Project Pietà: le Saint Graal de la mode.

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Le Graal. J’ai trouvé le Saint Graal. Ou plutôt, c’est le Saint Graal qui m’a trouvé : quatre années que je cherche un concept qui soit synonyme de pureté mode ! Et un matin, je reçois cet e-mail avec pour objet : PROJECT PIETÀ.

 

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Face au dégueulis de la fast fashion, de sa surproductivité et de sa traite de l’être humain ou encore des grands groupes de luxe et de leur marketing outrancier, il y a bien sûr les jeunes créateurs et le vintage. Mais jamais je n’avais eu écho d’une griffe avec un discours si clair qu’il réunit tous les facteurs primordiaux pour faire une mode saine et viable, défendant toutes les valeurs absolues pour être étiquetée honnête. Le projet PIETÀ est LA solution ultime et pleine d’espoir que tout le monde devrait adopter. À la fois écologique, humain et social, ce projet lancé par un jeune Français de 26 ans installé à Lima, au Pérou, est en plus un pur bijou de style.

 

Paulette Pieta (2)

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Dans le rayon des marques dites équitables, il y a toujours un manque de recherche moderne. On tombe souvent sur la panoplie de la hippie, prof de dessin qui se soigne par les plantes et fait de l’expression corporelle. Faut le dire, c’est souvent moche et on ressemble vite à des Télétubbies. Pietà a un tel brio stylistique que le fait que ce soit aussi une marque à valeurs humaines et écologiques n’est qu’un bonus ! Et quel bonus ! Même si ça n’avait pas vraiment été le cas, j’aurais certainement cédé à l’appel de l’entièreté de leur collection et surtout de l’érotique veste : « Notre-Dame de la haine ».

 

Paulette Pieta (3)

 

Tout ce qu’on aime : des broderies, des matières simples et luxueuses, des coupes efficaces, presque unisexes, du streetwear cool et surtout chic qui n’a rien à envier à des maisons comme Kitsuné. Que demande le peuple ? Ah oui ! Des prix ! Vous ne serez plus harcelés par votre banquier dorénavant : la gamme de prix va de 35 euros pour un tee-shirt à 80 pour un sweat, en passant par le pull tricoté MAIN à 110 euros. La pièce la plus chère étant l’incroyable teddy à 250. Qui osera me dire qu’il n’y a pas d’alternative à Honte & Misère ?

 

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C’est à la suite de la visite des prisons de la capitale péruvienne que Thomas décide de proposer des ateliers à des prisonniers qui s’ennuient ferme. Quelques dessins en poche, un sacré culot face aux autorités pénitentiaires et des détenus sur-motivés permettront à ce rêve, autant pour eux que pour nous, de voir le jour. Et voilà comment avec du cœur (et des couilles), on donne un travail, que dis-je, UN METIER à des personnes qui ne cherchent qu’à se réinsérer plutôt qu’à laisser passer le temps qui tue… Mais putain, quoi ! C’est beau !!! En plus, chaque jour travaillé leur octroie un jour de remise de peine. Je veux dire : comment être insensible à ce facteur ?

 

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Je vais enfoncer le clou une bonne fois pour toutes : seulement des matières naturelles issues de la richesse péruvienne avec une préférence pour les matières écologiques et organiques. Sérieux, les gars, vous voulez quoi de plus ? Non mais je résume : une collection tuerie à faire rougir les plus grands, du style aussi hip que soigné, des matières luxueuses et écologiques, des prix défiant le taux d’inflation et une nature humaine et sociale qui aide des gens sur la planète… Et après, tu veux aller t’habiller où ? Je suis aujourd’hui officiellement un homme Pietà.

 

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Durant les quatre années où j’ai pu écrire sur Monsieur/Mademoiselle, cet article est certainement celui dont je suis le plus fier tellement cette jeune griffe réunit tout ce que j’ai toujours recherché dans le désir de m’habiller. Aujourd’hui, quand je vois ce que propose la mode, elle me fait horreur. Mais quand des projets comme celui-ci montrent le bout de leur nez, ça prouve bien qu’il y a de vraies solutions pour redorer le blason d’un art trop terni. Je ne sais pas quelle griffe peut apporter autant de fierté lorsqu’on la porte ! Pour moi, il n’y en a pas. Je le répète et je le signe : nous devrions tous être des hommes Pietà.

 

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Bien à vous.

Mr&Mr: le nouveau luxe, c’est eux.

 Je n’avais jamais vu ça : maison une d’édition indépendante de design. Rien que le nom, ça a déjà de la gueule. Je veux dire : aujourd’hui, qui a envie de porter un sac Chanel similaire à celui que des millions de modasses (et pas toujours les plus chics) vont posséder dans le monde ? C’est ça le luxe ? La productivité à outrance pour un effet aussi original qu’une pizza dans un restaurant italien ? Je préfère hurler que j’achète mes sacs dans une maison indépendante de design. Celle de Pierre Talagrand et Alexis Lautier, Mr & Mr, pour être exact.

Tout ce qui est bandant dans un processus créatif se retrouve dans ce duo à l’air calme mais fort en gueule. L’éthique, l’écologique, l’artisanat, sans oublier la poésie créative, sont réunis dans cette maison hors du réel qui propose une série d’objets étonnants tout autant qu’ultra enviables.

 

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Étrange concept que celui d’inventer un atelier créatif qui ne se focalise par sur un thème productif précis. Sans concessions, au gré des idées et des envies, le binôme de designers met en œuvre des objets qui sont le comble du beau et du réfléchi tout en étant des plus inattendus : linge de maison, anneau révolutionnaire pour recycler ses vieux pots de grands-mères, pochoirs design, tente sapin de Noël ou encore bijoux et lunettes, il n’y a aucune limite, aucune frontière, et c’est ça qui fait la richesse de leur proposition. Ça flirte avec l’art contemporain tout en restant à une échelle palpable. Rien n’est hors de la compréhension et tout est pourtant dans l’extrême création… Génie de la réconciliation sans aucune faute de goût. Chaque objet est l’idée d’un désir qui s’est matérialisé avec la furieuse envie de le réaliser jusqu’à l’accomplissement le plus total. Il n’y a pas de ligne directrice, de plan marketing ou d’histoires de clientèle ; ce qui fait la force de cette maison, la beauté de ce qu’elle produit, c’est sa liberté d’expression. Et ça, ça vaut tous les sacs Chanel du monde entier.

 

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En parlant de sacs, je gardais le meilleur comme un secret que je n’avais pas envie de révéler. Tel est le principal atout de ces deux jeunes fous du design : perle rare d’envie, objet phare de toute leur production, leurs lignes de sacs en feuilles de palme tressées et cuir de veau sont à se couper une boule à troquer au marché noir… Ah non, attendez : encore de longs moments de jouissance avec mes deux testicules, la gamme commence à… 45 euros.

 

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Fabriqués au Maroc dans le respect de la tradition et d’un artisanat éthique et écologique, et en plus accessibles aux moindres bourses ?! Pourquoi personne n’a encore cassé la gueule à Karl-Johan Persson ? Ces exquis orgasmes donnent envie de pisser dans un « Phantom » de Céline ! Pourquoi se ruiner alors que les nouvelles solutions créatives proposent des prix corrects ? Il n’y a pas de choix à faire, cette fois-ci, entre un design créatif hors de prix et un système de production inhumain, tout est là : le beau, le sain, le budget. Leur signature est même dénuée de tout excédent, comme dans l’air du temps jusqu’à l’intemporel. En investissant leurs dons artistiques dans une économie à échelle humaine, éthique et verte, Mr & Mr a réalisé le pari de ce que toutes les grandes griffes cherchent à faire passer pour impossible. On ne peut rien leur reprocher, que ce soit au niveau de la qualité, de la production ou de l’esthétisme. Les sacs de Mr & Mr sont le parfait exemple de la possibilité de marier ancestral et modernisme dans le respect de la nature et de l’être humain. Voilà ce qui devrait être la définition de l’élégance absolue. Voilà sur quel genre de création nous devrions jeter notre dévolu. Le nouveau luxe, c’est ça, c’est eux.

 

Bien à vous.

Série mode: Veja x M/M

Cécile boxe avec les DL Clémentine Blood en cuir tanné aux extraits d’acacia et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

Le but était de décontextualiser Veja. Connue pour son aura verte, respectueuse autant de la planète que de l’être humain, la griffe est d’abord présentée pour ses qualités éthiques et moins pour ses valeurs « modistiques ». C’est beau de voir qu’un objet d’ornement peut être considéré comme intellectuel au vu des parutions dans Le Monde ou même Libération. Or il était intéressant de mettre la griffe sur un autre axe pour voir ce que ça donnait, de mettre aussi en valeur son fluide mode. En plus, c’est la période où la running orne tous les pieds couture de la planète, c’est pile poil le bon moment pour triturer cet objet et le traiter en accessoire de mode avant tout le reste.

 

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 Emmanuel se pomponne avec les Arcade, London Red Burgundy, en toile de coton bio et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

On a comme l’impression que Veja n’est presque connue que pour son label écolo. C’est dommage car il existe une gamme très diversifiée qui va de la simple basket de toile à la sneaker de ville en cuir d’un chic absolu, en passant par la running aux allures rétro. Le lookbook est extrêmement beau et très bien fourni d’ailleurs. À voir. Il n’y a donc pas que l’aspect éthique qui est intéressant, mais bien une affaire de mode que l’on oublie trop.

 

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 Jules préserve la nature avec les derbies Greg Asner en toile de coton bio et caoutchouc sauvage d’Amazonie.

 

On désire ces cuirs travaillés à la main qui sentent la qualité mais on a aussi envie de paraître ultra moderne quand on dira que l’imprimé de notre basket a été réalisé à partir de photos thermiques prises pendant un vol au-dessus de l’Amazonie. Ça en jette. En plus de consommer intelligent dans le respect de la condition humaine, Veja nous transporte dans un monde de qualité esthétique pour un budget abordable. Il fallait en parler, bordel ! C’est assez rare pour être noté. Alors que Bruno Pieters s’est lancé dans une affaire couture complètement éthique et que la question se pose de plus en plus dans le milieu de la mode, Veja fait figure de pionnière dans cet engagement et on a peut-être oublié de parler aussi sa créativité débridée.

 

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 Shania lit avec les Méditerranée, Auburn Moonrock en nubuck tanné aux extraits d’acacia et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

La cerise sur le gâteau, c’est que Veja est une marque avec laquelle on peut tout faire ; voilà le constat. Comme toutes les baskets, on peut pratiquer n’importe quel sport, c’est leur fonction première. On n’est pas cons, non plus. On peut les porter pour aller en soirée, certains modèles faisant penser à des baskets de ville avoisinant la chaussure de créateur à la « Common Projects ». Classe. Tout autant que les modèles sobres font très « cérébral » : du coup, pas de problèmes pour se rendre au bureau. On peut tout faire en Veja et, encore une fois, avec cette idée que l’on consomme ultra intelligent et surtout écologique. Du coup, Veja fait jouir et là, vous comprenez le concept et vous avez notre processus créatif. Emballez, c’est pesé : dégustez !

 

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 Stèv jouit en Veja Auburn, en cuir tanné aux extraits d’acacia et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

Cécile David est aux commandes de la scénographie et d’une sélection pensée dans la diversité ; Jules Faure est derrière l’objectif. Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Brutalité, minimalisme et concept second degré, recette élégamment appliquée par le duo David-Faure. Et moi ? Je me branle dans une chaussure. Je jouis car je trouve ça cool que l’on est imaginés une façon sobre de présenter un accessoire là où on ne l’attend pas. Veja devrait déjà avoir obtenu ses galons dans des séries mode couture où règne le mix and match.

 

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Giulia consomme les Veja Derbies, Sun, Clementine et Barbade en toile de coton bio et caoutchouc sauvage d’Amazonie

 

Veja x Monsieur/Mademoiselle : un vrai travail d’équipe, vu que c’est bien notre crew qui pose. Un mélange des idées que nous évoquait la basket. Un mélange des inspirations pour exposer, d’une façon inhabituelle, cet objet qui représente nos valeurs. Et puis pourquoi faire un casting quand on a de telles tronches à disposition ? Avons-nous réussi le pari de vous surprendre ? On est fiers d’avoir travaillé avec cette marque. En tout cas, c’est notre vision de cette griffe qui nous parle… Vous voulez tester ? Y en a une pléthore de disponibles à la boutique du Centre Commercial au 2 rue de Marseille, près de République et sur le Veja store. Allez voir si vous trouvez chaussure à votre pied. Nous, c’est déjà fait.

 

RÉALISATION: CÉCILE DAVID ET JULES FAURE

MISE EN BEAUTÉ: CHLOÉ RIBERO

TEXTE: STÈV ROMANI-SOCCORO

 

Bien à vous.

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