Les garçons du métro

S’il y a un truc que je déteste plus que tout au monde, c’est me lever. C’est juste l’enfer quand ce putain de réveil sonne. Alors je snooze jusqu’à la dernière seconde. Je me douche encore plus vite que Nicki Minaj ne « twerke » et je file m’intégrer à la société, généralement sans bouffer, sans café, avec les yeux qui collent. C’est alors que le métro pourrait être l’enfer.
La musique dans les oreilles pour me couper du monde ? Ça m’agresse. La lecture comme alternative ? Ça ne sert à rien puisque j’ai tellement la tête dans le cul que je ne comprends absolument rien à ce que je lis. J’ai trouvé une activité bien plus passionnante : je regarde les garçons. De la tête aux pieds. Je kiffe analyser comment s’habillent les hommes de nos jours quand ils se rendent à leur gagne-pain. Ma petite fashion week à moi, mêlée, je le reconnais, à un certain plaisir de prendre une dose de jolis messieurs avant de devoir s’enquiller une journée de job alimentaire chiant.
 
http://www.nicolasbg.com/
 
Ça fait trois ans que je fais le mateur et s’il y a un truc que je peux dire, c’est que les choses ont bien évolué. Les traditionnels costumes-cravates de la Défense qui se comptaient comme un régiment de soldats nord-coréens ont laissé place à plus de créativité tout en restant dans les limites du raisonnable : non, les Cockettes ne travaillent pas encore à la Banque de France (et c’est bien dommage). Ceci étant, on peut dire que les créateurs masculins ne cessent de révolutionner leurs vestiaires pour faire de nos chers et tendres des armes de séduction massive !
 

Dans mon étude anthropologique de l’homme qui aime se fringuer, j’ai remarqué définitivement 4 grandes catégories (note comme je suis un grand savant fou reporter de la Moooode) :

 

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– L’indécrottable Mad Man : certes, il est le plus classique et il est aussi ancien que la préhistoire, mais il a compris que Célio et Jules, c’était vraiment une merde qui le faisait plus ressembler à un vendeur obsolète de Tout l’Univers qu’à un professionnel crédible et ça, c’est vraiment LA révolution. Définitivement, les coupes sac de ces enseignes ne rendent pas hommage à la gent masculine. Définitivement, le mâle qui s’intéresse un tant soit peu à sa beauté s’en est largement rendu compte. Le nouveau trader moule son fessier dans des pantalons ajustés qui fusellent ses jambes et il montre allègrement le nombre d’heures qu’il a passées au Club Med Gym. Une vraie tablette à déguster aussitôt l’emballage enlevé.
 
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Il porte la chemise cintrée et s’octroie la futilité d’adopter des colorimétries vivifiantes ou des motifs incongrus. Sa veste assortie est tout aussi fittée et possède aussi quelques détails qu’auraient reniés les Cro-Magnon machos d’une autre époque : col châle, boutons d’apparat, matières soyeuses aux palettes improbables ou quadrillages schizophrènes sont quelques mignardises que s’accorde le nouveau Men At Play, le tout sur de la bottine en cuir bien cirée sortie tout droit de la tête du Parisien maître du genre : Philippe Zorzetto.
 
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Le nouveau PDG a compris que son apparence était aussi importante que le discours qu’il tient. Il y met donc sa touche de folie sans en perdre son sérieux. Il se voit en dandy Bowie et veut qu’on le reconnaisse pour son audace qu’il tend aussi à exprimer dans son ouvrage quotidien… Je ne m’en plains pas, je m’en lèche plutôt les babines.
 

les-garçons-du-métro@Jim Tot

– Le nouveau créa temps-partiellisé : il travaille chez Claudie Pierlot 20/h par semaine, bien qu’il déteste cette marque de connards bourges. Il n’a pas le choix : faut bien payer le musée Emmaüs qui lui sert d’appartement et bien évidemment, avoir les quelques piécettes pour se nourrir de bière dans le PMU transformé en rade électronique par ses copains fanatiques de musique, qui n’ont pour seul but dans la vie que de donner à Paris son statut de nouveau Berlin.
 

 NicolasBG2-9@Nicolas BG

 
Il a tellement ramé avec ces trois années de stage en graphisme ou en tant que 19e assistant d’un galeriste odieux que maintenant, il est heureux de son salaire de ministre, soit 700 € par mois. Généralement, entre 25 et 35 ans, il kiffe de pouvoir faire son artisanat pendant son vaste temps libre et râler sur des clients ignares pendant ces 20 heures en CDI qu’il a trouvées après 41 entretiens.
Évidemment, il porte la barbe, mais très courte, voire est presque rasé de frais, parce qu’il ne veut justement pas qu’on l’identifie à ce hipster brooklynois et à sa pilosité dépassée. Il porte des Sneakers parce qu’il veut montrer son refus de se normaliser : c’est un artiste, merde ! Mais certainement pas des Stan Smith ou des Free Run parce que ce n’est pas un loser qui suit la teeeennnndaaance ! Il ne jure que par les classic de Reebok (blanches évidemment), marque anglaise tout aussi iconique mais à l’imagerie beaucoup plus punk.
 
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Il achète ses slips et ses tee-shirts blancs, gris ou bleu marine chez Petit Bateau parce que c’est basique et français : le nouveau créatif est patriote. Ses pantalons viennent de chez Patrons par Vincent Schoepfer et ses haut de House Of Base parce qu’il connaît la qualité de la jeune création parisienne et quitte à dépenser de la tune, autant que ce soit pour les copains. Fuck les clones ! Fuck la fast-fashion ! Son habit est un manifeste anti-société de merde où tout le monde se ressemble…
Ses vestes Adidas et ses manteaux d’hiver viennent de chez Freep’star parce que de toute façon, il n’a pas franchement 200 boules à claquer chez qui que ce soit d’autre. Tout comme ses sweats ornés de mignonneries improbables et rétro 90’s car le monde est déjà assez laid comme ça, alors autant rigoler un peu… Oh merde ! Je suis un de ces mecs-là…
 

OOPS! Tu t’es endormi sur ton clavier… à suivre… 

House of Base : « Everyone’s invited. Kind of. »

 

House of Base is one of few young Parisian labels that manage to snatch the zeitgeist with a youthful, compelling energy. Yet, what makes HoB so appealing is without doubt the simplicity of its founder’s vision. I stumbled upon Seba Stolarczyck’s designs a month ago, unsuccessfully tried to talk him into offering me a wonderful sweatshirt and decided his work definitely deserved to be delved into.

 

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– There’s something very youthful, spontaneous and slightly rebellious about your designs, which also reflected very well in your « défilé sauvage » [dance happening] last June, can you tell me about what inspires you ?

When I’m thinking about a collection, I’m really thinking about sensations. I design a story, more than a special trend. Most of the time, I tell the story of a particular context. When I decided to take my boys through the streets and make it happen, I was talking about them. About that generation, in and outside Paris, that dare make things happen. I wanted to focus the attention on them, on what they had to express.
I’m first of all inspired by the energy that my entourage shares with me. I’m inspired by the beauty of simplest people, their habits. Their lifestyle, the way they dress. Their tastes.And i guess this is going to be my creative process. ‘Cause I’m a curious guy and I really want to explore people’s own worlds, that seem so close to me, while they’re not.

 

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– Is there a particular message or meaning you feel your clothes carry with them ? I think I spotted a few « spread love » or spread « unity » tags…

This is what it is all about. Spreading love. When I design an outfit, most of the time, it belongs to a character, a story behind it. It could be a feeling. The symbol of a guy I met. A memory. A state of mind.
I’m not interested in designing clothes for everybody, ‘cause i could lose the meaning. I expect people to be touched in a way. To feel their own spirit in those pieces. Each piece has a « soul » more than a price. This is what I meant by « spread unity », that fashion belongs to anyone who can reach that feeling of sharing who you are, that differences build the true unity.

 

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– What’s also striking on your garments is the vibrant mix of colours, textures and minute details, where do they come from ? You told me you spent some time in Mexico, did you draw your inspiration from that as well ?

I guess you’re thinking about the HOLI FUCKERS collection, that I built with a friend of mine, Maud Zaluski, for our Graduate collection. I was designing the menswear part. We started with the inspiration of the Holi party in India, throwing colours and energy everywhere. Then we dipped it into an underground sauce, showcased by the Club Kids for example. It was also the idea of the show.
At that time, I was that freaky boy, in search of many things. Experiences. Challenges. I was designing as I was cooking. Very spontaneously. No question. Basic finishes. It was all about the message. The idea of the desire you can feel for that kind of person, really confident, with style and attitude. That you won’t think a second that you could even talk to him one day. You know. It was a spiritual trip in creation. It was like putting colours on empty spaces. With attention more than reflection. Well. I was also partying a lot at that time.
I just got to Mexico, two months last year. It was for me the first step into the wild. I had nothing to lose. I left everything here in Paris. I had no more job, no more flat. I needed that personally. To cut every bond to my current life and I was yearning for a brand new lifestyle, new inspirations too.
When I got back to Paris, I was even more stable. I found something there I guess. And paradoxically I got wiser work-wise. Technically more careful and patient, which I didn’t use to be. I started to learn the discipline of well-finished-work. The story that came to me was also different.
I guess Mexico made me feel that I belonged where my heart was. In France. And got me closer to my country, the habits here in Paris. I had a brand new look at the city. At the people here. And they started to inspire me. The workers. That I loved to observe when I was in Mexico.The simple joy of living and sharing a vision. I guess I’m a little inside out. Now I really want to mix those practices together, the craziness and the discipline.

 

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– So you were a club kid yourself, would you say music influences your work ? Where does the name of your label come from ? (Ace of Base ?)

Music did. A lot. I was living through techno. Melancholic house. And rock n’ roll. And pop, still.
I love Ace of Base. However, this is not exactly the reason why it came like that.
Base, literally is what it is. Everything starts with a basic. It’s also the reverse of my name, Seba.
I can be very alone in my creative process sometimes, but I have to say that the people around me are the best support. They kick me in the ass and make me realize and understand, everyday, life, as it is. They’re all involved in my art. And everybody is. ‘Cause creation, and art, is the only thing I believe in, deeply.
Well, picture the idea as a whole family supporting each other in a huge house of creation and freedom. This is the House. Like it could be my house. Everyone’s invited. Kind of.

 

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– Last question, a tad more practical : you graduated from the Atelier Chardon-Savard a few years ago already, how is it going for you as a young French designer ?

I’m living La Bohème. I make love. I feel free. I have a house to stay. I’m still inspired and curious. I feel like I have many things to say. That everything’s just beginning. That it’s gonna be alright.

 

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