Mauvais Goût + SALE! + CRISIS / Vidéo: Maxime Brau.

C’est samedi et samedi c’est partyyyyyyyy!

 
Pour notre participation au Marvellous Island festival de cette année, Maxime Brau nous avait concocté un vidéo promo qui retrace 2 ans de Mauvais Goût, tout autant de visuel de la SALE! mais Jules nous avait aussi filmé pendant notre Bazar de Pâques avec seul mot d’ordre: « HYSTÉRIE COLLECTIVE ». Vous pensez bien qu’on s’en est donné à coeur joie! Romain Brau et son cultissime lancé de cheveux. Aubry, nu, sexy, violé par la caméra. Jules au firmament de son charme. Les performers Enzo Di Karina, Aswad Al Masrahi et Akim De Mehdi VI en total osmose avec leur corps tandis que Reno et Barbara Butch sont en pleine séance de clubbing techno-guingette. OKAY, ça dure 16mn mais y’a plein de jolis garçons à poil dedans, la musique est cool et puis, nous, ça nous rend fier.

 

Une petite vidéo qu’on est content de poster pour partager avec vous tous ces moments de bonheur et de fête qui n’existerait pas sans vous! Alors MERCI / COEUR / COEUR / COEUR / AMOUR.

 

Bien à vous.

Naco: le rebelle parisien.

À la rédaction, quand on dit « Naco Paris« , on pense forcément à l’emblématique tote bag signé d’un « Karl who?« . Problème, on n’aime pas trop les buzz ici. Trop d’emballement rend les choses mainstream et le mainstream, c’est pas notre tasse de thé… surtout si c’est pour ressembler à des clones. Alors c’est sûr, on a eu le jugement facile, la flemme de regarder, d’étudier. Et on a eu bien tort.

 

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On s’est rendu à sa dernière présentation dans un incroyable appartement en plein Marais parce qu’il nous avait invités sans qu’on lui demande rien. Parce que c’est rare, parce qu’on est polis mais surtout parce que le nom de sa collection est « Art is résistance » et que ça fait plusieurs fois qu’on repère le monsieur s’insurgeant sur Facebook contre des sujets qui nous touchent : la difficulté de la jeune création à survivre, le monopole de grands groupes et leur pouvoir marketing, des gens encensés sans vraiment savoir pourquoi… Bref, Naco intrigue par sa virulence justifiée et son côté rebelle. On a l’impression d’être dans le même panier : lui côté créa, nous côté presse. On a des points communs, c’est évident. On est de ceux qui font chier parce qu’on gueule quand ça nous emmerde (souvent sans diplomatie, je vous l’accorde) et ça ne plaît pas toujours. Finalement, on ne pouvait qu’aimer ce jeune créateur qui se bat pour des idéaux intimement liés à des problèmes qui vont bientôt faire crever autant notre planète que les gens qui cautionnent la grande Foire du Trône qu’est la mode d’aujourd’hui.  

 
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Après le rituel du passage d’un service presse plutôt sympa, c’est dans un antre très parisien que s’érigeait l’armée d’un Naco inspiré. Des modèles de tout âge, de toute race, statiques mais qui dégageaient une atmosphère charismatique par leur côté très engagé, tout en restant dans l’unité. Une présentation différente par son aspect revendicatif qui donnait indéniablement envie d’arracher les créations à même le modèle pour se les approprier. Naco sait jouer de ses codes, il appelle à la liberté en choisissant de ne pas rentrer dans le rang. Qu’ils soient noirs, blancs, asiatiques, jeunes, vieux, petits ou grands, les mannequins choisis par le créateur avaient tous une espèce de force qui envahissait la pièce et qui insufflait un vent de révolution. Un vrai manifeste qui crie que les pièces du designer indépendant sont conçues non pas pour le médiatique, mais bien pour enrichir la diversité humaine.

 
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Au-delà de ça, l’intégralité des silhouettes se veut Arty mais pas inaccessible. Les étudiants des beaux-arts et autres friands de vernissages improbables se régaleront d’une originalité mesurée qui sait extrêmement bien faire la balance entre excentricité, beauté, envie, sans oublier la copine portabilité. La signature Naco est bien présente : peinture à même le tissu, rayures réinterprétées, un travail des coupes larges pour un meilleur confort. Le jeune designer a le don de réussir des pièces singulières mais qui ne piquent pas les yeux. Contrairement à des Bernhard Willhelm ou autres Meadham Kirchhoff, son travail n’est pas focalisé sur la créativité, même si celle-ci en est la source. En prenant chaque pièce pour ce qu’elle est, on pourra facilement rendre solaire un placard un peu trop minimaliste. Un gros gros plus pour l’imprimé nuage qui, par sa douceur poétique, reste sobre mais affiche clairement une dose explosive, tout autant que le maniement d’un certain dripping à la Pollock sur bon nombre de pièces qui possèdent ce côté « à la cool » et pourtant diablement chic que l’on affectionne.

 
Naco Paris  

 
On peut donc clairement dire que Naco est honnête dans sa démarche : gueulard dans la vie, il l’est aussi dans son processus créatif mais reste de ceux qui habillent avant tout des êtres humains. Le créateur ne vise pas la starification, il veut prouver que l’on peut faire des pièces créatives sans forcément crucifier le corps qui les porte. Porte-parole d’une mode qui ne s’adresse qu’à ceux qui veulent la porter sans jouer dans la cour du marketing, Naco est un exemple à suivre, un homme que l’on devrait soutenir tant son discours est sincère et foutrement vrai. On ne jugera plus sur le simple buzz éclair d’une pièce qui met en avant et qui est peut-être aujourd’hui la seule porte de sortie pour que la nouvelle génération se fasse entendre. Preuve en est avec ce garçon sans langue de bois et cette excellente présentation, signe du besoin de casser les clichés culturels modernes… Les pièces de Naco sont les bases d’une révolution revendicative qu’il faut impérativement avoir dans ses placards si on est un vrai amoureux de la mode. C’est une évidence dans tout son ensemble…  

 
Naco Paris
 
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Bien à vous

S/S 2014 Womenswear – focus on Thom Browne

 

Dearest readers,

 

Here’s my selection of noticeable looks from the latest fashion weeks, I suppose I may just let the images speak for themselves first :

 

Ackermann ss14 ACNE ss14 1 AF Vandevorst ss14 ann sofie back ss14 2 Armani ss14 Balenciaga ss14 baptista ss14 Cedric Charlier ss14  Chalayan ss14 1  Christopher kane ss14 christopher_kane_ss14 david koma ss14 Demeulemeester ss14

Haider Ackermann, ACNE, A.F. Vandevorst, Anne-Sofie Back, Armani, Balenciaga, Felipe Oliveira Baptista, Cédric Charlier, Hussein Chalayan, Christopher Kane (détail), Christopher Kane, Chloé, David Koma, Ann Demeulemeester.
Givenchy ss14 2  hexa by kuho ss14 2 Jacquemus SS14 KTZ ss14 lacoste ss14 2 Le Tan ss14 Lemaire ss14 Lespagnard ss14 marni ss14 McCartney ss14 2 Melitta Baumeister ss14 MM6 ss14 1 Nicolas_Andreas_Taralis ss14 1 piece_d_anarchive ss14 2

Givenchy, Hexa by Kuho, Jacquemus, KTZ, Lacoste, Olympia Le Tan, Christopher Lemaire, Jean-Paul Lespagnard, Marni, Stella McCartney, Melissa Baumeister, MM6, Nicolas Andreas Taralis, Pièce d’Anarchive.
pilotto jacket + shirt ss14 Proenza schouler ss14 Undercover ss14 Van Noten ss14 2 Vaulthier ss14 Vionnet ss14 Vuitton ss14 headpiece Westwood red ss14 2 Westwood ss14 1

Peter Pilotto, Undercover, Dries Van Noten, Alexander Vaulthier, Vionnet, Louis Vuitton, Vivienne Westwood Red Label, Vivienne Westwood Gold Label.

 

But the most exciting show (if we put aside Louis Vuitton’s marvellous set) turned out to be that of my (current) favourite American designer, Thom Browne.

Browne gave us a delightfully twisted vision of a delirious woman, by turn nurse and patient, whose descent into madness transpired through her ravishingly embellished pure-white clothes (the intricate details and textures of the garments were truly astonishing).

 

t browne ss14 show-1 t browne ss14 show-3 t browne ss14 show-4 t browne ss14 show-5 t browne ss14 show-6 Thom Browne SS14-1 Thom Browne SS14-3 Thom Browne SS14-4 Thom Browne SS14-5

1046693 thom browne backstage 3 Thom Browne ss14 closeup

 All images from style.com, wwd.com, dazeddigital.com

 

Baisers,

E.

Anna Izorchka: parfaite maturité.

Comment vous dire ? Je pourrais être direct et donc incompris, mais il y a une subtilité bandante qu’il faut visualiser dans l’évolution du travail d’Anna Izorchka. Il y a quelque temps de ça, on vous avait parlé de la première collection du duo Anna Cormy/Fabien Delalande. Une sorte de perfection luxueuse à la signature racée, aux coupes tranchées et aux matières désirables. Il n’y avait rien à redire. Pourtant, aujourd’hui, je ne vois que les défauts de la première collection. Trop de mise en valeur d’innombrables vestes ? Un manque de repères sur l’ensemble des silhouettes ? Je ne saurais vous dire exactement. Ce que je constate, c’est qu’indubitablement leur nouvelle collection balaie la première pour se conjuguer au plus-que-parfait.

 

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Ce qui est intéressant dans ces nouveaux travaux, c’est une évolution significative, presque intransigeante. Les fondations excitantes restent les mêmes mais il y a quelque chose de mieux organisé visuellement qui donne une tout autre lumière à l’ensemble. Je ne remets pas en question les pièces de leur premier opus – tout le monde trouvait son bonheur et une forme d’insolence à proposer un luxe à la hauteur d’un Céline ou d’un Balenciaga – mais ce que je remarque, c’est que ce nouvel acte se place à un niveau supérieur.

 

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Une analyse plus mature mais surtout plus lisible. Autant on aurait voulu auparavant se payer une veste en cuir comme une alternative indispensable au perfecto « foutage de gueule » de chez Saint Laurent, autant maintenant c’est l’ensemble des looks qui fait envie. Il manquait dans leurs premières silhouettes une fertilisation du reste des produits. Là où ça devient intéressant, c’est qu’on ne pouvait pas s’en rendre compte au premier abord. On bouffait du Anna Izorchka avec plaisir en piochant dans une garde-robe intelligente et largement mixable. À présent, on dévore du Anna Izorchka tout court.

 

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La signature évidente et prédominante des découpes franches au scalpel est toujours significative mais abordée avec plus de légèreté. La palette de couleurs est beaucoup plus technique et les basiques (tee-shirt, débardeur, pantalon, short), qui portent tous le cachet de la griffe, ne deviennent que des indispensables qui appuient les vestes qui restent irréfutablement leur spécialité. On est dans une configuration réfléchie et encore plus intelligente où chaque pièce a sa fonction sans perdre sa dimension artistique propre. La puissance de l’unisexe Anna Izorchka est que l’on peut se l’approprier en total look sans être ridicule mais sans perdre en revendication visible. Tout est adoptable et tout rivalise avec le luxe marketé, sauf que ça n’en est pas. Du jeune créateur qui fusille Alexander Wang et brûle sainte Phoebe sur la place publique comme une sorcière vendue, forcément on aime !

 

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Deux jeunes louveteaux qui se lancent dans l’arène impitoyable de la mode, c’est toujours prendre le risque de se faire bouffer. Il faut faire preuve soit d’une impeccable force de communication, soit d’une puissance d’innovation créative, ou alors d’un sens aigu de la signature. Ils réunissent les trois atouts, et peut-être leur manquait-il un peu du premier point à leurs débuts pour défrayer la chronique. Une collection bien plus que réussie qui prouve que le talent est là et qu’il monte en puissance à chaque dose de maturité injectée. L’intelligentsia mode devrait sans aucun doute se délecter de cette collection parfaite, avec un petit verre de rosé dans les Hamptons. Est-il vraiment nécessaire de débattre sur l’extrême aura d’élégance que donne une allure Anna Izorchka ? Vous aurez compris que non. Alors que les deux jeunes gens posent les fondations d’une maison qui va faire parler d’elle, la rédaction se frotte les mains et les soutient sans concession… Problème ? On a déjà hâte d’être à la prochaine collection.

 

Bien à vous.

Luxe, perfection et volupté chez le maitre Lespagnard.

 

Dans l’art du new-tailoring, je demande Monsieur Jean-Paul Lespagnard. L’enfant chahuteur de la mode made in Belgium se serait-il échappé dans un atelier de Savile Row ? Ce qui est certain, c’est qu’il n’a pas fini de nous prouver qu’au-delà d’être un créatif inépuisable, il est aussi un brillant alchimiste des coupes. À la manière d’un Yves Saint Laurent, Lespagnard réinvente les codes modernes de l’élégance et prouve avec virtuosité que le raffinement n’a pas besoin d’être austère. Avec sa dernière collection présentée dans un incroyable salon de la gaîté lyrique, Lespagnard a surpris.

 

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Certes, il s’était déjà engagé dans cette voie lors de ses précédents opus mais aujourd’hui, c’est avec une maîtrise absolue qu’il a laissé une certaine dose d’excentricité au placard pour se focaliser sur des silhouettes parfaitement conçues : les proportions sont insolites dans un classicisme insolent qui rend la femme Lespagnard aussi belle que chic, autant léchée dans sa dégaine qu’originale. Une femme qui a du chien grâce à un modernisme subtilement contrôlé qui n’apparaît que par touches. On a l’impression que la structure de base est le tailleur mais il va être entraîné dans une machine à laver d’idées qui va le déformer jusqu’à arborer la signature typique du maître belge. Des jupes taille haute ou des pantalons souvent longs et larges, dans des matières qualitatives et résistantes sur des hauts incongrus, tape-à-l’œil, rendent grâce au décalage de l’ensemble. Lespagnard joue des codes du classicisme pour mieux les déformer et les détruire, pour casser l’héritage du passé sans le fustiger, pour exacerber l’histoire en y injectant son renouveau créatif.

 

 

Encore une fois, il ne néglige pas une touche de sportswear en faisant défiler des filles en boots de motard ou en créant des imprimés sur des matières inédites en tailoring tant elles ont le toucher d’un tissu initialement fait pour la performance. Mais il ne s’arrête pas à cet ADN sportif presque obligatoire tant cela a fait son succès. Il n’hésite pas à mixer des brocarts de roses dorées sur des noirs profonds qui viennent couper ce qui aurait pu être une collection évidente et donc attendue. Le créateur continue de s’amuser avec ses doigts pour mieux épater nos yeux, rendant vivante une nouvelle race de femmes totalement libérées du poids des conventions sans forcément faire de vagues. Une espèce de chic bourgeois revisité sous acides. Comment ne pas aimer cette envie de confronter des univers différents pour n’en former qu’un ? De la délicatesse d’une petite robe noire aux proportions inédites à un pantalon liane jaune poussin, c’est ce qui s’appelle faire un grand écart stylistique aussi audacieux que dangereux. Mais depuis ses premiers pas, Jean-Paul Lespagnard nous montre qu’il n’a pas peur de prendre des risques pour un effet de surprise maximum.

 

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Que pouvons-nous dire aujourd’hui d’une collection quasi parfaite qui nous emmène successivement dans des vagues d’ingéniosité et de classique urbain contemporain adaptable à toutes les situations ? Le vestiaire Lespagnard se veut alors multifonction, portable au bureau comme évident pour les soirées les plus folles et colorées, sans jamais céder au ridicule. On est non seulement dans l’hyper assurance d’un homme qui sait ce que veulent les femmes, mais aussi dans un tour de force hors du commun, la presse et les acheteurs. Il est alors évident et simple de penser que ce petit génie devenu grand homme mature maîtrise aujourd’hui tout ce qui est recommandable pour devenir une maison de luxe qui restera dans l’histoire comme un grand nom qui a su inventer une signature propre. Une trempe que bon nombre cherchent à atteindre sans vraiment y parvenir tant ils se torturent tous du qu’en-dira-t-on.

Jean-Paul Lespagnard prouve que seules l’honnêteté, la franchise et la rigueur sans concessions amènent à la perfection. Une attitude unique pour un homme unique dans un contexte qui a priori ne s’y prêtait pas. Le jeune créateur est maintenant une valeur sûre, un exemple qui a affriolé le monde de la mode depuis l’entrée de son défilé et ses croquettes aux crevettes jusqu’à l’envie irrésistible de le posséder dans sa garde-robe…

 

Bien à vous.

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