SALE! x ENTREPRISE records

Tu viens de terminer ton weekend et tes oreilles débordent de house et de techno, tu sens le beat te porter jusque dans ton lit et les acouphènes en symphonie. Plus jamais ça que tu te dis, mais le weekend suivant arrive et avec lui le Vendredi. Alors que faire sinon changer, La SALE! arrive à point nommé. Hashtag rime, hashtag JJRousseau, hashtag la Sale is BACK.

On va dédier ce Vendredi au label Entreprise, chevalier remportant toutes les batailles de la jeune garde Française à coup de succès fracassants et de mélodies exaltées.

On aura Moodoïd dont l’album unanimement salué par la critique est une des meilleures surprises que notre pays nous ait donné cette année. De la world-music sous extasy mélangé à du krautrock halluciné, il viendra nous effectuer un dj set de haute volée entre novodisco et rock chafouin, pour qu’en un tour de main l’homme de tes rêves se retrouve entre tes reins.

On aura aussi Jérôme Echenoz a.k.a Tacteel dont la présence à la SALE! semble hyper naturelle tant TTC, dont il fut un des producteurs, représenta dans ses grandes heures ce qui se fait de mieux en terme de production au ciseau sur lyrics au couteau. Passé par le purgatoire de la chanson française, il viendra mixer des 45 tours avec l’innocence du nouveau né Bâtard sensible devenu bébé requin.

Puis viendra le tour d’Alto Clark, distributeur sonore quasi chamanique dont le but non caché est de faire groover les masses. Du booty hip-hop crasseux à la techno de backrooms la plus chaude, c’est toujours bien pensé, doux et dur à la fois. Une mixtape de Sébastien Chabal plongé dans le monde des Bisounours.

Pour envisager l’introduction et la conclusion de cette nuit vos deux chevaliers servants Jules & AUBRY vous concoteront un de ces B2B dont ils ont seul le secret et que le monde entier leur envie.

sale-entreprise

SALE! N°17 – ENTREPRISE LABEL NIGHT –> Moodoïd / Jérome Tacteel Echenoz / Alto Clark + Jules & Aubry

6-02-15 / 10€ / 23h- … / Social Club – 142, rue Montmartre – Paris

Les coups de reins sonores d’Alto Clark.

Dans l’écurie Fils de Vénus, je demande Alto Clark. Carrure gourmande, yeux océan, le streetwear en signature. Le genre de mec que tu poses en débardeur échancré American Apparel, short en cuir Hermès, Nike Air aux pieds, une bouteille de bière à la main devant une Peugeot 205… et tu réinventes le porno subtil. Une future série Vogue Homme qui sent le sale. Un mélange d’ironie 80 à un brutal coquin des caves de Sarcelles. De Citébeur à Brooklyn tout en jouant au sarcasme visuel du hip très français, un résultat hybride très « à la cool ». Voilà pour l’esthétisme. Ça pète à la gueule, c’est assez joli à regarder, mais ça pue le cul surtout.

 

     Alto Clark-Sarah Fouassier

 

Pour le personnage, c’est plus complexe, rien à voir avec l’aspect « taillé à la serpe » du type. Timide sans l’être. Trop curieux pour fermer sa gueule, il a un côté bambin, potos, frérot. Le mec à qui t’as envie de pincer la joue ou d’être bras dessus, bras dessous quand t’es bourré. Un petit air de Coubiac dans un grand verre de culture.

 

Alto Clark-B Rob

 

Issu des beaux-arts de Saint-Étienne, il a ce côté torturé dans le débat, d’où l’expression par l’art et bien évidemment par la musique, mais pas de façon pompeuse. On n’est pas dans l’incompréhension du discours en mode « j’ai voulu retranscrire le monde dans une vision musicale évocatrice d’une certaine brutalité dans le plaisir-gna-gna-gna-bla-bla-bla ». Adieu « Mélanie-Laurent-isme » dont peuvent faire preuve certains artistes contemporains. Le premier degré opère, c’est la délivrance de musiques abruptes, de sons compilés pour la fête ultime. L’orgasme du père Alto passe par la distribution sonore quasi chamanique dans le but non caché de faire se dandiner la foule. Ça va du booty hip-hop crasseux à la techno de backrooms la plus chaude, c’est toujours bien pensé, des fois doux, des fois dur : il connaît l’étreinte. Genre, t’as vraiment envie de baiser sur les mixtapes du Sébastien Chabal du monde des Bisounours.

 

 

Mais ce qui le prend vraiment aux tripes, c’est le live. Moitié du groupe De La Montagne, ils cartonnent en duo grâce à une sorte d’électro-pop suave qui fait chavirer les cœurs et les caleçons. Il agit, évidemment, aussi en solo et s’amuse de beats dépouillés qui ne sont pas sans rappeler les nordistes les plus froids. Voyage entre les afters de la Lettonie, Stockholm et forcément Berlin qui n’est jamais très loin. De sa scolarité, il garde une certaine rigueur, un besoin inassouvi de perfection. Trop de perfection, des fois. Comme s’il s’interdisait la faute qui pourrait octroyer à ses idées sonores une dimension qui contrôle l’hystérie.

Alto Clark aime jouer aux brouilleurs de pistes quand il s’adonne à la créativité auditive ! Il emprunte un labyrinthe qu’il crée de toutes pièces, que par conséquent il connaît, et dans lequel il vous amène sans même que vous vous en rendiez compte : c’est différent, envoûtant, presque performatif.

Les éducations esthétiques ont toujours su donner à la musique cette dimension fantasmagorique où les sonorités ne sont plus seulement l’apanage de l’ouïe mais aussi des cinq sens. Le père Alto, en guincheur foutraque, continue d’étudier la question sur nous, ses cobayes préférés.

 

Alto-Clark-Johanna-Depute

 

Sa névrose est joyeuse et se sent aussi sur scène où la passion qui l’anime se transmet comme une substance illicite. Il sourit, du moment que l’on transpire. Le père Alto est définitivement d’une génération qui a décidé de pousser l’expérimentation au-delà des frontières d’un cercle restreint, car seule la populace le nourrit. De cette communion tendancieuse naît une tension sexuelle et musicale qui a pour lit le dancefloor… Alto Clark n’est certainement pas un coup d’un soir mais bien l’amant musical de nos nuits les plus chaudes : passées, et surtout à venir.

 

Bien à vous. 

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