La nouvel compil de Plaisir De France est un Kâma-Sûtra sonore.

 

Il nous avait fait l’honneur d’être notre invité pour le bal des dégoûtantes, le premier anniversaire de nos opus clubbing Mauvais Goût. Plaisir de France avait alors dézingué le Nano avec un set d’amour apocalyptique dont on se souvient encore.

Aujourd’hui, Julien Barthe est de retour avec la sortie d’une compilation de 16 remix ravageurs qui ne laisse personne indifférent. Tuerie intersidérale que tout amoureux de la musique doit posséder et chérir comme un objet de culte façon nouvelle icône de la musique.

 

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D’Etienne Daho à George Michael en passant par La Chatte, Plaisir de France s’en donne à cœur joie pour réconcilier chanson française et musique électronique de qualité.

État des lieux pourrait s’appeler « État des dieux » tellement la recherche musicale est en quête d’une perfection absolue qu’il finit par atteindre. On est dans l’extatique, on n’a jamais rien entendu de pareil : c’est l’orgasme de France à chaque écoute tant le côté inédit et tellement novateurs de ses remix a un effet complètement physique, d’une intensité quasi hystérique. Ça donne envie de bouger, de pleurer, de catwalker, de faire l’amour. C’est multi-émotions, comme un remède anti-morosité qui rend fou, qui permet de s’échapper d’une réalité qui peut être trop terne. Le métro devient une boîte à culs où l’on drague avec le Lust d’Edouard Brown, les courses à Franprix un grand night-club où George Michael n’aurait pas refusé une pipe entre le rayon fromage et charcuterie sur Daprinsky, tandis que les pique-niques aux buttes Chaumont se transforment en grande rave pop française avec son célèbre remix d’Etienne Daho.

Plaisir de France est devenu un maître à penser dans la déstructuration/ reconstitution des morceaux les plus inattendus. Chaque note qu’il distille, d’une pop indé aux sons les plus mécaniques, est d’une rare et unique vertu qui réconcilie les intellectuels de la musique et Yvette Horner. Cette compilation est un OVNI complètement hallucinant dont seul Monsieur Barthe possède réellement le permis de conduire, tout simplement parce que la signature de Plaisir de France est aussi singulière que diablement inégalable. Jamais personne ne nous avait autant émus tout en nous faisant danser jusqu’à la sueur la plus extrême.

 

 

En parlant de sueur extrême, on s’attardera sur une de ses compos : Les Princesses, les renards d’After l’amour. Un bijou. LE bijou club empreint d’une pornographie auditive aux sonorités à jouir à même le dancefloor. Un appel à la séduction tant dans la voix rauque et suave qui balance des paroles presque sales que dans les guitares saturées, mais surtout dans les basses qui nous mènent à l’overdose de bonheur. Titre absolu que tout DJ devrait jouer quand l’effervescence de la foule devient moite et que le public a besoin de lâcher prise. Une efficacité absolue pour une délectation fatale.

 

 

Plaisir de France se pose alors en amant fécond de la nouvelle vague française de producteurs dont l’audace est la clé de voûte d’un travail où la perfection est religion. On s’agenouille devant celui qui aura réussi avec cet état des lieux à nous faire vivre un Kâma-Sûtra sonore hors du commun, à nous épuiser physiquement de sa créativité sans limites, sans accroche, sans temps mort. 16 titres, 16 positions, entre opposition et complémentarité, Plaisir de France vous fait l’amour et vous le fait bien. État des lieux ? À acquérir d’extrême urgence !

 

PLAISIR DE FRANCE – ÉTAT DES LIEUX – Disponible chez Colette, sur I-tunes et Neednowater pour la version vinyl.

 

Bien à vous.

Strasbourg et alors?

 

L’Alsace, l’odeur de la choucroute, un délicieux accent, les colombages et une particularité religieuse qui m’a toujours intriguée, voici mon verni d’a priori quand je suis parti en « retraite » strasbourgeoise. Ce qui n’était pas une surprise, c’est le charme discret de cette ville où se mêlent le vieux fantôme de l’impérialisme allemand et  une singularité régionale pleine de douceur de vivre.

 

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On boit des verres sur des péniches quai des pêcheurs, on finit au Golden à une soirée facteur, en passant d’appartements en appartements. Il y a des choses qui ne changent que peu et subtilement « en région » . J’ai néanmoins mangé l’un des meilleurs kebabs de ma vie Chez Kose (109, Grand’rue), dans une officine design ou l’on cuit les brochettes turques au feu de bois.

 

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Il règne à Strasbourg une quiétude voir un sommeil de plomb, la nuit, qui dépasse l’entendement. Lois d’exception de l’époque germanique obligent, trouver un sandwich à 4h du mat’ fait figure de cache-cache chez Lewis Carol car, ici, il faut une licence 5 pour vendre des paninis la nuit. On se retrouve devant une arrière porte sans enseigne avec un boulanger devant deux policiers, amené là par hasard, par un taxi qui avait les crocs comme nous. Divin sandwich poulet curry. Pour l’adresse… demandez à votre chauffeur, c’est trop underground.

 

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Puis vient l’événement, le festival, l’Ososphère. Point d’orgue annuel des nuits strasbourgeoises (hum), l’idée de passer deux jours de fêtes électroniques titillait la nostalgie de ma jeunesse montpelliéraine. Un lieu absurde mais intéressant, la Coop. Alors la Coop, c’est le Carrefour alsacien qui est en train de se faire manger par Edouard Leclerc, le particularisme régional en voie de disparition. Et oui, on va faire la fête dans les entrepôts de conditionnement de viande ! On s’approche et là on pense à Berlin, forcément, des bâtiments froids et magnifiques, tout bien enluminés. On avance, deux espaces répondant à des acronymes incompréhensibles qu’on aura déjà oublié après notre quatrième bière. Une première salle splendide et fermée contrairement à la deuxième, immense chapiteau ouvert. Grande déception pour l’acoustique de la première salle, immense surprise pour le trio sono-scéno-lumière de notre petit cirque électronique.

 

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En même temps, on se dit qu’il y a, du coup,  du réalisme dans la répartition des artistes. Dans notre entrepôt à choucroute, on se retrouve un peu en mode clubbing. Premier soir, on arrive devant un Fatboy Slim qui aurait pris du Steve Aoki en intraveineuse. Fatboy Slim… on a tous dansé et sué sur Right here, right now, et on oubliera jamais Christopher Walken dans le clip de Weapon of choice. Norman Cook, touche à tout pas forcément de génie et multi instrumentiste, ne se loupait pas pour sortir des hymnes commerciaux de qualité sauf qu’on le retrouve… ambianceur de soirée erasmus. Un djset à 20 000$, pourquoi s’en priver surtout quand on a une famille à nourrir ? On va pas s’étaler, mais disons qu’on a eu un best of entrecoupé de boom boom avec un mec sautillant. Passons.  Il fallait sortir de cette salle et vite. Vamos au chapiteau. Une froideur dans les lumières, un son métallique et des nappes de synthé, un teddy rouge et blanc, lunettes noires, Kavinsky is in the place. Alors on aime, on déteste, c’est hipster, bref, on s’en fou, le mec a trop assuré ! Ma sensibilité pour la froideur des autoroutes allemandes, d’une dolorean ou d’une testarossa noire suffit a me faire mouiller mon t-shirt et le reste en me transportant dans l’univers synthétique du Monsieur. Après on se rappelle plus trop, après tout c’est un festival, on parle, on boit des limonades et on regrette très fort qu’il n’y ait que des chips et des bretzels tout secs à manger. On aurait bien manger une grosse wurst voir une barquette de choucroute à 4h du mat’.

 

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Deuxième soir. Bon on a repéré les lieux, on va être plus efficace. Arrivée, direct Popof. On le connaît bien le petit des Heretik, vu de nombreuses fois dans le sud, son style tranché ne s’est pas émoussé. C’est efficace, de bon goût, pas grand chose à dire ou redire. La soirée s’annonce bien. On se dirige vers notre chapiteau préféré et là… LA CLAQUE !  Jackson and his Computer band. Un grand blond à la sick boy dans Trainsporting, devant de magiques machines reparties en colisée éclairées de vitres de plexi teintées de leds. La fascination passée, on se laisse happé par un live jeté à nos oreilles comme un drapé de Madeleine Vionnet. Des ondulations au fil de l’eau et des semonces magistrales. On est rarement déçu par les gens de chez Warp. Et puis il est temps de faire pipi !! Grand moment de convivialité dans les latrines où une forme d’anarchie joyeuse règne, on a rencontré un gentil couple ange et démon, on a refait le monde sept fois… C’était sympa, c’était festival !

 

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Puis dernier choc de la soirée Rone et on vous le dit, notre cœur a cessé de battre deux ou trois minutes à 3h44 (cf. ici). On a pas eu trop envi d’entendre du saxo avec le mix de Bakermat, on a fait une bise à Laurent Garnier et on est allé au dodo. Un lendemain de ramasse au parc de l’Orangerie, le coeur vagabond, on rêve à Joséphine contemplant les nids de cigogne d’un air lascif. On s’est bien amusé quand même et on vous dit à l’année prochaine babies.

 

B.

 

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Berlin, meine liebe.

 

Je vous préviens tout de suite, moi aussi je vais vous la faire genre : « Tant que t’y es pas allé, tu peux pas comprendre ». Tout simplement parce que j’étais comme vous. Ce dégueulis de hipster, les : « Ouais Berlin, c’est en mode trop cool, un truc unique ! » et autres : « La musique, c’est juste OUF »… J’avais du mal à la voir en peinture, la capitale allemande. J’y suis allé sans grande conviction au départ, un peu avec les boules de ne pas avoir assez de tunes pour aller à NYC (oui, je suis bourgeoise) et cette idée d’une ville un peu mainstream à force d’être trop hip me rendait boudeur comme un gamin de 4 ans. Le détour familial par cette charmante et vieille Bruxelles n’a évidemment rien arrangé à la situation.

BREF, je suis en mode ronchon mais ça m’intrigue quand même. Si TOUT LE MONDE dit que c’est cool, c’est qu’il doit bien y avoir quelque chose ! Ben c’est ça, on ne peut pas l’expliquer : il faut le vivre pour le comprendre ! On peut essayer de le décrire, mais ce n’est pas palpable, c’est dans l’air…

Il est vrai que l’esthétique ne doit pas plaire à tout le monde : c’est froid, industriel, il y a une sorte d’anarchie visuelle qui peut déplaire ou… rendre fou d’amour. Depuis que Phoebe Philo m’a séduit le slip, que Jules Faure est mon Proenza et que je suis son Schouler et que Cécile David m’a dompté à coups de stylisme brut de décoffrage, je ne peux qu’aimer Berlin.

 

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Les lignes sont brutes, droites, désordonnées, mais c’est finalement ce qui donne son charme à cette ville qui impose par sa brutalité et son insolence une certaine élégance. J’aime Berlin car les gens y sont véritablement faussement négligés. Une Parisienne met deux heures dans sa salle de bains à ressembler à Courtney Love version Chanel, la berlinoise EST Courtney Love version Yves Saint Laurent, du matin 8 h jusqu’au coucher à 6 h le lendemain. Les Allemands ? Tellement, tellement, tellement BEAUX ! OK, faut aimer le genre « barbu-bûcheron-kikoo », mais quand même ! Toutes ces peaux parfaites, ces grands rivages d’yeux bleus et ces dents ultra brite, ça fait rêver. Et puis avec les Berlinois, on ne tourne pas autour du pot : ça te sourit, ça vient te parler, ça te regarde dans les yeux. Pas de minauderies inutiles, une franchise bien plus qu’appréciable. Le Berlinois et la Berlinoise ont du style, c’est sûr… Ça ajoute en charme. Mais bon, si c’est pour pécho du mari dans un endroit charmant mais où on s’emmerde, mieux vaut galérer à Paname…

La première nuit, je suis sorti seul pour m’accoutumer sans être enquiquiné. J’aime bien me faire ma propre idée avant de partager un avis. Je suis parti de Neukölln vers le Kitkat club où il y avait une soirée Gegen. Les rues pourraient sembler peu rassurantes tant elles sont noires, à peine éclairées, mais on s’y sent bien. Je suis un peu tapette et pourtant je n’ai pas eu peur, ce qui vaut un 20/20 sur l’échelle de « rassure-moi, je suis vraiment un trouillard ». Les rues sont animées, ça rigole, ça picole, mais c’est pas violent.

 

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Après 45 min de marche, j’entre enfin dans ce club à l’extérieur banal pour atterrir dans un intérieur tout ce qu’il y a de pas banal du tout. Une espèce de boîte à cul mais sans le côté vulgos… On est un peu tous des hippies, à moitié nus, on se trempe dans la piscine en se passant des cigarettes et on rigole. OK, j’ai vu un mec se branler devant moi sur un canapé, mais il ne faisait chier personne ! Il faisait son truc à lui, c’était pas en mode lubrique, tu vois. Enfin, à partir du moment où j’ai atterri dans la seconde salle, c’était plus trop hippie : grosse techno, peu de lumière et les gens qui dansent. Mais À FOND, les gens. Les gens, ils ne sont pas là pour pour se montrer, tu vois. Ils sont là pour DANSER. Alors ils dansent, et toi, ça te donne envie de danser, normal quoi… jusqu’à 11 h du matin. C’est ça le problème dans cette ville ! C’est que tu perds la notion du temps ! Ça ne s’arrête jamais ! Tu peux aller bouffer n’importe où, n’importe quoi, jusqu’à n’importe quelle heure ! La fête ne s’arrête pas et sont toutes plus folles les unes que les autres… Comment ne pas succomber ? Et encore, je n’avais vécu que la première soirée de mon voyage !

 

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Ma deuxième nuit, je l’ai passée au Berghain/Panorama Bar et ça, c’est vraiment LE truc où j’ai traîné les pieds parce que c’est LE truc dont tout le monde revient dingue, genre c’est vraiment TROP bien. Bah ils avaient raison… c’est VRAIMENT trop bien, putain ! On est restés presque 10 h dans cette bouche de l’enfer… sans même s’en rendre compte. Et viens pas me chercher des noises avec la dope, rien à voir : c’est la MUSIQUE. C’était Phonique le DJ de ce soir-là : il a mixé 9 putains d’heures et sincèrement, j’ai bourlingué dans pas mal de soirées (sans vouloir me vanter) et c’est le meilleur set que j’ai entendu. Attention, ça ne vient pas que de lui. La populace était dans une espèce d’osmose incomparable. Encore une fois, ils font la fête au sens strict du terme. On se sourit, on rencontre des Russes improbables, des designers français et même des bouchers de Munich… On est tous dans le même bateau et on danse sans jamais s’arrêter. Non mais c’était fou comme expérience. On ne peut pas expliquer, il faut le vivre pour le comprendre !

 

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Je ne parle même pas de About Blank et de son jardin incroyable ! Du Môbel et de ses gouines au chic racé, du Roses et de ses moumoutes roses dans l’entièreté du bar ; je ne vous parlerai pas non plus du restaurant de burritos où j’ai dansé sur de la techno. Je ne dirai rien sur les centaines de bar trop mignons allumés à la bougie ou du restaurant paléolithique ; des musées, des boutiques improbables et des galeries… Allez-y, revenez déçu et on en débattra. Il faut le vivre pour le ressentir. Oui, je fais partie de ces connards qui disent ça maintenant et j’en suis fier. Berlin est définitivement la ville d’une jeunesse assoiffée de liberté, d’aventure, d’ouverture d’esprit et de créativité… Il n’y a rien à dire, rien à faire, c’est une évidence.

 

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C’était une déclaration d’amour à mon futur chez-moi. À bientôt Berlin.

 

Bien à vous.

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