Berlin, meine liebe.

 

Je vous préviens tout de suite, moi aussi je vais vous la faire genre : « Tant que t’y es pas allé, tu peux pas comprendre ». Tout simplement parce que j’étais comme vous. Ce dégueulis de hipster, les : « Ouais Berlin, c’est en mode trop cool, un truc unique ! » et autres : « La musique, c’est juste OUF »… J’avais du mal à la voir en peinture, la capitale allemande. J’y suis allé sans grande conviction au départ, un peu avec les boules de ne pas avoir assez de tunes pour aller à NYC (oui, je suis bourgeoise) et cette idée d’une ville un peu mainstream à force d’être trop hip me rendait boudeur comme un gamin de 4 ans. Le détour familial par cette charmante et vieille Bruxelles n’a évidemment rien arrangé à la situation.

BREF, je suis en mode ronchon mais ça m’intrigue quand même. Si TOUT LE MONDE dit que c’est cool, c’est qu’il doit bien y avoir quelque chose ! Ben c’est ça, on ne peut pas l’expliquer : il faut le vivre pour le comprendre ! On peut essayer de le décrire, mais ce n’est pas palpable, c’est dans l’air…

Il est vrai que l’esthétique ne doit pas plaire à tout le monde : c’est froid, industriel, il y a une sorte d’anarchie visuelle qui peut déplaire ou… rendre fou d’amour. Depuis que Phoebe Philo m’a séduit le slip, que Jules Faure est mon Proenza et que je suis son Schouler et que Cécile David m’a dompté à coups de stylisme brut de décoffrage, je ne peux qu’aimer Berlin.

 

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Les lignes sont brutes, droites, désordonnées, mais c’est finalement ce qui donne son charme à cette ville qui impose par sa brutalité et son insolence une certaine élégance. J’aime Berlin car les gens y sont véritablement faussement négligés. Une Parisienne met deux heures dans sa salle de bains à ressembler à Courtney Love version Chanel, la berlinoise EST Courtney Love version Yves Saint Laurent, du matin 8 h jusqu’au coucher à 6 h le lendemain. Les Allemands ? Tellement, tellement, tellement BEAUX ! OK, faut aimer le genre « barbu-bûcheron-kikoo », mais quand même ! Toutes ces peaux parfaites, ces grands rivages d’yeux bleus et ces dents ultra brite, ça fait rêver. Et puis avec les Berlinois, on ne tourne pas autour du pot : ça te sourit, ça vient te parler, ça te regarde dans les yeux. Pas de minauderies inutiles, une franchise bien plus qu’appréciable. Le Berlinois et la Berlinoise ont du style, c’est sûr… Ça ajoute en charme. Mais bon, si c’est pour pécho du mari dans un endroit charmant mais où on s’emmerde, mieux vaut galérer à Paname…

La première nuit, je suis sorti seul pour m’accoutumer sans être enquiquiné. J’aime bien me faire ma propre idée avant de partager un avis. Je suis parti de Neukölln vers le Kitkat club où il y avait une soirée Gegen. Les rues pourraient sembler peu rassurantes tant elles sont noires, à peine éclairées, mais on s’y sent bien. Je suis un peu tapette et pourtant je n’ai pas eu peur, ce qui vaut un 20/20 sur l’échelle de « rassure-moi, je suis vraiment un trouillard ». Les rues sont animées, ça rigole, ça picole, mais c’est pas violent.

 

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Après 45 min de marche, j’entre enfin dans ce club à l’extérieur banal pour atterrir dans un intérieur tout ce qu’il y a de pas banal du tout. Une espèce de boîte à cul mais sans le côté vulgos… On est un peu tous des hippies, à moitié nus, on se trempe dans la piscine en se passant des cigarettes et on rigole. OK, j’ai vu un mec se branler devant moi sur un canapé, mais il ne faisait chier personne ! Il faisait son truc à lui, c’était pas en mode lubrique, tu vois. Enfin, à partir du moment où j’ai atterri dans la seconde salle, c’était plus trop hippie : grosse techno, peu de lumière et les gens qui dansent. Mais À FOND, les gens. Les gens, ils ne sont pas là pour pour se montrer, tu vois. Ils sont là pour DANSER. Alors ils dansent, et toi, ça te donne envie de danser, normal quoi… jusqu’à 11 h du matin. C’est ça le problème dans cette ville ! C’est que tu perds la notion du temps ! Ça ne s’arrête jamais ! Tu peux aller bouffer n’importe où, n’importe quoi, jusqu’à n’importe quelle heure ! La fête ne s’arrête pas et sont toutes plus folles les unes que les autres… Comment ne pas succomber ? Et encore, je n’avais vécu que la première soirée de mon voyage !

 

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Ma deuxième nuit, je l’ai passée au Berghain/Panorama Bar et ça, c’est vraiment LE truc où j’ai traîné les pieds parce que c’est LE truc dont tout le monde revient dingue, genre c’est vraiment TROP bien. Bah ils avaient raison… c’est VRAIMENT trop bien, putain ! On est restés presque 10 h dans cette bouche de l’enfer… sans même s’en rendre compte. Et viens pas me chercher des noises avec la dope, rien à voir : c’est la MUSIQUE. C’était Phonique le DJ de ce soir-là : il a mixé 9 putains d’heures et sincèrement, j’ai bourlingué dans pas mal de soirées (sans vouloir me vanter) et c’est le meilleur set que j’ai entendu. Attention, ça ne vient pas que de lui. La populace était dans une espèce d’osmose incomparable. Encore une fois, ils font la fête au sens strict du terme. On se sourit, on rencontre des Russes improbables, des designers français et même des bouchers de Munich… On est tous dans le même bateau et on danse sans jamais s’arrêter. Non mais c’était fou comme expérience. On ne peut pas expliquer, il faut le vivre pour le comprendre !

 

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Je ne parle même pas de About Blank et de son jardin incroyable ! Du Môbel et de ses gouines au chic racé, du Roses et de ses moumoutes roses dans l’entièreté du bar ; je ne vous parlerai pas non plus du restaurant de burritos où j’ai dansé sur de la techno. Je ne dirai rien sur les centaines de bar trop mignons allumés à la bougie ou du restaurant paléolithique ; des musées, des boutiques improbables et des galeries… Allez-y, revenez déçu et on en débattra. Il faut le vivre pour le ressentir. Oui, je fais partie de ces connards qui disent ça maintenant et j’en suis fier. Berlin est définitivement la ville d’une jeunesse assoiffée de liberté, d’aventure, d’ouverture d’esprit et de créativité… Il n’y a rien à dire, rien à faire, c’est une évidence.

 

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C’était une déclaration d’amour à mon futur chez-moi. À bientôt Berlin.

 

Bien à vous.

House of Moda, Gaîté lyrique, orgasme.

 

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Vous pourriez croire que c’est un éloge dû au fait que ce sont mes potes qui organisent la House Of Moda, mais ce serait être un brin trop premier degré… En effet, ce n’est pas très éthique de savoir que Jules Faure est aussi actif chez M/M que chez HOM mais pour vous rassurer, je peux vous affirmer que je m’y rendais avec un certain scepticisme. Pour tout vous dire, j’y suis allé parce que Renaud Duc m’avait mis sur la liste et que vu que le nombre d’invitations était très limité, c’était un honneur… et une mort certaine si j’y pointais pas mon petit cul. J’avais peur que ce soit trop snob : la gaîté lyrique, bordel ! C’est quand même vachement intellectuel ! Un peu trop conceptuel pour moi. Le tour de force de ces génialissimes créatifs est là : faire de ce lieu aux abords légèrement condescendants un OVNI de la fête où ça puait un New York arty. On n’était pas à Paris ce soir-là, on était comme plongés dans un bain neuf jamais ressenti auparavant. On était dans l’unique.

 

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Des monstres de mode, il y en avait, plus lookés les uns que les autres, beaux mais beaux à en crever ! D’où sortaient tous ces gens inconnus au bataillon ? Ça a dragué à cette House of Moda ! Comment aurait-il pu en être autrement ? La salle principale transpirait des beat pornographiques, accompagnés d’une projection tout aussi inénarrable. On a sué à l’intérieur d’un cube géant de métal où Madame Perroquet, alias Renaud Duc, nous a mis en jambes avec un mix de musiques sales qui sentaient le sexe. Cette image de Madame Perroquet derrière ses platines, exaltée par un rideau d’images incongrues géantes balançant un Brodinski dans la nuit noire et moite, est mon meilleur moment clubbing depuis la perf’ de Trentemoller à Amsterdam. On se serait cru dans une rave party des années 90, les punks à chien en moins, le chic à la française en plus.

 

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Une bien belle mise en jambe exotique avant la magnifique prise d’otage auditive par Club Cheval qui m’a terrorisé la culotte pendant deux heures. De la vraie techno dans une soirée à tendance méga pédales, c’est tout ce dont je rêve depuis mes années FanKlub à Anvers. Presque dix ans que j’attends de ne plus me contrôler sur un set : les mecs de Cheval l’ont fait. C’était énorme et en complet décalage avec le reste. J’aurais pu défaillir à plusieurs reprises si je n’avais pu sortir du cube pour aller contempler les merveilles extérieures : ambiance ultra mode pour maris ultra sexy et filles à la beauté froide. Il y en a même une qui portait un chapeau « caca » sur la tête… On a dépassé l’incongru pour une soirée irréelle dans laquelle se mêlait une faune ultra mixée sur un son qui m’a rappelé mes années suaves de Londres. On a rarement fait aussi chic dans l’underground parisien, et le tout sans prétention aucune. Ça parle, ça se contacte, ça se connecte, on n’est pas dans les codes de la mode classique. C’est la jeune génération qui vient tambouriner des pieds et faire des rencontres si le plaisir le veut. Qui a dit que Paris était mort ?

 

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Mais c’est la prestation de François Chaignaud qui marque sans doute le plus. Avec un show qui transmettait son infaillible confiance en lui, Chaignaud a rendu la salle assoiffée d’amour en éclatant les clivages de la possibilité du corps et des genres. Énorme sensation que la House of Moda devenait un cabaret moderne digne des fêtes les plus créatives à travers le monde. Nous n’avons rien à envier aux autres capitales. Sans hésiter, ce fut une des soirées les plus cool de ma vie. Il est rare que je danse autant, que je bave autant et surtout que je me sente aussi à l’aise dans un tel tourbillon de freaks.

 

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Que ce soit notre délicieux directeur artistique méconnaissable en Miss Candy ou Crame en mode Debbie Harry Yeti, il y avait de quoi halluciner sur les efforts créatifs. Les photos parlent d’elles-mêmes. Il est certain que ça fait du bien d’aller à une fête qui sort à ce point de l’ordinaire… Je suis encore un peu en transe, j’y ai fait un shopping maris incroyable ; forcément, je suis fier de mes potes. Il serait alors fort égoïste de garder un orgasme dans le secret en faisant dans l’éthique aujourd’hui.

 

Bien à vous.

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