Du tout au rien: Happy Birthday M/M!

Putain ! 5 ans déjà !

 

On commence sur un coin de table dans une cuisine bruxelloise. Parce qu’on se fait chier dans un boulot alimentaire à la con et que, bon, pourquoi pas ? Parce qu’on a envie d’ouvrir notre gueule, de débattre, partager, rêver… sans prétention aucune, car même si Carine nous fascine, on n’est pas LA Roitfield. On se prend au jeu, on se laisse bercer par la vague… belge et ses nouveaux blogueurs de charme.

Arrivés certainement au bon moment, au bon endroit, on profite de l’émulation : les défilés, les comptes rendus, les trucs de conasses entre blogueuses mode. Le champagne coule à flots et ce sont les premières expériences avec ELLE. C’est la reconnaissance, c’est le bonheur jusqu’au pays du Père Noël avec Marlies Dekkers et… BAM  ! Prix du meilleur blog mode par le Vif Express, aussi inattendu que ce discours qu’on a dû prononcer, ivres morts, alors qu’on ne pensait pas avoir une chance de tenir ce petit bout de plexiglas dans les bras.

 

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Reconnaissance et pourtant grosse gueule de bois : cette mode qu’on a tant aimée est devenue le mot le plus vulgaire de notre vocabulaire. Ah ça non ! On ne peut plus la blairer, « la mode ». Elle pue l’industrie du fric et du gaspillage. On n’a pas la science infuse, hein ! On s’est juste fait une opinion. On est allés étudier son histoire au Canada, rencontrer la nouvelle vague new-yorkaise qui galère, suivre les jeunes qui sortent des écoles, travailler dans la presse classique et même dans la fast fashion. Résultat ? Qui aurait dit que nous en serions là après 5 ans ? Du tout au rien, de l’amour au dégoût, de l’avilissement à la bataille ! Ah, on n’est pas peu fiers chez M/M ! Nous partîmes 2 ; mais par un prompt renfort, nous nous vîmes tout un monde en arrivant à la Fashion Week… Parce qu’il ne faut pas se leurrer ! Entre les enculés de chez LVMH qui se font des couilles en or en surfant sur des héritages historiques qui ne leur appartiennent plus, les Hontes & Misères qui nous empoisonnent tout en réinventant l’esclavagisme moderne, le gâchis indécent d’une industrie qui n’en peut plus de produire de la merde sous couvert d’être toujours plus tendance, l’indigestion nauséabonde ne pouvait qu’être la seule issue pour une passion devenue défraîchie.

 

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La jeunesse créative prend alors le relais pour aller chasser la dinde carnavalesque ridicule qui vient parader deux fois par an aux Tuileries. Les petites mains et les plumes les plus acérées se sont levées pour mettre une bonne torgnole à toutes ces journalistes et blogueuses corrompues jusqu’à leurs démêlants capillaires. Si ce n’est pas honteux d’en être arrivé à un stade où tout le monde sait qu’il n’y a plus de libre arbitre mais que finalement le troupeau suit, bêta, mâchouillant le moindre phénomène comme une vache broute son herbe.

 

Nous ? On ne gagne pas une tune parce qu’on ne vendra jamais notre espace de liberté à des marques pourries, comme des gigolos vendent leur cul.

La-baie

 

On fait des marchés de fripes parce que c’est écologique, on défend le jeune qui s’exprime avec trois morceaux de tissu et deux paillettes dans son appartement-cave parce qu’on croit à la solidarité, à la sincérité, à l’éthique créative. On s’en bat les couilles de la suivre, « la mode », parce qu’on s’en bat les couilles des vendus qui la dictent. Aujourd’hui, chez Monsieur/Mademoiselle, on la vomit, la mode. Ce qu’on aime, c’est s’habiller. Ce qu’on aime, c’est les vêtements, les vrais, ceux qu’on commande à Bowsdontcry, Midnight Rendez-vous, Romain Brau, William Gendarme, Patrons, Mal-Aimée, et on en passe des plus talentueux encore. À ces jeunes qui croient d’abord à leur savoir-faire et à ce qu’ils ont envie d’exprimer et à ce que vous, vous avez envie d’exprimer ! La tendance ? Une obscénité tellement vue et revue qu’elle n’a plus rien de… tendance ! Et c’est grâce à ce foutage de gueule stupide qu’aujourd’hui, M/M vit de fête, de musique, de performances, de nouvelles formes d’art, s’étend, se propage et collabore encore et toujours pour aller vers de nouveaux horizons… On écrit à notre rythme par flemme (reconnaissons-le) et aussi parce que quand il n’y a rien à dire, mieux vaut se taire. Fermer sa gueule pour ne pas être obligé d’évoquer ce néant de Nabilla. Pas de buzz, et… ? On va, vit, danse, boit, chie, baise… doucement et on est PUTAIN de fier de ça.

 

La-baie

 

Monsieur/Mademoiselle, c’est l’apologie du beau, du lent, du pur, de l’éthique, de l’écologique, de l’amour, des copains qui deviennent famille. Et ça grandit, grandit, grandit… petit à petit… Que tu nous aimes ou pas, ce n’est pas grave parce qu’on y croit, à notre rêve d’un monde où tu troqueras ta broderie contre un DJ set à ton anniversaire, parce qu’on préférera toujours s’habiller chez Emmaüs qu’avoir un sac Louis Vuitton fabriqué par dix enfants chinois. Des voix plus connues que nous commencent à gronder et à balayer les Géraldine Dormoy, Betty et autres GaRANCE. Le tri se fera tout seul… Viens danser avec nous, la RÉVOLUTION APPROCHE !

 

Monsieur/Mademoiselle fête ses 5 ans tout en amour et opinions tranchées ! À samedi ! Bisous.

 

PS: Un GRAND, GRAND, GRAND MERCI à tous les collaborateurs qui sont tellement nombreux qu’il est impossible de tous les citer, mais un big up à Emmanuel Charpin, qui a supporté toutes les fautes d’orthographe depuis le putain de début !
 
Bien à vous,

Stèv – Rédac’chef

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