Haus of Love <3

Le marasme qu’est la nuit de la Saint-Sylvestre est un grand bourbier dans lequel on ne fout jamais les pieds. Gros bordel dans les rues, angoisse vis-à-vis de la foule qui se croit obligée d’être plus bourrée que de raison parce qu’on va prendre encore un an dans la gueule. Le petit doigt frileux, nous restons confinés sous une couette bien chaude, caisson de champagne en guise de béquille, jusqu’à ce que l’hystérie se tasse et que les réseaux sociaux annoncent les différents maux de cheveux et autres vœux de bonheur qui sentent le relent de drogues diverses et variées. Pas la peine d’essayer de nous faire croire que c’est LA soirée de l’année avec des Top 10 des fêtes aussi banales qu’un samedi soir à Lourdes… Enfin, cette année, si. Bernadette Soubirous ressuscite pour donner aux clubbers de la capitale française et à nos modestes orteils une raison de troquer le confort de nos bunkers-appartements pour le strass, les paillettes et de sortir le grand jeu à coups de tenues lumineuses « réginesques ».
 
dora-diamant-haus-of-love
 
C’est sous le signe de l’amour que la dealeuse maîtresse du genre vous invite à célébrer le passage de la porte du temps. Dora Diamant, Anna Mimouni et ses copines les plus intenses vous servent sur un plateau une maison « full of love », ou quand la seule promesse d’une drogue dure en intraveineuse se nomme « Amour » avec un grand A. Quoi de mieux que la version « Appart’ » de votre soirée, mais dans l’intimité d’un club qui sent le soufre et la démesure et aussi folle que les personnes qui l’investissent ?
 
dora-diamant-haus-of-love
 

Toute la particularité de cette fête réside dans le concept que la Diamant brute et sa team <3 <3 <3 assiègent le lieu du sol au plafond, du fumoir au Dj Booth : pas de videurs relous agressifs qui « doivent gérer » mais une Sailor Mounoury qui t’attend au fusil à vodka (ça promet!), pas de barmen indigestes qui sont au-delà de l’aigreur pour vous servir, pas de Deejay dédaigneux qui passent des disques pour leurs cachets hors de prix. Dans la Haus of love, on vient comme on est, on en prend plein les mirettes avec Gabo Del Toro et Linda De Morrir en performance, on se fait « polaroïder » par le maître Morrison, histoire d’avoir une photo de profil décente pour le 1er janvier 2015, tout autant qu’on devient muse d’art contemporain d’un soir pour les plus Studio 54 des artistes photographiques A.K.A Simon Thiébaut et Dustin Muchuvitz. À l’entrée, Marylou Tatoo se fera le plaisir de te rendre loubard avec ses encres folles pour mieux draguer les garçons pas concons qui danseront, danseront, danseront jusqu’au début de la petite matinée…

 

dustin-simon-thiebault-haus-of-love

MAcaulay Coquine & Du$tin

pepi-dora-haus-of-loveDora Diamant & Pepi Della Fresca

 
Car il faut le reconnaître, la maison de l’amour n’a pas lésiné sur la musique la plus pointue, histoire que le temps ne soit qu’une question vague inexploitable… Pepi Della Fresca, le rouquin maître des Flash Cocotte aux sets aussi furieux que son cerveau bibliothèque de la musique la plus érotique, enchaînera avec Scarla 1000, membre des très réputés Travlator$! Alors que dans l’incongru, la liberté du duo le plus ourson de la planète, j’ai nommé les Wannabear, servira des mets sonores légendaires au-delà de l’hymne. Michel Vacances (a.k.a Matthieu Gagelin), qui avait joué pour une de nos SALE!, sera aussi de la partie et on en redemande déjà tellement ses sets pointus évoquent la sensualité d’une soirée bien entamée où le prince charmant est déjà dragué. Mais c’est avec Apollo Thomas que tu le ramèneras dans ton lit, petit génie de l’illustration, Einstein de l’amour, qui, par ses formules magi-musicales, devrait finir d’achever ton taux d’endorphine alors que Dora, baronne de l’amour, coordonnera tout ce joyeux bordel pour ton cœur qui ne demandera qu’à s’ouvrir avec fugacité sur la piste… Rien que d’y penser, on en sue déjà, de ces phéromones qui appellent à se faire des câlins.
 
apollo-thomas-haus-of-love

Apollo Thomas

scarla-1000-haus-of-love

Scarla 1000

michel-vacances-haus-of-love

Michel Vacances

 
Avec une invitation limitée à 150 places, la Gina xxx du Nouvel An est la soirée confidentielle où tout le monde voudrait être mais n’en a pas encore conscience. Il faut se dépêcher, les tickets sont rares, peu chers pour (15 en prévente / 18 sur place) et cette maison qui pue déjà le moment culte n’aura lieu qu’une fois… Comment te dire que les clubs lambda, tu peux y aller toute l’année et que tu t’embarques, chez eux, pour la destination nommée « enfer » ? On ne sort jamais pour Sylvestre, ici, on va l’embrasser, le câliner, l’aimer et se gaver de cette énergie lumineuse qui nous gorgera toute l’année. Tu viens ? MAIS VA ÊTRE TROP BIEN, BORDEL ! Oh LÀ, LÀ, LÀ ! MAIS HÂTE, QUOI !
 

Bien à vous.

Les têtes à claques!

têtes-a-claques

 

Si, en effet, on aime faire des caricatures un peu moqueuses de ces messieurs et de leurs stéréotypes vestimentaires, il n’en reste pas moins que généralement, ils nous allèchent jusqu’à l’érection. De l’autre côté, il y a ceux qui nous font aussi bouillonner, mais à l’opposé. Ceux qui nous donnent envie de devenir champion de France de boxe juste pour le plaisir d’en faire nos punching-balls. Sérieux, les gars ?! Vous vous regardez dans une glace avant de partir de chez vous ? Comment ça se passe, vous vous sentez bien en étant franchement moches ? Petit tour d’horizon des têtes à claques du style.

 

têtes-a-claques

 

– Le mec Rick Owens : sa mamie devait se débarrasser de ses torchons à vitres et de ses vieux collants filés, il a donc décidé de s’improviser créateur de mode et d’en faire une espèce de superposition de tee-shirts informes qui lui arrivent aux genoux. C’est laid, la matière est indescriptiblement dégueulasse et il ressemble à une version goth de Desigual. Autant vous dire qu’on a plutôt envie de remettre un peu de couleur dans sa vie en lui vomissant dessus.
En plus, le mec associe généralement ça à une jupe longue en toile de parachute digne de madame Moreau, prof d’arts plastiques du collège Francis Lalanne à Cujol-les-amandiers dans le périgord, le tout surmonté de boots à lacets dignes d’Elvira. On adore Elvira mais dans un contexte iconique, hein ! On se voit mal procréer avec la maîtresse des ténèbres.

 

têtes-a-claques

 

têtes-a-claques

 

De plus, chéri, le maquillage, on est ultra d’accord pour aller à la House Of Moda du samedi soir mais entre-temps, ça serait sympa que tu te laves la gueule. Ça donne pas très envie, tous ces restes, même si tu as l’air de trouver ça terriblement sexy. On t’assure que ça ne l’est pas. N’est pas Kurt Cobain qui veut, okay ? Pas la peine de faire la tronche non plus, ce n’est pas nous qui avons décidé que les gens auraient la nausée en te matant, bébé.

 

têtes-a-claques

 

– Le sportif de la vie : il fait -40 000° en ce mois de décembre mais le sportif de la vie est en short avec un débardeur Adidas taille 12 ans et des Nike à ressort. Il a chaud où qu’il soit, quoi qu’il fasse. De toute façon, il ne fait qu’une seule chose dans la vie : du sport. Donc, il se doit de te le montrer et de partager visuellement sa transpiration avec toi. Son iPod chirurgicalement implanté dans les oreilles et pincé à la sangle de son sac Asics XXL qui contient une gourde, des stéroïdes, différentes serviettes sales et à salir, un jockstrap de rechange et les derniers exemplaires de Hulk Hogan magazine, il se dandine dans une chorégraphie linéaire étudiée. La vie est un tapis de course et il veut que tu en aies conscience, même à 8 h du mat’, alors que tu ne rêves que de ta couette.

 

têtes-a-claques

 

Il a le crâne savamment rasé et la petite houppette à la Tintin imbibée de gel Vivel Dop effet carton, que si tu passes ta main dedans, tu te coupes en mode « direct aux urgences ». Son sourire ultra bright est indécent de niaiseries mais lui se sent fort parce qu’il a un tatouage tribal des tribus polynésiennes choisi dans les shops à encre de Châtelet. Ses QG sont la salle de gym, ÉVIDEMMENT, mais aussi le Sun City où il ne va, bien sûr, que pour faire du hammam en toute simplicité et hydrater sa peau. Oui, oui… et mon cul, c’est du poulet ? Bref, c’est vraiment le mec à qui tu n’as pas envie de parler tellement il sent le rance à 20 kilomètres. Mais ne soyons pas odieux, lui, il est bien dans ses baskets car il fait du sport… ÇA VA, JE CROIS QU’ON A COMPRIS.

 

têtes-a-claques

 

– Le Saint-Germain-des-Prés Power : il est certainement le plus insupportable de cette catégorie avec ses mocassins en velours à picots de chez Tod’s et son inconditionnel chino aux couleurs plus embarrassantes les unes que les autres, comme framboise ou vert pomme. Son signe de ralliement et d’identification ? La ceinture Hermès, seul objet de la maison de luxe ultime qu’il peut s’offrir. Il est généralement accompagné de Charlotte, son double féminin en ballerines Repetto, sac Longchamp pliable, skinny délavé à 400 boules de chez Darel, chemisier à lignes verticales roses, perfecto en cuir trop petit et chevelure beaucoup trop blond cendré sous couvert d’une frange démesurée.

 

330335_2930237569969_2043468286_o

 

Ils ne se quittent plus depuis le Rallye after « Manif Pour Tous » où ils se sont rencontrés, et lui la protège de ses grands bras maigres cachés sous sa veste Hugo Boss que papa lui a payée quand il a réussi à avoir un 8/20 à sa copie de philo au lycée Notre-Dame-des-Enfants-Sauvés-de-cette-Société-de-Débauche. Il te regarde avec dédain parce qu’à 30 piges, tu portes des vêtements de sport autrement que pour aller au tennis alors que lui s’habille comme son grand-papa depuis qu’il a 8 ans. Et ça, il ne comprend pas. Ça tombe bien qu’il ne comprenne rien parce que nous, à part lui foutre une paire de gifles dans la gueule, on n’a pas vraiment envie de faire grand-chose d’autre, et certainement pas de lui expliquer.

 

têtes-a-claques

 

– Le CDI de la mode : depuis qu’il est devenu assistant EN CDI (Saint Graal ultime) de la rubrique shopping de Avantages, le garnement n’en peut plus de la vie. Il superpose tout ce que lui dit le catalogue Vogue-LVMH et ressemble à Anna Dello Russo, mais version Primark. Parce que bien sûr, il est junior et son 1 200 boules par mois ne lui permet pas de s’offrir les originaux. Il représente tout ce qu’il ne faut pas faire, IL EN FAIT TROP.

 

têtes-a-claques

 

Certes, il a un sac à 4 000 balles offert par ses parents + grands-parents qui se sont saignés pour lui acheter il y a deux saisons car il ne voulait pas du permis (il habite en ville), mais tout le reste est un condensé de tout ce qui se fait de plus cheap au monde. Pour feindre cette fadeur dont il a conscience, il tend son sac comme un hystérique à toutes ses collègues de bureau en criant : « C’est un VRAI Balenciaga que je n’ai même pas acheté sur Vestiaire Collective ! ». Son musée, c’est H&M le samedi après-midi, et les célèbres collab’ du géant suédois de la merde sont ses avant-premières à lui. Il parle en mettant des « -han » à la fin de chaque phrase et il a tellement d’accessoires sur lui que Noël est LA date de l’année où il paraîtra normal. Dédaigneux, tout le monde le hait. Lui croit que c’est parce qu’il a compris la mode et que les autres sont juste jalouuuuux. Mais en fait, c’est parce qu’il a une attitude de roquet qui aurait besoin d’un bon coup de… En même temps, qui voudrait fourrer une dinde hystérique de ce genre, même un jour de Thanksgiving ?

 

75192a9b2c09837a_PFW_StreetStyle_SquareThumb.xxxlarge

 

Le CDI de la mode est le modèle même de la frustration qui noie son mal-être dans la fringue de mauvaise qualité comme beaucoup d’entre nous se replient sur une bonne tablette de chocolat noir. Son appartement est empoisonné de fringues à usage unique et sans âme, comme lui. Son seul moment de répit est la fashion week où il peut jouer à la grande dame du monde avec ses copines journalistes et sortir des phrases toutes faites comme : « Karl nous a impressionnés avec sa collection déstructurée ». Il ne sait pas ce que ça veut dire mais il s’en branle parce qu’il a compilé trois phrases dites respectivement par Anna Wintour, Mademoiselle Agnès et Suzy Menkes, donc ça ne peut être que génial. Son idole est Rachel Zoé, une « femme qui a réussi » et bien qu’il s’empiffre de kebabs en scred à 2 h du mat’, il essaye de faire croire qu’il ne mange rien. Il fait plus pitié qu’autre chose, mais comment en vouloir à quelqu’un qui finalement n’a aucune existence sérieuse ?

 têtes-a-claques

On en croise tous les jours sur les lignes du métro, ils sont insupportables, mais qu’est-ce qu’ils sont rigolos à sauver mes matinées embuées ! Continuez, les gars. Sans vous, ma vie serait tellement monotone… Au fond, je vous aime, vous faites remonter mon estime de moi, à chaque fois !

 

Bisou et bien à vous.

Les garçons du métro! – vol.2

Ah! Tu t’es réveillé! La suite alors! 
 
les-garçons-du-métro

 

Le « Je-m’en-fous-l’air-de-rien-mais-en-fait-non » : alors lui, c’est le plus vicieux. L’ancien bobo qui en a plein le cul de se faire agresser avec sa femme et sa poussette quand ils vont bruncher du quinoa et des pousses de blé germé le dimanche matin pour 28 balles au pied de la butte Montmartre. Celui-là même qui n’en peut plus de se faire insulter à son cours de yoga en plein air. Conclusion ? Il a arrêté les Veja et autres pantalons de chez AMI. Le néo-bobo surfe sur la tendance du lumbersexuel et se la joue homme des bois, tout en naturel… bien que tout ça soit étudié du coupe-ongles au brumisateur salé pour ses cheveux.

 

les-garçons-du-métro

 

Lui porte la barbe, la grosse, parce que c’est un homme qui va faire des randonnées le week-end avec sa petite famille et son Hummer poussette rempli de sa marmaille. Il a le cheveu long et gras aussi, parce qu’il s’en bat les couilles d’être propre. C’est une brute qui ne s’épile plus le torse depuis que le métrosexuel a rejoint le tombeau d’Elizabeth Taylor. Decathlon est son avenue Montaigne, car ne soyons pas naïfs : depuis la sortie de la collaboration nauséabonde entre A. Wang et Honte & Misère, Quechua est la nouvelle griffe chic des gens qui se « retrouvent avec eux-mêmes en forêt après un tour aux puces de Saint-Ouen » (citation véridique).

 

les-garçons-du-métro

 

Il porte des chemises trop larges sur des débardeurs de sport trop serrés en coton pima, le muscle saillant travaillé à son cours de Krav-Maga (il faut savoir protéger sa petite tribu). Sa marque de shoes préf’ est Salomon, histoire que ça soit confort et sait-on jamais, s’il doit faire un trek à son bureau où il crée des applications mobiles pour les blogueuses mode. Il est paré à toutes les épreuves tout en étant cool. Le nouveau bobo s’est transformé en une espèce d’adorateur sectaire de la nature sans vraiment sortir de Paris intra-muros. Mais ça, vous ne devez jamais le savoir et effectivement, il est difficile de le deviner tant on pourrait croire qu’au sortir de ce métro, il dégainera sa tronçonneuse pour aller tailler les arbustes au Jardin du Luxembourg.

 

les-garçons-du-métro

 

C’est un hypocrite mais on s’en tape, il ressemble tellement à Alcide Herveaux dans True Blood qu’on lui demande juste de ne pas déblatérer sur la beauté du printemps et de seulement nous laisser mater. Il est bien plus appréciable que la génération précédente de relous bourgeois à claquer, ma queue en gage de satisfaction.

 

les-garçons-du-métro-vol-2

 

– L’étudiant qui pue Grazia : il lit Sartre assis sur les strapontins mais il a précautionneusement découpé les articles de ses magazines féminins préférés qu’il a insérés à l’intérieur parce qu’il a honte. Il se veut intello mais il a l’obsession de la mode. Il suit tout, sait tout, consulte son Smartphone dans les chiottes de la fac pendant ses pauses à la bibliothèque où il étudie-dort pour se remettre de la mine qu’il s’est mise avec ses potes anarchistes au Mauri7. L’étudiant Grazia porte des DR. Martens (basses), des jeans retroussés jusqu’aux genoux APC parce que Jean Touitou a une grande gueule et que c’est la nouvelle France. Mais en fait, c’est surtout qu’il fait des trucs avec Kanye West et qu’à l’intello, ça lui semble rebelle pour une griffe « à la française ».

 

les-garçons-du-métro-vol-2

 

les-garçons-du-métro-vol-2

 

Sa marque culte, c’est Carhartt, parce que c’est cool et que ça impressionne Caroline, la meuf que tout le monde veut pécho et qui le trouve trop mimi avec ses lunettes rondes et son bonnet vissé sur la tête de jour comme de nuit, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il fasse 56 degrés à l’ombre. Il a compris que pour tremper son biscuit avec la bonasse, valait mieux être stylé et prétendre être futur écrivain à la Beigbeder plutôt qu’être le gros lourd qui joue au football.

 

les-garçons-du-métro-vol-2

 

les-garçons-du-métro-vol-2

 

Petite chemise boutonnée jusqu’à l’étouffement, pull en cachemire Monoprix, il n’a pas les moyens de ses ambitions mais l’ensemble de sa tenue vaut un SMIC : merci papa, merci maman. Il fait des stages dans des agences de com’ et maîtrise Instagram comme Jésus marche sur l’eau. Son sac à dos double sangle immense lui donne de la prestance et sa nonchalance a été volontairement volée à tous les chapitres qu’il a pu lire sur le néo-dandysme. Son vœu est d’avoir un bac + 72 pour pouvoir éternellement sortir du mercredi au dimanche sans qu’on lui fasse la moindre réflexion. Lui, la mode, c’est sa vie. Il n’a jamais de tunes mais ne refusera jamais une invitation à un vide-dressing pour se faire « un petit plaisir » Sandro à 350 euros à la place de 600. Une affaire. On a vraiment envie de le gifler mais le petit con s’y prend généralement assez bien pour avoir l’air si mignon qu’on en ferait plutôt une peluche vivante. Insupportable mais baisable puissance 1 000, on lui pardonne tout…

 

les-garçons-du-métro-vol-2

 

Quoi qu’il en soit et peu importe d’où ils viennent, on les reconnaît. Ils sont les nouveaux stéréotypes d’une mode que l’on rejette mais à laquelle on adhère pour faire partie des tribus de la capitale française. Moi, je n’ai qu’une chose à dire : ça fait trois ans que je l’épie mais le jour où je le rencontre, lui, la brute années 80 gorgée de sport avec sa vieille veste en cuir qui pue le vécu comme les rides qu’il a sur le visage, je troquerai mon Navigo et mes matages quotidiens contre un mariage et un abonnement Vélib’. Si tu m’entends, je suis sur la ligne 11 pratiquement tous les jours…

 

les-garçons-du-métro-vol-2

 

Bisou et bien à vous.

Les garçons du métro

S’il y a un truc que je déteste plus que tout au monde, c’est me lever. C’est juste l’enfer quand ce putain de réveil sonne. Alors je snooze jusqu’à la dernière seconde. Je me douche encore plus vite que Nicki Minaj ne « twerke » et je file m’intégrer à la société, généralement sans bouffer, sans café, avec les yeux qui collent. C’est alors que le métro pourrait être l’enfer.
La musique dans les oreilles pour me couper du monde ? Ça m’agresse. La lecture comme alternative ? Ça ne sert à rien puisque j’ai tellement la tête dans le cul que je ne comprends absolument rien à ce que je lis. J’ai trouvé une activité bien plus passionnante : je regarde les garçons. De la tête aux pieds. Je kiffe analyser comment s’habillent les hommes de nos jours quand ils se rendent à leur gagne-pain. Ma petite fashion week à moi, mêlée, je le reconnais, à un certain plaisir de prendre une dose de jolis messieurs avant de devoir s’enquiller une journée de job alimentaire chiant.
 
http://www.nicolasbg.com/
 
Ça fait trois ans que je fais le mateur et s’il y a un truc que je peux dire, c’est que les choses ont bien évolué. Les traditionnels costumes-cravates de la Défense qui se comptaient comme un régiment de soldats nord-coréens ont laissé place à plus de créativité tout en restant dans les limites du raisonnable : non, les Cockettes ne travaillent pas encore à la Banque de France (et c’est bien dommage). Ceci étant, on peut dire que les créateurs masculins ne cessent de révolutionner leurs vestiaires pour faire de nos chers et tendres des armes de séduction massive !
 

Dans mon étude anthropologique de l’homme qui aime se fringuer, j’ai remarqué définitivement 4 grandes catégories (note comme je suis un grand savant fou reporter de la Moooode) :

 

les-garçons-du-métro

 
– L’indécrottable Mad Man : certes, il est le plus classique et il est aussi ancien que la préhistoire, mais il a compris que Célio et Jules, c’était vraiment une merde qui le faisait plus ressembler à un vendeur obsolète de Tout l’Univers qu’à un professionnel crédible et ça, c’est vraiment LA révolution. Définitivement, les coupes sac de ces enseignes ne rendent pas hommage à la gent masculine. Définitivement, le mâle qui s’intéresse un tant soit peu à sa beauté s’en est largement rendu compte. Le nouveau trader moule son fessier dans des pantalons ajustés qui fusellent ses jambes et il montre allègrement le nombre d’heures qu’il a passées au Club Med Gym. Une vraie tablette à déguster aussitôt l’emballage enlevé.
 
les-garçons-du-métro
 
Il porte la chemise cintrée et s’octroie la futilité d’adopter des colorimétries vivifiantes ou des motifs incongrus. Sa veste assortie est tout aussi fittée et possède aussi quelques détails qu’auraient reniés les Cro-Magnon machos d’une autre époque : col châle, boutons d’apparat, matières soyeuses aux palettes improbables ou quadrillages schizophrènes sont quelques mignardises que s’accorde le nouveau Men At Play, le tout sur de la bottine en cuir bien cirée sortie tout droit de la tête du Parisien maître du genre : Philippe Zorzetto.
 
les-garçons-du-métro
 
les-garçons-du-métro
 
Le nouveau PDG a compris que son apparence était aussi importante que le discours qu’il tient. Il y met donc sa touche de folie sans en perdre son sérieux. Il se voit en dandy Bowie et veut qu’on le reconnaisse pour son audace qu’il tend aussi à exprimer dans son ouvrage quotidien… Je ne m’en plains pas, je m’en lèche plutôt les babines.
 

les-garçons-du-métro@Jim Tot

– Le nouveau créa temps-partiellisé : il travaille chez Claudie Pierlot 20/h par semaine, bien qu’il déteste cette marque de connards bourges. Il n’a pas le choix : faut bien payer le musée Emmaüs qui lui sert d’appartement et bien évidemment, avoir les quelques piécettes pour se nourrir de bière dans le PMU transformé en rade électronique par ses copains fanatiques de musique, qui n’ont pour seul but dans la vie que de donner à Paris son statut de nouveau Berlin.
 

 NicolasBG2-9@Nicolas BG

 
Il a tellement ramé avec ces trois années de stage en graphisme ou en tant que 19e assistant d’un galeriste odieux que maintenant, il est heureux de son salaire de ministre, soit 700 € par mois. Généralement, entre 25 et 35 ans, il kiffe de pouvoir faire son artisanat pendant son vaste temps libre et râler sur des clients ignares pendant ces 20 heures en CDI qu’il a trouvées après 41 entretiens.
Évidemment, il porte la barbe, mais très courte, voire est presque rasé de frais, parce qu’il ne veut justement pas qu’on l’identifie à ce hipster brooklynois et à sa pilosité dépassée. Il porte des Sneakers parce qu’il veut montrer son refus de se normaliser : c’est un artiste, merde ! Mais certainement pas des Stan Smith ou des Free Run parce que ce n’est pas un loser qui suit la teeeennnndaaance ! Il ne jure que par les classic de Reebok (blanches évidemment), marque anglaise tout aussi iconique mais à l’imagerie beaucoup plus punk.
 
les-garçons-du-métro
 
les-garçons-du-métro
 
Il achète ses slips et ses tee-shirts blancs, gris ou bleu marine chez Petit Bateau parce que c’est basique et français : le nouveau créatif est patriote. Ses pantalons viennent de chez Patrons par Vincent Schoepfer et ses haut de House Of Base parce qu’il connaît la qualité de la jeune création parisienne et quitte à dépenser de la tune, autant que ce soit pour les copains. Fuck les clones ! Fuck la fast-fashion ! Son habit est un manifeste anti-société de merde où tout le monde se ressemble…
Ses vestes Adidas et ses manteaux d’hiver viennent de chez Freep’star parce que de toute façon, il n’a pas franchement 200 boules à claquer chez qui que ce soit d’autre. Tout comme ses sweats ornés de mignonneries improbables et rétro 90’s car le monde est déjà assez laid comme ça, alors autant rigoler un peu… Oh merde ! Je suis un de ces mecs-là…
 

OOPS! Tu t’es endormi sur ton clavier… à suivre… 

Adieu Gayroméo!

J’ai la maladie d’amour. Un être vous manque et tout est dépeuplé. Putain, ça m’a gavé, les mecs ! Mais un truc de fou. Moi, j’suis en mode « Mon petit poney ». Je l’attends avec sa 2 CV blanche pour qu’il m’emmène en Italie, qu’on bouffe des pizzas en buvant de la San Pellegrino et qu’on refasse le monde sous un ciel étoilé multicolore dû à l’abondance de weed qu’on aura pris avec nous dans le coffre.

 

gayromeo-stev

 

Le problème ? Bah, c’est qu’il y a beaucoup d’handicapés du sentiment entre le 14e et le 20e arrondissement de Paris. Bon, O.K., j’suis pas tous les jours facile à vivre mais quand même, merde ! À part quand je suis vraiment bourré et que je déteste l’entièreté de la planète, je me considère plutôt comme un mec sympa : je fais à bouffer, je rechigne jamais pour faire des câlins, je suis plutôt partant pour tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi).

Depuis que le roi de cœur a quitté le bastingage, je ne sais pas trop quoi faire de ma vie amoureuse. Je sors beaucoup, je rencontre plein de garçons aux Stan Smith blanches comme la neige et au cœur aussi noir que le charbon. Paris aime flirter mais a vite les chocottes quand il s’agit du « à deux, c’est vachement mieux ». Alors qu’est-ce qu’on fait ? Bah… comme tout le monde, je vogue sur les « internets ».

 

gayromeo-stev

 

Je suis de la vieille école : Hornet, Tinder & Smartphone application de l’amour, c’est pas trop ma came. Moi, j’suis un mec GayRoméo. À L’ancienne. Je crois même que si Caramail existait encore, je serais le dernier combattant « jeunegaymtp74 ». Moque-toi ! Mais cette interface bleue dégueulasse, ces petites photos d’accueil toujours pleines de « charme » et cette douce mélodie quand on reçoit un message, c’est exactement la même chose que quand ma grand-mère me crie : « La blanquette de veau est servie, mon poussin ». Ça a un goût d’aisance, d’un truc que tu connais et qui te réconforte. Par contre, rien n’a changé depuis 1997. Un vrai zoo. S’il devait y avoir une étude anthropologique du PD, c’est sur Gayroméo qu’il faudrait installer sa base de données. Chaque profil est une petite cage renfermant l’animal de ton choix : du mec qui se prend pour des chiottes vivants à l’étudiant de 17 ans qui n’a pas encore conscience qu’il est le parfait gibier pour tontonbear66, il y a de tout et surtout… du n’importe quoi. J’adore Gayroméo. C’est comme dans Sliders, les mondes parallèles, tu ne sais jamais sur quoi tu vas tomber puisque de toute façon, le maintenant légendaire « Salut » ou « Slt » (pour cette génération de mecs qui ont acheté leur clavier « contrefaçonné » en Ethiopie sans « a » et « u ») est la porte qui ouvre toutes les fenêtres. Ton joli barbu hipster qui a l’air complètement anodin dans sa chemise à carreaux avec un poster d’Amanda Lear en fond dans sa chambre-cuisine-salle de bains qui lui sert d’appartement peut totalement te sortir un « tu peux te vider dans une de mes chaussettes si ça te tente ». Pourquoi, comment, d’où ça lui est venu ? Qui peut le savoir ? Que notre Sainte Nature se méfie quand elle crée sous LSD, voilà ma seule explication.

 

gayromeo-stev

 

Entre les adorateurs de Reqins™ qui se comptent par milliers et qui, malgré une sorte de visibilité un peu trash-sport, restent généralement des gros nounours et ne veulent simplement qu’exalter un fantasme, les mecs qui ont 21 millions de photos mais pas une de claire, ceux qui ont pimpé leur profil en mode « j’suis graphiste, t’sais » ou encore ceux que nous appellerons « les fantômes de GR », à savoir les mecs qui viennent t’aborder mais dont tu n’as absolument aucune info ou même idée de ce à quoi ils ressemblent, il en résulte que tu peux passer des heures à jouer à ce grand Sims™ PD en mode « je te kiffe moi non plus ». C’est exaltant… et épuisant.

 

gayromeo-stev

 

Bon, faut pas déconner ! J’y ai fait des belles rencontres… sans me foutre de votre gueule, hein ! Je vous assure que c’est vrai ! Mais ça reste confiné à du… flirt. Soyons honnêtes : un mec, sur une photo, c’est toujours plus pourri en vrai. Une conversation électronique, c’est AUSSI toujours plus pourri en vrai. Alors, qu’est-ce que je fous encore là-dessus ? Bah, je ne sais pas. Alors du coup, voilà : exorcisme, bye ! bye ! Mais tu m’auras bien éclaté pendant mes années lycée et ses consœurs cœurs brisés. Je décroche, dernier hommage à ma petite page bleue pourrie et tes photos d’accueil bien dégueu. Maintenant, les garçons, sortez vos Stan Smith toutes blanches et le cœur serré tout rouge qui va avec. Minaudons des yeux et parlons sans azerty. Retournons au traditionnel, parce que y a FRANCHEMENT rien de plus cool que cette humble réalité…

 

Bien à vous.

R’n’B féminin: un gouffre d’ennui et de platitude.

Depuis quelque temps, devant mes yeux ébahis apparaît une nouvelle scène de chanteuses bien décidées à faire du R&B le genre le plus relou de la terre. Cela ne me posait aucun problème tant qu’elles restaient un phénomène de niche pour gays fragiles, mais devant leur audience grandissante, un énorme OLA! s’avère nécessaire afin de remettre les idées en place aux brebis égarées.
 
aubry-rnb
 
FKA Twigs, Andrea Balency, Jessy Lanza, Sza et j’en passe, autant de petites meufs sorties de nulle part qui inondent régulièrement Internet de leurs vidéos pseudo-arty en 7D Retina. Qu’avons-nous fait pour mériter ça ? Le R&B mérite-t-il tel châtiment ? Est-ce une punition pour avoir enfanté Craig David ? Enquête.
 
aubry-rnb
 
Généralement, tout commence de deux façons. Soit une instru électronique vaguement déconstruite puis une meuf qui miaule, soit une meuf qui gémit puis l’entrée d’une instru tellement chiadée qu’elle en devient inexistante. Plein de petits hit-hat dispersés çà et là comme autant de gouttes d’eau plate, une basse généralement full d’infra que le mec de base n’entendra probablement jamais avec son haut-parleur tout pourri de MacBook Air coincé dans son 18 m2 du 10e.
 
aubry-rnb
 
Évidemment, on peut distinguer plusieurs mouvements dans ce grand genre musical dopé au Tamiflu, à la chaîne musicale Majestic et aux hashtags Instagram. Leur point commun est un ego surdimensionné et un premier degré maximum les poussant à dire des phrases du type : « Je veux utiliser ma musique et l’idée d’une artiste plus polyvalente pour nourrir différents projets. J’ai le sentiment que beaucoup de gens ont du talent dans différents domaines, et je vois la musique comme une extension de tous les projets artistiques que je réalise ». Ou encore : « Fuck alternative or experimental R&B ». Sic.
 

 
Grimes nous fait toujours plaisir. Lookée comme un sapin de Noël sous ecstasy qui n’aurait jamais dû s’échapper du film Alien qui l’a enfantée, elle aime le désert, la plage, les feux d’artifice, les serpents, les vibes glacées et toutes ces choses foncièrement originales que l’on retrouve dans 90 % de la production actuelle. Ses chansons se dansent comme dans un film de Xavier Dolan, c’est-à-dire au ralenti et en mourant d’ennui. On se demande encore qui sont les 20 millions de personnes qui ont pu tomber un jour par mégarde sur ce clip dont la folie égale celle d’une chronique de Jean-Luc Lemoine dans Touche pas à mon poste. On passera sur la batterie lo-fi façon « j’ai fait ça dans ma chambre en suçant des piroulis à la grenadine » tant elle donne envie de se taper la tête contre les murs en hurlant de rage sur du Ramstein.
 

 
Je vous présente SZA. Le clip consiste en une meuf qui se déshabille vaguement avant de rentrer dans un lac pour s’y noyer, ce qui nous semble être la seule vraie bonne idée. Après quelques gémissements, on a successivement droit à un zoom sur une Converse, un iPhone cassé et un gilet en laine contenant un papier et un crayon, probablement pour noter « la super bonne idée de chanson chiante que j’ai eue hier en achetant un hot-dog à 10 euros à Strasbourg Saint-Denis ». Quelques plans sur la nature, quelques glouglous et zou, elle disparaît sous l’eau en faisant la croix, provoquant un mélange de haine, de rire et d’embarras. Emballé, c’est jeté.
 

 
Bienvenue à sa copine Kilo Kish, qui a la même coupe, la même absence de groove et le même sens du vide. Ici, on sort du lac pour se retrouver avec des bruits d’oiseaux sous filtre sépia tandis qu’apparaissent soudain un blouson Kitsuné, Pedro Winter, les petits pilous et un hoodie Sixpack en pleine tournante. On blague pour le reste mais malheureusement, le blouson est bien là, tandis que surgit sous nos yeux ébahis l’idée du siècle, une chanteuse triste au milieu d’une pseudo-fête de crevards.

On se demande encore qui, en 2014, peut penser qu’il est O.K. de mettre en œuvre un story-board aussi cramé, encore si peu face au final façon « je déambule avec mon blouson trop yolo dans le désert sur ma chanson pourrie en me nourrissant de la mélancolie d’un coucher de soleil » Ce qui donne envie de lui faire bouffer un cactus par la racine pour la réveiller de sa léthargie X-Pro II.
 

 
Le truc relou avec Jessy Lanza, c’est qu’on avait vraiment envie de l’aimer. Elle a signé sur le cool label Hyperdub, elle était pleine de promesses. Et puis elle aussi a décidé de niquer le R’n’B dans ses grandes largeurs à coup de tracks puissamment soporifiques. On a récemment pu la voir au Pitchfork Festival, jouant le marchand de sable pour un public à la base déjà pas très réveillé. C’était nul.

Ici, on pourra décrire le clip comme un « montage audacieux » dont on espère que le dossier de presse contient les formules « éthérées », « groove hypnotique » et « nappes planantes ». Et vas-y que je te balance des dégueulis de réverb, et vas-y que je joue le minimalisme pour arriver à un résultat less is less du plus mauvais effet.
 

 
Évidemment, le meilleur pour la fin, FKA Twigs. Avec ses initiales rappelant furieusement une célèbre chaîne de poulet frit, elle remporte la palme. Sa petite voix fragile, ses clips dont le visionnage devrait obligatoirement s’accompagner d’une prise massive d’aspirine réussissent le pari de faire sould out à Paris et de pourrir régulièrement ma timeline Facebook, confirmant combien l’algorithme de Zuckerberg est tout pété. La simple écoute d’un de ses gémissements donne envie de l’enfermer à tout jamais dans un bucket 24 pièces sous perfusion de Lexomil.
 
Elle incarne tout ce qu’on a envie de jeter dans la génération Tumblr avec ses clips arty-chiants, ses ralentis qu’on a envie de détruire à la pioche, ses instrus bonnes à jeter à la benne des producteurs sensibles et conscients. Que ce soit sur « Water Me » où elle fait l’horloge avec sa tête, « Papi Pacify » où, couverte de paillettes, elle se fait mettre des doigts dans la bouche en noir et blanc, ou « Two Weeks » où elle joue les Cléopâtre en bougeant comme une décérébrée, on ne sait plus où donner de la tête dans le kitsch et l’absurde. Ah si, on peut toujours taper son nom dans Google Actu et lire ses plus belles déclarations sur son amoureux Robert Pattinson : « C’est le contraire de qui je suis en tant que personne, et ça a été bizarre… Puis je me suis assise et j’ai eu une conversation avec moi-même (…). » Eh bien, la prochaine fois, évite d’en faire une chanson.
 

XX, Aubry.

Jules: Guérilla sonore et putasseries vicieuses

Jules Faure est connu pour son imagerie brutale, sans concession, comme une mise à nu ultime de son objet de convoitise… Le directeur artistique de Monsieur/Mademoiselle, photographe Europe pour American Apparel, n’a pas son pareil pour irriguer son art d’une force crue qui peut autant mettre en émoi qu’inciter à la réflexion. Pourquoi y aurait-il un compromis quand le doux enfant du diable s’octroie les platines des clubs de la capitale française ?!
 
jules-dj
 
Il commence au côté de Reno, des House of Moda, en s’exerçant au métier dans différents bars et clubs avec des soirées déjantées où looks aphrodisiaques et pépites musicales ne font qu’un. De Faure à Jules, d’oiseau à condor, il n’y a qu’un pas qu’il franchit avec une violence assez extrême. Quand le petit sort de la pouponnière, ce n’est pas pour jouer aux Lego©. Héritier de la génération rave, il pourrait avoir comme maître Manu le Malin et comme frère d’armes Boyz Noise. Jules est un de ces taquins qui connaît les vagues électroniques froides et minimales amoureuses d’une techno bestiale dure, presque intransigeante, qui rappelleront à beaucoup la transition entre les camions dans les forêts ou hangars improbables aux clubs les plus underground de Berlin ou Cologne.

Adepte de la guérilla sonore, le club est son champ de bataille. Vous êtes sa religion. Il veut vous voir suer, vous embrasser, il veut créer le désir des corps dans une violence chimique que seul le son guide. Il garde de ses maîtres l’atout des drops et des basses pour vous faire croire à la descente alors que vient le chaos. Joueur d’échecs électroniques, il ne serait pas artiste s’il ne planifiait pas quelques putassseries sonores vicieuses issues aussi bien de sa culture italo-disco que de son amour pour les années 80 ou même pour le… cinéma ! Rares sont les sets où l’on ne croise pas une actrice ou une chanteuse qui raconte des cochonneries avant de nous embarquer dans un beat d’une férocité animale. Et dans un rituel chamanique, il est l’heure de vous abreuver d’un mélange où vous retournerez à l’état sauvage, où l’orchestration est l’ultime clef de votre libido.
 
Jules-dj
 
Jules n’est pas de ceux dont la musique est d’un intellectualisme propre, où les enchaînements se doivent d’être en adéquation avec la perfection. Il est l’élève audacieux qui ose la vulgarité pour en faire de la beauté. Il est le François Ozon que l’on rencontre après minuit quand les bras se lèvent dans la fosse sombre des inconnus, où le DJ enchaîne son rythme tonitruant comme le gourou entonne ses prières. Il veut vous salir, vous mettre à nu, vous donner accès à la pornographie sonore la plus crasseuse afin que votre corps ne connaisse qu’un orgasme dilué et sans fin.
 

 
Aujourd’hui, co-fondateur et résident de la SALE !, notre soirée improbable où il se régale en jouant avec vos organes génitaux en B2B avec notre rédac’ chef musique, Aubry, Jules n’en finit pas d’avoir ce sourire en coin et coquin quand il construit ses sets remplis de cul. Nous sommes aujourd’hui sûrs d’une chose : le petit est devenu grand. Sortie de sa tanière, la bête est réveillée, prête à vous manipuler pour que vos sens exacerbés aient envie de toucher celui qui transpire la joie à côté de vous. Jules se vit dans un excès d’endorphine, comme un sport trop peu pratiqué mais qui n’invite qu’à la douche pour se réveiller d’un sentiment fuligineux qui colle à la peau, sans oublier les courbatures des jambes et des bras. Définitivement, Jules est l’atout sonore des pornographies les plus féroces et ce n’est certainement pas ton célibat autant que tes oreilles sanglantes qui s’en plaindront… Rendez-vous à La Baie et à la SALE ! pour un plaisir qui n’aura plus jamais la même saveur après écoute…

 

Bien à vous.

Fièrement propulsé par WordPress | Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑