Chaco: le messie du vice

On n’aime pas trop les compromis. La techno racée d’Aubry et les alchimies improbables du Formica en sont les preuves auditives. Quitte à écouter de la musique, et de l’électronique de surcroît, autant s’aventurer sur des chemins escarpés. On ne se considère pas comme une encyclopédie de l’électro, bien au contraire, et c’est pour ça que notre approche est différente. On n’est pas sur Gonzaï ; là, l’essentiel, c’est le ressenti.

Un DJ nous fait éjaculer parce qu’il nous a mis en transe sur la piste où l’on est censé danser. Le DJ est un magicien quand sa musique est si captivante que la drague, la clope, la soif ou toute autre distraction ne viennent même pas à l’esprit. Chaco possède ce talent. Même si on a envie de parler de don avec lui tant il envoûte comme un shaman. Il a beau nous avoir servi une techno minimale sous forme linéaire qui n’est pas trop notre tasse de thé à la base, il n’en reste pas moins que ce petit voyou est un sorcier qui mérite ses platines aux soirées les plus ensorcelantes de la planète clubbing.

 

 

L’énergie de Chaco se gorge du vice pour être recrachée de manière élimée, envoûtante, mais surtout terriblement sensuelle. C’est un de ces puristes qui ne jouent qu’aux vinyles, on entend le son qui craque quand sa musique passe et ça, c’est juste le sexe. Ça sent l’after moite, noir et rouge, où la fumée de cigarette a envahi une vieille cave ou un hangar désaffecté. Là où la nuit ne veut pas se terminer. Là où les filles et les garçons dansent mais ne savent plus s’ils aiment les filles ou les garçons. Ça se mélange. Les plus assoiffés d’entre nous mêlent leurs fluides corporels. C’est le parfait son pour se mélanger.

 

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Chaco est taillé pour créer le désir, posséder son public et lui faire don d’atouts langoureux toujours accompagnés de petits sons industriels très coupants. C’est un séducteur qui a compris que la musique était le meilleur moyen de créer l’amour à travers la foule. Ses tracks ont beau être d’une froideur à faire rougir le permafrost, ses sets sont d’une chaleur tropicale moite quasi sale, au-delà du désir charnel. Sur du Chaco, la salle ne crie pas, elle s’imprègne de basses qui régissent une structure très architecturée. On pense à Cologne, Magda, Heidi, Michael Mayer et toute sa clique. Ses sélections sont aiguisées, un travail de recherche extrêmement intellectuel qui donne un pouvoir narratif à sa technique irréprochable : on ne peut décemment pas rester insensible.

 

 

Chaco est un conquérant subjugant qui arrive à diffuser par des moyens subtils mais efficaces une envie de luxure. C’est un peu pervers car on ne le sent pas venir. C’est toujours assez sinueux et embrumé mais loin d’être rébarbatif, contrairement à certains maîtres du genre, car la puissance est justement dans cette recherche absolue qu’il a de vouloir envoûter. Ça passe par des petits sons anodins mais terriblement sadiques et une vague chaude, constante et presque douce : le mélange est aphrodisiaque. On danse lentement mais sûrement, officiellement adorateur du vice. C’est comme ça que ça se passe quand le messie Chaco donne la messe.

 

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À n’en pas douter, il fera parler de lui s’il sort de la prod comme il le prévoit. Maintenant, il ne lui reste plus qu’à laisser son costume de puriste du vinyle pour embrasser les platines de la technologie. Il est fort embêtant qu’il se fasse si rare…

 

Bien à vous.

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