coup de talons acéré, elle vous écrasera si elle considère que vous n’êtes pas à la hauteur. C’est son coté perfectionniste, sa vision de la vie.

 

PHOTOGRAPHIE – JULIE CALBERT.

 

Pour représenter cette oxymore de puissance fragile, nous avons choisi Justine. Premièrement parce que c’est la plus belle femme de l’univers, c’est un fait. Mais aussi parce qu’il était intéressant de mêler sa personnalité et son physique au jeu de la transformation. Un choix qui n’est pas anodin tellement ses yeux félins et sa beauté apparemment glaciale représente bien l’image que l’on pourrait se faire d’une patronne castratrice avec laquelle nous pourrions envisager une relation amoureuse un tantinet masochiste. Et pourtant son visage si rond, si enfantin, vient quand même faire planer le fantôme de la vulnérabilité. La demoiselle s’enveloppe alors d’un mystère qui donne envie d’aller vers elle tout en ayant peur d’être réduit en miette par trois mots vénéneux.

 

MODELE – JUSTINE GUSTIN.

 

Puis l’histoire qui émerge de notre tête se veut celle de beaucoup de femmes autour de la pré-trentaine: rentrée plus tôt d’un casual friday où elle a tyrannisé sa cour d’assistant mâles, la dame aux grosses couilles en mode très boyish chic joue la jeune fille folle sur sa cheminée en marbre qui lui sert de décoration moderne. Forcément! Car elle s’enivre de savoir que ce soir son galant lui a promis le fameux dîner aux chandelles du troisième rendez-vous (NDLR : cela peut paraître cliché mais toutes les histoires ont leur quota de clichés et, aussi tyrannique qu soit cette femme, nous avions l’envie qu’elle croie encore au lyrisme le plus absurde).

 

Chapeau en feutre – Own. / Pull en laine avec boutons perles – Elena Vasilieva. / Pantalon  – Céline Collard. / Chaussettes beiges tissées de fils colorés – American Apparel. / Chaussures en daim caramel – Foxhole. / Sac imitation croco – Courréges vintage.

 

Mais damoiseau a décidé de ne pas montrer le bout de son nez. Etait-il peureux de l’engagement ou un simple lâche doté d’un cerveau directement relié à sa queue? Notre héroïne ne le saura jamais. Elle espérera puis tombera de douleur emmitouflée dans une fourrure vintage en lapin sortie tout droit des placards de mamie. Comme pour se dire qu’entre femmes de la même famille, elles peuvent s’épauler et se rassurer.

 


Fourrure vintage en lapin – from mommy’s closet. / Pull sable en coton – Céline Collard.

 

Il ne faudra pas longtemps à la dame au caractère d’acier pour prendre ses burnes en main et se décider à une vengeance relaxante sur les plages d’une station balnéaire chic qui possède un casino trash. Deauville sûrement, le Biarritz de Coco étant trop loin et notre Knokke trop cheap.

Ni une, ni deux, notre matelot de haine enfourche sa mini pour rouler cheveux au vent. Dans une allure folle grâce à l’avant-garde de la jeune création, elle embarque dans son cartable vintage un nécessaire de maquillage sexy et une simple robe de soirée pour faire tourner les têtes des hommes qui l’ont blessée. 

 

 

Casquette de marin – From grand pa. / Veste sable croisée manches courtes – Aurore Brun. / Chemise blanche à pois et boutons cristaux – Elena Vasilieva. / Short en jean – Own. / Collant mandarine – Wolford. / Moccassins à pampilles en cuir vernis – G.H Bass. / Cartable en cuir – marché aux puces.

 

Son arrivée à la table des jeux fera grand bruit: sans pour autant délaisser ses atouts masculins qui inspirent un certain respect au regard de ses compatriotes masculin, la dame au cigare sait qu’elle doit jouer de son corps de femme. Jeu de transparence, radine sur le tissu et haut perchée, mademoiselle séduira tout autant avec ses bouffées de fumée qui annoncent la couleur de son caractère qu’avec sa féminité débordante d’une sensuelle sexualité. Celle que les mâles voient comme une tigresse a jeté son dévolu sur un peintre mais elle s’ennuie dans son château de la côte, alors elle lit, observe les tableaux, blasée… Rien ne sert de l’émasculer par ce doux soir de vengeance, mieux vaut rentrer.

 

 

 

Robe à buste dentelle – Aurore Brun / Cigare – Walter B. / Sac en feutrine – Céline vintage chez Bernard Gavilan. / Collant plumetis – Wolford. / Chaussures à talons et sangles – Rue du Brabant. / Cape noire – Vintage chez Bernard Gavilan.

 

Dans son bastion du Châtelain, la maîtresse esseulée finira son week-end de débauche en digne héritière « Lynchienne »,veuve noire en deuil d’une déception amoureuse qu’elle exprime grâce à un look gothique et trashy. Où l’on comprend qu’il n’est pas l’heure de l’approcher.  Cigarette vissée dans ce bec pourpre, elle est avec ses préoccupations, pensant à ce lundi matin où les assistants mâles seront plus que tyrannisés mais rêvant du mari qui ne la laissera pas tomber. C’est certain, il débarquera un jour sur son beau destrier avec son lyrisme pour révéler encore plus sa beauté. Elle le sait. Car quel homme voudrait passer à coté d’une si intelligente beauté pourvue de courbes diablement incendiaires? 

 

Lunettes rondes – Marché de Brooklyn. / Veste en laine – Aurore Brun. / Chemise en jeans – Levi’s vintage chez les petits riens. / Jupe en laine pourpre – Elena Vasilieva. / Collants noirs – Own. / Derby à bouts fleuris – Ambiorix.

 

Papier hommage dédié à my mommy, Mireille Soccoro, pour m’avoir insuffler l’amour de la (vraie) mode et des belles choses.

 

UN MERCI INFINI à : Julie Calbert, Justine Gustin, Constance le Hardÿ et sa maman, Aurore Brun, Elena Vasilieva, Foxhole, Bernard Gavilan, Céline Collard, sans qui … pas d’histoire à raconter!

 

PHOTOGRAPHIE : JULIE CALBERT.

MISE EN BEAUTÉ : ALEXANDRA BAUDSON

 

Bien à vous.

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