Série mode: Fantasme goudronné

Flânerie lors d’une promenade dans votre chère et tendre ville : il fait beau, le soleil tabasse vos bras nus, un petit vent frais atténue la chaleur implacable, vos lunettes de soleil vissées sur le nez font rempart entre vos yeux et ce que vous matez du coin de l’œil… Personne ne vous voit mais la salive dégoulinant de votre bouche vous trahit.

 
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Pull: James Long / Chemise: Tillman Lauterbach / Pantalon: Charles Anastase / Shoes: Diego Vanassibara / Casquette: New Era x Juun J

 

Ils sont partout, ces garçons de la rue, archangéliques, fantasme goudronné capturé en quelques secondes par un regard photographique. Quelques secondes où le hipster à chemise bariolée, le businessman rentrant de la Défense, le skateur juvénile ou encore le hippie de la fac de lettres se transforment en amant créé de toutes pièces par votre cerveau. On le regarde furtivement de la tête aux pieds, on se retourne sur son passage, matant ses fesses. On espère qu’il se retournera aussi et on s’invente sa propre histoire : un sourire, un échange de regards, le cœur qui bat fort et vite. On ne sait pas quoi faire, il vient nous parler, il est ému, bégayant l’envie de se revoir… Pouf ! Fantasme goudronné, ça n’arrive que dans nos rêves. Une échappée du réel qui donne de la puissance à nos envies. Histoire que l’on aimerait raconter quand on demande : « Comment vous êtes-vous rencontrés ? » Ah, ces garçons que l’on croise à longueur de journée…

 

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Sweat: Walter Van Beirendonck / Pantalon: Andrea Cammarosano / Bonnet: Tillman Lauterbach / Shoes: Juun J

 
On espère le retrouver dans la nuit noire des clubbing les plus moites, il nous servira de pornographie imprimée à l’aube du coucher. Il est de ces poésies d’amour que l’on aimerait voir écrites un jour sur du vrai papier. Continuez de vous retourner ! Chaque fois qu’il intimide vos sens, il se pourrait bien que vous soyez son fantasme goudronné.
 

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Cardigan: Henrik Vibskov / T-shirt: Gareth Pugh / Pantalon: Henrik Vibskov / Shoes: Juun J / Casquette: New Era x Juun J

 
Ah, qu’il est bon de rêver au cours d’une journée dont le but est de ne pas en avoir. Croiser les garçons d’une minute qui deviendront par notre imagination ceux d’une vie. Qu’il est bon de flirter avec ses songes, d’ensemencer un jardin dont nous sommes les seuls à avoir la clef. Illusion ultime où la chaleur  développe la chimère et l’improvisation de l’excitation: quand le corps ne réagit plus qu’à l’excès, quand le désir dépasse toute modération morale… Que l’érotisme est divin dans la complexité notre propre soi.
 

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Fourrure: Romain Brau / Débardeur: The Soloist / Pantalon: Walter Van Beirendonck / Shoes: Juun J / Lunettes: Vintage

 
Mise à l’honneur de ces inconnus qui ne font que passer comme des fantômes, qui ne savent rien de la sensualité qu’on leur accordent et de la jouissance qu’ils nous procurent. Sacrement de ces anonymes qui nous tourmentent. L’envie d’une série Mode où l’homme est un objet sexuel comme les autres… L’envie de manipuler le fantasme pour le rendre palpable.

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Il est de tous les styles et de toutes les cultures, appropriez-le-vous. Faites-en le jouet de vos nuits : nous l’avons photographié pour ça. Il est à vous, on vous l’offre. C’est notre cadeau de retour, un vice que l’on a tous eu à un moment ou à un autre, inavoué souvent, évident parfois : les garçons de la rue, ce fantasme goudronné.

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Gilet: James Long / Chemise: Walter Van Beirendonck / Pantalon: Cédric Jacquemin / Shoes: Clarks Vintage

 

FANTASME GOUDRONNÉ

Une série mode réalisé par le M/M CREW

Photographie: JULES FAURE.

Stylisme: CÉCILE DAVID.

Texte: STÈV ROMANI-SOCCORO.

Modèle: AUBRY FARGIER.

Direction Artistique: STÈV ROMANI-SOCCORO, JULES FAURE, CÉCILE DAVID.

THANKS TO: RA, LAURENT KAUS, ROMAIN BRAU.

 

Bien à vous.

Série Mode: VALRAS-PLAGE 1986

 

BLACKRAINBOW X MONSIEUR / MADEMOISELLE

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Quand on a annoncé qu’on allait faire une série spéciale avec Blackrainbow, un sourire moqueur s’est dessiné sur quelques lèvres : « Trop hipster ! », qu’on nous a dit ! Pourtant, on kiffe le magasin streetwear de la rue des Archives dont nous avions déjà fait l’éloge dans un article précédent. Il n’en fallait pas plus pour qu’on décide de jouer le jeu à fond les gifs animés. Après tout, avant d’avoir lancé une fatwa contre nos barbes, nos sweats imprimés chats et nos goûts musicaux douteux (qu’on essaye à coup sûr de faire passer pour du génie oublié), on nous attribuait une certaine créativité abreuvée de crédibilité.

 

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PAUL: chemise – STUSSY / jeans – CARHARTT / casquette – NORSE PROJECTS /

ZOÉ: tee-shirt – LEROY JENKINS / legging – American Apparel / shoes & bandana – vintage /

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Il était temps de revenir à la source de la gloire de cette contre-culture et d’ériger le ringard comme apogée du cool. Nous sommes persuadés qu’idolâtrer son châle de mamie ou porter un tee-shirt à l’effigie de Sauvés par le gong est encore un acte de rébellion face à cette perpétuelle envie de nous dicter ce que l’on doit porter ou pas. Nous voulions faire la parfaite photographie de ce que rêverait d’être le typique passant de la rue de Bretagne … que le premier qui n’y trouve pas une pointe de désir nous jette la première paire de Vans à la gueule !

On s’est donné pour mission de réinsuffler une dose d’humour (et de cul, ça marche toujours) alors que le hipster fait presque débat de société. Il était devenu presque primordial de montrer que le streetwear d’un certain standing pouvait être approprié avec une ironie flatteuse et très mode sans forcément devenir une sorte de Berlinois conceptuel à la limite de l’agacement.

 

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PAUL: teddy – STUSSY / chemise – NORSE PROJECTS / short – LEROY JENKINS / casquette – LESS /

ZOÉ: chemise – CARHARTT / short – American apparel / shoes – vintage /

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Valras-Plage 1986 ne pouvait être que l’extrême expression du cliché pour montrer que cette boutique, repère du hip, possède les pièces les plus cool de la planète. Ne jamais s’arrêter au qu’en-dira-t-on et ne finalement suivre que ses envies, tel devrait être le credo des adorateurs de la mode.

Paul Gautier (alias Polly Pock), la geek dandy aux jambes de rugbyman, et Zoé Coulon, la Kate Moss sous acide punk, étaient plus que parfaits pour photographier cette scène érotico cliché de ce qui se fait de plus désirable chez l’Arc-en-ciel Noir.

Évidence d’un lieu comme le café Le Temple, recouvert par le léopard et les Marilyn Monroe comme symboles absolus du bar où la « branchitude » pourrait se retrouver pour être à contre-courant. Acte de rébellion, on vous dit ! Ça prouve qu’il n’y a pas lieu de se prendre la tête. Pas besoin d’aller au vernissage Vuitton sur le toit de Pompidou pour être quelqu’un. Une histoire de vacances où la belle viole son prince enivré par l’alcool dans ce restaurant de station balnéaire. En ressort une série hommage à un Guy Bourdin plongé dans l’absurde, les gifs animés venant appuyer notre théorie de l’autodérision.

 

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L’histoire de la fellation dans les toilettes est venue naturellement tant on se régale de vous mettre à chaque fois un peu de fesses comme signature évidente de notre rédaction coquine. C’est vrai qu’on aime les choses un peu sales… et les sourires deviennent moins moqueurs, car plus surpris par cette audace.

Pour les vêtements, du Carhartt évidemment, du Norse ProjectsLeroy Jenkins et Stussy sans oublier runnings, touche bandana, casquette Less et denim taille haute… On est allés jusqu’au bout du kikoo/LOL. On voulait que ça soit ironique, cool jusqu’à la satire et connoté mode sans trop (Vogue) en faire. Vous avouerez que Paul & Zoé sont sexy à vouloir faire un ménage à trois. Pas à les frapper à la terrasse du Charlot.

 

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Blackrainbow est une chouette boutique où l’on est toujours bien accueilli, où les pièces valent le détour et où le hip n’est pas un gros mot.Alors maintenant, ouvrez les portes de la prison dans laquelle les podiums tentent de vous enfermer. Explosons les tendances de ce qui est faux ou pas et jouons-nous des clichés les plus absolus pour en faire du beau. Ne nous arrêtons surtout pas à ce que le marketing essaye de nous imposer, il n’y a rien de plus nauséabond. Nous vous donnons rendez-vous pour une pomme d’amour à Valras-Plage et dans la rue de Bretagne ; en Blackrainbow, évidemment.

 

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PAUL: veste & short – CARHARTT / tee-shirt – NORSE PROJECTS / 

ZOÉ: chemise – NORSE PROJECTS / jean – vintage /

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Bien à vous

Alors, c’était comment Hyères ?

 

Comment dire… Surprenant ? En tous les cas, je ne m’attendais pas du tout à ça. Nous, on s’était préparés en mode « chagasse de la fashionasse », remplissant nos valises des pièces les plus fortes qu’on avait en stock. Autant vous dire que c’était le carnaval des imprimés improbables et des coupes immettables… On n’aurait peut-être pas dû.

 

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Déjà parce que j’avais oublié qu’être la femme Céline, ça marche à tous les coups ; deuxio, parce qu’il a fait un temps juste ultra pourri pendant quatre jours. De la bonne vieille pluie non-stop, horriblement juteuse, avec un ciel bien gris, bien dense, qui rappelle que l’ex-Union Soviétique a existé un jour. Vous allez me dire : « C’est pas de la faute des organisateurs si le temps était rance ! ». Certes. Malheureusement, j’y ai trouvé la mode tout aussi grise… dans l’ensemble. Ne crachons pas dans la soupe, Damien Ravn ou Henning Jurke ont largement rassasié mes désirs de sadomasochiste de la créativité ; mais en général, ça manquait de vigueur dans la sélection. Du moins, je ne m’attendais pas à des collections aussi évidentes. Pour moi, Hyères est un laboratoire d’expérimentation et je pense que je suis resté scotché sur la présentation de Lespagnard et de sa Jacqueline qui m’avait donné l’envie de suivre ce festival d’année en année. Pour cette 28e édition, j’ai retrouvé une mode de qualité, intéressante et surtout qualitative, mais il manquait un dépassement des frontières ; on est resté dans de l’accessible alors que j’aurais cru y trouver de la matière fraîche, aussi décadente que décalée.

 

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Je dois dire que nos deux soirées au Pink, fleuron local de la nuit hyéroise, n’ont pas aidé à rendre le séjour plus grivois. Non, je ne cherchais pas à me retrouver dans une Flash Cocotte sudiste mais j’ai ressenti comme un malaise entre les gens qui étaient descendus pour le festival et les habitués du lieu. Je n’irais pas jusqu’à dire que nous avons été victimes d’homophobie, mais je peux vous assurer que je ne me suis pas senti rassuré par l’ambiance locale. Et ça, c’est pas cool du tout. Ça joue sur la qualité de l’événement.

 

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Reste que le festival de Hyères a cette aura que personne ne peut dézinguer, la villa Noailles jouant son rôle de garde-fou du beau et du surréalisme comme il est impossible de le vivre ailleurs. Cette édition m’aura plus ébloui par le travail photographique présenté et bien évidemment par l’exposition consacrée à mon maître absolu : Guy Bourdin. Se promener dans cette incroyable maison où défilaient des maris plus incroyables les uns que les autres, entre les clichés qui sentent le cul de notre ami Guy, m’a donné la trique. J’avais l’impression d’être dans une maison close chic où l’art rencontrait les plus beaux spécimens de mâles en goguette. Excitant de découvrir des inédits du maître tout en zyeutant des inédits de la nature. Tout aussi heureux de retrouver le travail de Pierre Debuscherre, jeune Bruxellois qui fait frémir toutes les rédactions de mode avec ses œuvres déstructurées, décomplexées et diablement poétiques. Retrouver la Belgique à mille lieux de là où elle devrait se trouver fut un régal qui en a fait chialer plus d’un, surtout à la fin du visionnage de son film présenté pendant le festival…

 

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Conclusion ? Je crois qu’à force de poser mes guêtres autour d’un verre de vin blanc avec des artistes contemporains et des photographes, je deviens de plus en plus exigeant avec la mode. Je n’ai pas été déçu mais vraiment surpris de ne pas trouver une collection qui me donne envie de tuer ma grand-mère pour l’obtenir. J’avais pensé que ce serait là que mes yeux brûleraient en 2013. Force est de constater qu’il n’y a pas besoin de partir très loin de chez soi pour avoir des coups de sang. Y retournerai-je en 2014 ? Évidemment ! Pour les maris, pour la villa Noailles, pour tous ces photographes de génie et sûrement pour dire : « La mode y est carrément plus jouissive que l’année dernière… ».

 

Bien à vous.

House Of Moda x Romain Brau x M/M

 

Le vent aurait détrôné Paris de ses monuments ce soir là… l’électricité ne fonctionnait plus… on pouvait suivre son chemin de mémoire…  ce soir là, j’avais un rendez-vous. Un bon groupe de copines qui aurait du frapper à ma porte il y avait déjà une heure. Du sable rentrait sous ma porte, l’impression que tout n’était qu’à deux doigts de se détruire planait au dessus de ma tête. Etouffante et lourde sensation. J’allumais une autre bougie. Lucille jouait du piano pour elle. Pour moi ? Oui pour nous. J’attendais. C’est 30 minutes plus tard que la porte grinça: Stephane Von Brach ! Il souriait à moitié. Timide ? Peut-être  … non. Non, pas timide. Notre petit Stéphane…

 

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STÉPHANE porte le sweatshirt thernoformé de chez JUUN.J et le short porkepine de chez BLESS.

 

Cette rencontre fut comme un morceau de basse dans un tunnel au sol recouvert d’eau, où les vibrations viennent de loin pour vous pénétrer droit au cœur! Je n’irais pas vous dire que Stéphane est quelqu’un de souriant et de chaleureux aux premiers abords mais après quelques minutes d’une intense conversation on ressent le miel qui coule dans ses veines.

Afin de comprendre la vie d’aujourd’hui, il est intéressant de sentir celle du passé. Sûrement notre ami profitait-il de la vie de bohème du 19ème siècle! Et fut un grand rebelle du début du siècle passé. Un caractère très feroce et une âme si douce. 23 ans et beau garçon, si c’était moi je lui laisserais pousser les cheveux. Je sais que je dis ça de tout le monde mais Stephane a un je-ne-sais-quoi qui fait qu’on a envie d’écarter ses cheveux afin de lui caresser le visage pour se sentir proche de lui. Nomade des années 2000, Steph Babe crache sur Paris mais lui baise les pieds dans ses idéaux futurs. Pensant à son passé à Toulon et programmant son futur dans la cité agressive et vibrante qu’est Chicago, Stephane prépare son petit voyage pour exercer ses passions. Un petit passage à New York est programmé, bien évidemment, pour continuer à travailler avec ses supports préférés (le dessin et la photo). Quelques pastels et un vieil argentique, et voici notre artiste sur le chemin du bonheur. Parmi tous ses voyages, Paris reste une ville aux merveilles, pas facile à baiser avant qu’elle nous baise tous… Encore faut-il savoir la flageller avant qu’elle nous jouisse en pleine bouche ! Stephane a des idées sur tout ca. Acteur et spectateur à la fois, il est facile de décrire la scene sur laquelle il évolue. Entre les grands moments de sa vie, comme une simple performance sur le Pont des Arts avec sa suivante Mona, en mélangeant un peu de Shakespeare – une touche d’Hamlet – avec un soupçon d’agressivité et une bonne bande de potes : voilà la recette pour que tout bon touriste saute de ce pont pour y travailler leur plus belle brasse coulée… Et les soirées folles de la scène «  underground » de Paris : House Of Moda.

 

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CRAME porte un manteau en plume d’autruche, coq et marabout par ROMAIN BRAU et un short JULIAN ZIGERLI.

 

Ahhhhh paradis de la vie !!!  Jardin des perturbations écologiques !!! Lit de folie ! Tout y glisse et explose à la House Of Moda ! J’aime personnellement arriver nu, le sexe décoré de pâquerettes sur un plateau de cuivre brossé d’or porté par quelques jeunes esclaves aux membres si lourds et si parfaits !

 

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RENO porte un top et des chaussures MOONSPOON SALOON et un short imprimé UTE PLOIER.

 

Pardon, revenons à Stéphane ! Tout ceci est si excitant. On a beau lécher le présent, on a toujours peur du futur ! Eh bien pas Stéphane. Stéphane aime nous faire du bien. Il vous connaît sans vous rencontrer. « Qui m’aime me suive » criera-t-il lors de son « come back » dans la ville de lumière. On a tous la clef d’un endroit parfait. Un musée vivant de la vie, dit-il ! Un musée Grevin sous acide ? Un lieu de rendez-vous pour nous autres ? La House of Moda de jour ?  Pour celui ou celle qui a envie d’être et de vivre de la manière qu’elle a choisie peut-être… Mais bordel, Stéphane !! Pourquoi partir pour mieux revenir ? Reste enfin! Et donne nous ton musée vivant !!!! On aime les surprises chez Monsieur/Mademoiselle ! On croit en toi, nous. On fera tout ce que l’on peut pour t’aider en tout cas… Ahh !!! On frappe a la porte. Il souffle bien moins fort on dirait !!!! Dieu soit loué, l’électricité est revenue !!! C’est en ouvrant la porte que je vis arriver au loin dans les airs les 3 fées Gnasses: la fée Lation, la fée Condé, et la Fée Pas-attention-à-elle. C’est en un coup de baguette magique qu’elles nous ont revêtu des plus beaux vêtements du monde tout droit venus de la meilleure boutique de la terre… « RA ».

 

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JULES porte un top asymétrique RAD HOURANI, un pantalon imprimé JULIAN ZIGERLI et une pochette PIECCO PANG.

 

Merci à la sorcière Myrtille d’avoir pu tirer tant de beauté et de grâce de nous, simples fleurs de la nuit. On pousse peut-être à l’ombre, mais comme chaque individu nous avons un mot à dire.

 

Réalisation: Romain Brau / Photos: Myrtille Moniot / Art du cheveux: Antoine Mancini / Stylisme: RA Paris / Modèles: Stéphane Von Brach + House Of Moda.

 

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ROMAIN porte une combinaison et des accessoires PIERRE ANTOINE VETORELLO.

 

A très vite, Romain Brau.

House of Moda, Gaîté lyrique, orgasme.

 

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Vous pourriez croire que c’est un éloge dû au fait que ce sont mes potes qui organisent la House Of Moda, mais ce serait être un brin trop premier degré… En effet, ce n’est pas très éthique de savoir que Jules Faure est aussi actif chez M/M que chez HOM mais pour vous rassurer, je peux vous affirmer que je m’y rendais avec un certain scepticisme. Pour tout vous dire, j’y suis allé parce que Renaud Duc m’avait mis sur la liste et que vu que le nombre d’invitations était très limité, c’était un honneur… et une mort certaine si j’y pointais pas mon petit cul. J’avais peur que ce soit trop snob : la gaîté lyrique, bordel ! C’est quand même vachement intellectuel ! Un peu trop conceptuel pour moi. Le tour de force de ces génialissimes créatifs est là : faire de ce lieu aux abords légèrement condescendants un OVNI de la fête où ça puait un New York arty. On n’était pas à Paris ce soir-là, on était comme plongés dans un bain neuf jamais ressenti auparavant. On était dans l’unique.

 

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Des monstres de mode, il y en avait, plus lookés les uns que les autres, beaux mais beaux à en crever ! D’où sortaient tous ces gens inconnus au bataillon ? Ça a dragué à cette House of Moda ! Comment aurait-il pu en être autrement ? La salle principale transpirait des beat pornographiques, accompagnés d’une projection tout aussi inénarrable. On a sué à l’intérieur d’un cube géant de métal où Madame Perroquet, alias Renaud Duc, nous a mis en jambes avec un mix de musiques sales qui sentaient le sexe. Cette image de Madame Perroquet derrière ses platines, exaltée par un rideau d’images incongrues géantes balançant un Brodinski dans la nuit noire et moite, est mon meilleur moment clubbing depuis la perf’ de Trentemoller à Amsterdam. On se serait cru dans une rave party des années 90, les punks à chien en moins, le chic à la française en plus.

 

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Une bien belle mise en jambe exotique avant la magnifique prise d’otage auditive par Club Cheval qui m’a terrorisé la culotte pendant deux heures. De la vraie techno dans une soirée à tendance méga pédales, c’est tout ce dont je rêve depuis mes années FanKlub à Anvers. Presque dix ans que j’attends de ne plus me contrôler sur un set : les mecs de Cheval l’ont fait. C’était énorme et en complet décalage avec le reste. J’aurais pu défaillir à plusieurs reprises si je n’avais pu sortir du cube pour aller contempler les merveilles extérieures : ambiance ultra mode pour maris ultra sexy et filles à la beauté froide. Il y en a même une qui portait un chapeau « caca » sur la tête… On a dépassé l’incongru pour une soirée irréelle dans laquelle se mêlait une faune ultra mixée sur un son qui m’a rappelé mes années suaves de Londres. On a rarement fait aussi chic dans l’underground parisien, et le tout sans prétention aucune. Ça parle, ça se contacte, ça se connecte, on n’est pas dans les codes de la mode classique. C’est la jeune génération qui vient tambouriner des pieds et faire des rencontres si le plaisir le veut. Qui a dit que Paris était mort ?

 

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Mais c’est la prestation de François Chaignaud qui marque sans doute le plus. Avec un show qui transmettait son infaillible confiance en lui, Chaignaud a rendu la salle assoiffée d’amour en éclatant les clivages de la possibilité du corps et des genres. Énorme sensation que la House of Moda devenait un cabaret moderne digne des fêtes les plus créatives à travers le monde. Nous n’avons rien à envier aux autres capitales. Sans hésiter, ce fut une des soirées les plus cool de ma vie. Il est rare que je danse autant, que je bave autant et surtout que je me sente aussi à l’aise dans un tel tourbillon de freaks.

 

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Que ce soit notre délicieux directeur artistique méconnaissable en Miss Candy ou Crame en mode Debbie Harry Yeti, il y avait de quoi halluciner sur les efforts créatifs. Les photos parlent d’elles-mêmes. Il est certain que ça fait du bien d’aller à une fête qui sort à ce point de l’ordinaire… Je suis encore un peu en transe, j’y ai fait un shopping maris incroyable ; forcément, je suis fier de mes potes. Il serait alors fort égoïste de garder un orgasme dans le secret en faisant dans l’éthique aujourd’hui.

 

Bien à vous.

Série mode: Veja x M/M

Cécile boxe avec les DL Clémentine Blood en cuir tanné aux extraits d’acacia et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

Le but était de décontextualiser Veja. Connue pour son aura verte, respectueuse autant de la planète que de l’être humain, la griffe est d’abord présentée pour ses qualités éthiques et moins pour ses valeurs « modistiques ». C’est beau de voir qu’un objet d’ornement peut être considéré comme intellectuel au vu des parutions dans Le Monde ou même Libération. Or il était intéressant de mettre la griffe sur un autre axe pour voir ce que ça donnait, de mettre aussi en valeur son fluide mode. En plus, c’est la période où la running orne tous les pieds couture de la planète, c’est pile poil le bon moment pour triturer cet objet et le traiter en accessoire de mode avant tout le reste.

 

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 Emmanuel se pomponne avec les Arcade, London Red Burgundy, en toile de coton bio et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

On a comme l’impression que Veja n’est presque connue que pour son label écolo. C’est dommage car il existe une gamme très diversifiée qui va de la simple basket de toile à la sneaker de ville en cuir d’un chic absolu, en passant par la running aux allures rétro. Le lookbook est extrêmement beau et très bien fourni d’ailleurs. À voir. Il n’y a donc pas que l’aspect éthique qui est intéressant, mais bien une affaire de mode que l’on oublie trop.

 

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 Jules préserve la nature avec les derbies Greg Asner en toile de coton bio et caoutchouc sauvage d’Amazonie.

 

On désire ces cuirs travaillés à la main qui sentent la qualité mais on a aussi envie de paraître ultra moderne quand on dira que l’imprimé de notre basket a été réalisé à partir de photos thermiques prises pendant un vol au-dessus de l’Amazonie. Ça en jette. En plus de consommer intelligent dans le respect de la condition humaine, Veja nous transporte dans un monde de qualité esthétique pour un budget abordable. Il fallait en parler, bordel ! C’est assez rare pour être noté. Alors que Bruno Pieters s’est lancé dans une affaire couture complètement éthique et que la question se pose de plus en plus dans le milieu de la mode, Veja fait figure de pionnière dans cet engagement et on a peut-être oublié de parler aussi sa créativité débridée.

 

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 Shania lit avec les Méditerranée, Auburn Moonrock en nubuck tanné aux extraits d’acacia et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

La cerise sur le gâteau, c’est que Veja est une marque avec laquelle on peut tout faire ; voilà le constat. Comme toutes les baskets, on peut pratiquer n’importe quel sport, c’est leur fonction première. On n’est pas cons, non plus. On peut les porter pour aller en soirée, certains modèles faisant penser à des baskets de ville avoisinant la chaussure de créateur à la « Common Projects ». Classe. Tout autant que les modèles sobres font très « cérébral » : du coup, pas de problèmes pour se rendre au bureau. On peut tout faire en Veja et, encore une fois, avec cette idée que l’on consomme ultra intelligent et surtout écologique. Du coup, Veja fait jouir et là, vous comprenez le concept et vous avez notre processus créatif. Emballez, c’est pesé : dégustez !

 

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 Stèv jouit en Veja Auburn, en cuir tanné aux extraits d’acacia et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

Cécile David est aux commandes de la scénographie et d’une sélection pensée dans la diversité ; Jules Faure est derrière l’objectif. Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Brutalité, minimalisme et concept second degré, recette élégamment appliquée par le duo David-Faure. Et moi ? Je me branle dans une chaussure. Je jouis car je trouve ça cool que l’on est imaginés une façon sobre de présenter un accessoire là où on ne l’attend pas. Veja devrait déjà avoir obtenu ses galons dans des séries mode couture où règne le mix and match.

 

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Giulia consomme les Veja Derbies, Sun, Clementine et Barbade en toile de coton bio et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

Veja x Monsieur/Mademoiselle : un vrai travail d’équipe, vu que c’est bien notre crew qui pose. Un mélange des idées que nous évoquait la basket. Un mélange des inspirations pour exposer, d’une façon inhabituelle, cet objet qui représente nos valeurs. Et puis pourquoi faire un casting quand on a de telles tronches à disposition ? Avons-nous réussi le pari de vous surprendre ? On est fiers d’avoir travaillé avec cette marque. En tout cas, c’est notre vision de cette griffe qui nous parle… Vous voulez tester ? Y en a une pléthore de disponibles à la boutique du Centre Commercial au 2 rue de Marseille, près de République et sur le Veja store. Allez voir si vous trouvez chaussure à votre pied. Nous, c’est déjà fait.

 

RÉALISATION: CÉCILE DAVID ET JULES FAURE

MISE EN BEAUTÉ: CHLOÉ RIBERO

TEXTE: STÈV ROMANI-SOCCORO

 

Bien à vous.

Série mode: les amoureux d’automne


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Charlie: Pull torsadé en laine beige et or – James Long / Collier géométrique en laiton – Ariel De Pinto / Pantalon imprimé – Konkon To Zaï / Chaussures – Doc martens

Jérémie: Cardigan fou en laine – Sister By Sibling / Col collier – Heaven Tanudiredja / Chemise blanche double col – Six Lee / Pantalon large – Franck Leder / Chaussures – Depression

 

L’un avait une Gitane coincée au coin du bec, la tête dans la lune, assis sur sa caisse de bois, quand l’autre s’était égaré dans une rue qu’il n’avait jamais traversée. C’est à ce moment-là que leurs regards se sont croisés… puis recroisés. Coup de foudre ? Ça n’existe pas. C’est une légende inventée par ceux qui pensent que leur destinée est trop banale. Coup de sang ? Évidemment. Violent coup de sang. Quand ça bouillonne dans   les veines et que la tête se perd à en oublier l’espace-temps. Un moment où la seule chose qui compte, c’est le fait que… leurs regards se soient croisés. Le blondinet l’a aimé tout de suite sans barrières, sans limites, sans concessions, sans cette architecture que veut dicter la société. Le ténébreux s’y est engouffré avec la même envie et une démesure réservée. Incontrôlable. Passion. Explosion.

 

Charlie: Chapeau melon – Mouton Collet / Chemise robe – a.Knackfuss

Jérémie: Pull bi matières – Ute Ploier / Chemise effet jean – The Soloist / Pantalon – Jan Jan Van Esche

 

Les choses étaient belles, il ne fallait pas s’effrayer. Ces enfants de la génération moderne ont correspondu avec la beauté des mots, la technologie remplaçant papier et plume. Longtemps avant que les lèvres ne deviennent plus farouches, longtemps avant que l’orgasme charnel ne devienne leur « on ». Ils se sont aimés. Oh oui ! Ils se sont aimés, les Amoureux d’automne… jusqu’à en crever. Toutes les rues par lesquelles ils sont passés devenaient colorées. Hasard de cette rencontre à une époque où les feuilles des arbres jaunissent et finissent par mourir ? Il n’y a pas de hasard. L’automne sera leur saison. Ces Amants se sont passionnés, trop vite, trop fort, sans se laisser le temps de voir le printemps. Le blondinet l’a noyé dans un bouquet d’amour trop frais, le ténébreux s’y est étouffé. Leurs regards ne se sont plus croisés, ils se sont fuis. Leurs corps ne sont plus réunis : ils se sont évadés, froids comme l’hiver qui approchait et qui applaudissait devant la catastrophe inévitable. Les Amoureux d’automne ne seront plus les passionnés de l’hiver. Ce n’est pas la faute du blondinet qui s’est abandonné. Ce n’est pas la faute du ténébreux qui s’en est allé. C’est la faute de cet amour, polisson, sournois et indomptable.

 

les-amoureux-d-automne

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Jérémie: Chemise verte imprimé – Henrik Vibskov / Pantalon beige – The Soloist / Collier Origami – GEM SESSIONS by Sayaka Yamamoto

Charlie: Pantalon imprimé fleurs – Swash / Bonnet pompon – Misu à barbe / Veste officier kaki – Frank Leder / chemise ivoire – Jan Jan Van Esche

 

Les blessures sont vives et ne cicatriseront pas. La plaie est béante. Ils montrent leurs larmes, appellent à l’aide, cherchent du secours… Ils n’en trouveront pas. Seul le temps possède la force maternelle de les bercer d’apaisement. Se retrouveront-ils ? Qui le sait ? La vie, les autres souffrances et blessures, les pleurs et les rires, les joies et les fiertés… Les autres amours, ceux de l’hiver, du printemps et de l’été. Les Amoureux d’automne se sont cassés mais ils continueront de s’aimer au gré des rues colorées… autrement, plus fort encore ? Pourquoi briser la beauté née de cette fatalité ? Un jour, ils guériront. Ensemble, ils trouveront le moyen de réparer l’éloignement qu’ils ont sans le vouloir eux-mêmes créé. Tant de vie quand la nature meurt ne pouvait pas simplement être le fruit d’une Gitane allumée sur un caisson de bois et d’une rue sans nom. Les Amoureux d’automne se croisent et se sourient. Les Amoureux d’automne ne s’oublient pas. Ils dansent autour des feuilles qu’ils ont vues tomber. Comment se séparer quand on s’est tant passionné ? Les secondes, les minutes, les heures, les années, les feuilles mortes et celles qui renaissent seront les réponses de ce conte, beau et fort, qui ne fait que commencer… Cette belle toile a déjà été peinte. Volupté.

 

 

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Charlie: Pantalon + jupe carreaux – Kokon To Zai / Chemise noire – Jan Jan van Esche / Epaulette céramique – Uncommon Matters

Jérémie: Manteau kimono bleu – Jan Jan Van Esche / Chemise blanche – Six Lee  / Chaussures à noeuds – Depression

 

Je t’aimerai jusqu’à la fin de ma vie, mon ténébreux. Quand les feuilles mourront de nouveau et qu’elles renaîtront, encore et encore… Peu importe qui nous deviendrons. Il n’y a pas de hasard à nos regards qui se sont croisés. Ton blondinet.

 

Cette série mode homme a été photographiée par: Jules Faure.

Mise en scène et stylisée par Cécile David.

Texte par Stèv-Romani-Soccoro.

 

Nous n’avons pas utilisé une quelconque mise en beauté car nos modèles étaient beaux, tout simplement. Ils n’avaient pas besoin d’artifices pour incarner ces amoureux maudits. Je les remercie d’ailleurs d’avoir pris de leur temps et de leur énergie pour nous accompagner dans ce projet. Je tiens à préciser qu’ils incarnent mon texte mais qu’en aucun cas celui-ci ne les représente : non, Jérémie Lapeyre, le chanteur de Loki Starfish, n’a pas eu d’aventure amoureusement tragique avec Charlie Coincoin, le seul étudiant en droit punk que je connaisse. Merci à RA et à son co-fondateur, Romain Brau. Ce texte est dédié à ma mère, Mireille.

 

Bien à vous.

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