Les garçons du métro! – vol.2

Ah! Tu t’es réveillé! La suite alors! 
 
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Le « Je-m’en-fous-l’air-de-rien-mais-en-fait-non » : alors lui, c’est le plus vicieux. L’ancien bobo qui en a plein le cul de se faire agresser avec sa femme et sa poussette quand ils vont bruncher du quinoa et des pousses de blé germé le dimanche matin pour 28 balles au pied de la butte Montmartre. Celui-là même qui n’en peut plus de se faire insulter à son cours de yoga en plein air. Conclusion ? Il a arrêté les Veja et autres pantalons de chez AMI. Le néo-bobo surfe sur la tendance du lumbersexuel et se la joue homme des bois, tout en naturel… bien que tout ça soit étudié du coupe-ongles au brumisateur salé pour ses cheveux.

 

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Lui porte la barbe, la grosse, parce que c’est un homme qui va faire des randonnées le week-end avec sa petite famille et son Hummer poussette rempli de sa marmaille. Il a le cheveu long et gras aussi, parce qu’il s’en bat les couilles d’être propre. C’est une brute qui ne s’épile plus le torse depuis que le métrosexuel a rejoint le tombeau d’Elizabeth Taylor. Decathlon est son avenue Montaigne, car ne soyons pas naïfs : depuis la sortie de la collaboration nauséabonde entre A. Wang et Honte & Misère, Quechua est la nouvelle griffe chic des gens qui se « retrouvent avec eux-mêmes en forêt après un tour aux puces de Saint-Ouen » (citation véridique).

 

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Il porte des chemises trop larges sur des débardeurs de sport trop serrés en coton pima, le muscle saillant travaillé à son cours de Krav-Maga (il faut savoir protéger sa petite tribu). Sa marque de shoes préf’ est Salomon, histoire que ça soit confort et sait-on jamais, s’il doit faire un trek à son bureau où il crée des applications mobiles pour les blogueuses mode. Il est paré à toutes les épreuves tout en étant cool. Le nouveau bobo s’est transformé en une espèce d’adorateur sectaire de la nature sans vraiment sortir de Paris intra-muros. Mais ça, vous ne devez jamais le savoir et effectivement, il est difficile de le deviner tant on pourrait croire qu’au sortir de ce métro, il dégainera sa tronçonneuse pour aller tailler les arbustes au Jardin du Luxembourg.

 

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C’est un hypocrite mais on s’en tape, il ressemble tellement à Alcide Herveaux dans True Blood qu’on lui demande juste de ne pas déblatérer sur la beauté du printemps et de seulement nous laisser mater. Il est bien plus appréciable que la génération précédente de relous bourgeois à claquer, ma queue en gage de satisfaction.

 

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– L’étudiant qui pue Grazia : il lit Sartre assis sur les strapontins mais il a précautionneusement découpé les articles de ses magazines féminins préférés qu’il a insérés à l’intérieur parce qu’il a honte. Il se veut intello mais il a l’obsession de la mode. Il suit tout, sait tout, consulte son Smartphone dans les chiottes de la fac pendant ses pauses à la bibliothèque où il étudie-dort pour se remettre de la mine qu’il s’est mise avec ses potes anarchistes au Mauri7. L’étudiant Grazia porte des DR. Martens (basses), des jeans retroussés jusqu’aux genoux APC parce que Jean Touitou a une grande gueule et que c’est la nouvelle France. Mais en fait, c’est surtout qu’il fait des trucs avec Kanye West et qu’à l’intello, ça lui semble rebelle pour une griffe « à la française ».

 

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Sa marque culte, c’est Carhartt, parce que c’est cool et que ça impressionne Caroline, la meuf que tout le monde veut pécho et qui le trouve trop mimi avec ses lunettes rondes et son bonnet vissé sur la tête de jour comme de nuit, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il fasse 56 degrés à l’ombre. Il a compris que pour tremper son biscuit avec la bonasse, valait mieux être stylé et prétendre être futur écrivain à la Beigbeder plutôt qu’être le gros lourd qui joue au football.

 

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Petite chemise boutonnée jusqu’à l’étouffement, pull en cachemire Monoprix, il n’a pas les moyens de ses ambitions mais l’ensemble de sa tenue vaut un SMIC : merci papa, merci maman. Il fait des stages dans des agences de com’ et maîtrise Instagram comme Jésus marche sur l’eau. Son sac à dos double sangle immense lui donne de la prestance et sa nonchalance a été volontairement volée à tous les chapitres qu’il a pu lire sur le néo-dandysme. Son vœu est d’avoir un bac + 72 pour pouvoir éternellement sortir du mercredi au dimanche sans qu’on lui fasse la moindre réflexion. Lui, la mode, c’est sa vie. Il n’a jamais de tunes mais ne refusera jamais une invitation à un vide-dressing pour se faire « un petit plaisir » Sandro à 350 euros à la place de 600. Une affaire. On a vraiment envie de le gifler mais le petit con s’y prend généralement assez bien pour avoir l’air si mignon qu’on en ferait plutôt une peluche vivante. Insupportable mais baisable puissance 1 000, on lui pardonne tout…

 

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Quoi qu’il en soit et peu importe d’où ils viennent, on les reconnaît. Ils sont les nouveaux stéréotypes d’une mode que l’on rejette mais à laquelle on adhère pour faire partie des tribus de la capitale française. Moi, je n’ai qu’une chose à dire : ça fait trois ans que je l’épie mais le jour où je le rencontre, lui, la brute années 80 gorgée de sport avec sa vieille veste en cuir qui pue le vécu comme les rides qu’il a sur le visage, je troquerai mon Navigo et mes matages quotidiens contre un mariage et un abonnement Vélib’. Si tu m’entends, je suis sur la ligne 11 pratiquement tous les jours…

 

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Bisou et bien à vous.

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