Maison Marchand Moustafa, le renouveau du cool.

Alors que Paris a officiellement ouvert son énième Bal de Connasses, on ne se lasse pas de vomir sur cette danse nuptiale où des journalistes de mode véreux côtoient une fourmilière de blogueurs à l’ego surdimensionné pour assister à 12 millions de shows plus fades les uns que les autres. Bonjour, c’est la Fashion Week.

On en retiendra quoi ? Sûrement rien. Tout sera génial et fabuleux, les sacs et cadeaux pleuvant dans les rédactions alors que la mort du prêt-à-porter est aussi annoncée qu’imminente. Jean-Paul Gautier et Viktor & Rolf en dignes gardiens de l’intelligentsia créative l’ont bien compris en se concentrant uniquement sur leur direction couture… Mais qu’advient-il de notre jeunesse pauvre qui ne peut s’offrir les services de petites mains aux doigts d’or ? Pas besoin de prier sainte Carine (Roitfeld) pour se sortir de ce guet-apens nauséabond : la relève prend le contre-pied et s’offre l’insolence de vous abreuver de style plutôt que de tendance. La toute jeune Maison Marchand Moustafa en est bien l’exemple le plus naïf.

 

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« Naïf », terme péjoratif ? Loin de là, chers amoureux du vêtement ! Comme un fil conducteur, presque une signature, Iris Marchand et Sophie Nothnick Moustafa se lancent dans un projet qui invente une néo-couture où la beauté du geste, la création pure, la couleur, l’abolition des différences, le minimalisme et un regard résolument innocent font l’amour pour créer une griffe d’exception qui hume l’air du temps.

 

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Le duo est complémentaire et attire le regard dès la première silhouette. Alors que l’une est styliste et extirpe de ses racines anglo-allemandes les lignes les plus pures, l’autre réinvente le candide pour retranscrire une imagerie moderne, cool et résolument hip. Le réseau souterrain et underground de la capitale s’arrache déjà les pièces loufoques mais totalement accessibles de cette jeune maison qui balaie les diktats d’une industrie suffocante d’un seul revers de machine à coudre, pour n’apporter que l’envie : l’envie de porter immédiatement ces sourires faits de matières nobles. Un parti pris élégant et pourtant totalement portable, le tout dans une gamme de prix doux…

 

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Chez Maison Marchand Moustafa, on assume le fait de briser les frontières du genre. On le revendique, même. La collection totalement unisexe élimine tous les codes établis de la masculinité ou de la féminité pour ouvrir le champ des possibles. Plus de superflu, plus d’interférence à cause des tailles, on se concentre sur un vêtement cache-cache dont le jeu des couleurs vous abreuve d’une certaine joie de vivre. Les élastiques remplacent les fermetures Éclair pour s’adapter à la morphologie, le sportswear n’est pas loin pour appeler au confort, sans pour autant délaisser des coupes complexes, originales et forcément design.

Les deux jeunes créatrices n’ont rien à envier à une certaine Phoebe Philo dans l’intellectuel, sans pour autant en faire un cheval de bataille. Porter la Maison Marchand Mustafa, c’est même un oxymore : celui qui aime la mode mais qui la rejette dans sa forme dramatique et quasiment insupportable. MMM ressemble à un autre MMM époque idéale ; c’est déclarer au monde que l’on a du goût sans forcément être un mouton. C’est être de ceux qui ont l’intelligence de posséder encore un cerveau et donc de réfléchir à ce qu’ils portent. Ce n’est pas se considérer à la pointe de ce qui se crée mais en être le précurseur.

 

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Mais c’est bien dans la production que les deux demoiselles se démarquent encore plus : du tout fait main qui brûle les yeux de désir. DU TOUT FAIT MAIN, les gars ! FAIT MAIN, BORDEL ! Vous me pardonnerez une certaine hystérie mais c’est tellement rare que ça mérite d’être signalé avec une certaine insistance. Petite production et rareté sont l’expression d’un nouveau luxe qui se veut judicieux et encore très discret. Un secret que l’on est fier de partager et qu’en même temps on voudrait garder comme un trésor d’une préciosité extrême. Un Hermès du cool qui ne détruirait pas tous nos espoirs d’avoir une relation saine avec les institutions bancaires.

 

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Maison Marchand Moustafa est clairement une vision juste du futur, là où l’amour pour le style est divulgué avec passion. À porter sans modération quand on veut se délecter d’être un des défenseurs de l’avant-garde…

 
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Bien à vous.

Charlie Le Mindu, ange capillotracté.

Je découvre Charlie Le Mindu comme tout le monde: dans la presse, via la l’inondation sur les réseaux sociaux et par le dieu Prigent dans un épisode « d’habillé pour… ». Un petit français, à Londres, qui vient saluer à son défilé de création capillaire Haute Couture, habillé en boucher couvert de sang tout ça sur des cris de porc qu’on égorge, ça mérite une oreille tendue. Très tendue. Généralement Prigent flaire bien et le ciel nous envoya le digne héritier de la Haute Coiffure.
 
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Charlie Le Mindu, 28 ans, bohémien ultra élégant, est un de ces personnages multi-facettes qui sont presque surréels tant ils sont magiques. Caméléon du look, il oscille entre le punk en cuir, le crooner aux creepers ambiance 50’s, débraye sur fluo kid hystérique pour atterrir comme le plus sexy des gitans. Mais Le Mindu est avant tout un garçon authentique. Il a comme une forme d’innocence qui se caractérise par un soupçon de trait adolescent alors que ses mots sont d’un naturel désarmants. En plus, ce mec est doté de l’aura des passionnés. Un goubli-boulga de références et une liberté totale qui font de lui un être aussi attachant que mystérieux et par conséquent irrésistible.
 
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Torturé par les extrêmes, exaltant le no-limit tout en chantant la beauté du classique, le Coiffuriste (mot attribué par le chorégraphe Découflé quand même! NDLR) a l’air d’être né pour faire du cheveux une matière première aussi excitante qu’inédite. Des perruques pour La Gaga, un cabaret à la fondation Cartier avec les filles du Crazy Horse et bien évidemment des collections ultra créatives qui défilent au gré de ses escapades. Le Mindu s’amuse et émerveille parce que personne ne s’était encore aventuré dans les marécages d’une inventivité aussi sauvage et incongrue. Le talent et l’imagination sans limites du garçon en guise d’arme et de bouclier. Il a franchi un pas que peu ont exploité et c’est de ce fait que la notoriété s’érige et que les sirènes de l’avant-garde se mettent à siffler.
 
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Avec l’enfant de Bordeaux, on peut passer de la longue chevelure de Raiponce à Disney Land aux créations scéniques immodérés pour chanteuses ultra conceptuelles. C’est dans ce jeu d’opposition que le créateur a l’air de puiser son inspiration. C’est ce magnétisme contraire qui le pousse à aller toujours plus loin. Toujours un touche d’humour enveloppé dans une grosse dose de sexy, c’est la signature Le Mindu. L’envie de sublimer triomphe toujours sur l’extrême alors que finalement, ses créations, ses performances ou même ses dons de mise en scène emmène vraiment dans un univers coloré, neuf presque irréel… magique donc. J’ai envie de dire que ça « nourrit le cerveau ».
 
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Aujourd’hui, Charlie Le Mindu n’en finit plus d’étonner en sortant un single, j’ai nommé: « Died Blonde ». On aurait vite fait d’imaginer quelque chose complètement fou et bien… pas du tout!! Et c’est ça qui fait encore plus le charme du personnage: la surprise! Monsieur Le Mindu se paye un clip ultra léché avec les sublimes du Crazy, tenues latex, noir et blanc, jeux graphiques, c’est beau, extrêmement esthétique. Le Mindu est sublime en crooner noir des orteils jusqu’au yeux. Son titre résonne comme une parfaite B.O d’un James Bond irrévérencieux, le refrain est entêtant, la musique drama-far-west est vraiment cool, c’est bien filmé, les filles sont jolies et diaboliques à la fois, c’est Arty sans être guindé: c’est intelligent… Bref, Oh la la quoi!
 

 
Le petit génie aux doigts magiques est là ou on ne l’attend pas et c’est ce qui rend l’intérêt pour la créativité de Le Mindu tellement affriolante. Il est de cette honnêteté subliminale qui, bon gré mal gré, nous emporte le coeur. Qe faire? Que dire? Comment résister? Ne résistons pas, laissons-nous aller, c’est trop beau pour être vrai et surtout à nous de lui rendre la pareille visuelle: « let’s all die Blonde! »
 

Retrouvez Charlie Le Mindu en ce moment au Carnaval Monstre de Bordeaux et « Died Blonde » sur I-tunes

 

Bien à vous.

SALE! x ENTREPRISE records

Tu viens de terminer ton weekend et tes oreilles débordent de house et de techno, tu sens le beat te porter jusque dans ton lit et les acouphènes en symphonie. Plus jamais ça que tu te dis, mais le weekend suivant arrive et avec lui le Vendredi. Alors que faire sinon changer, La SALE! arrive à point nommé. Hashtag rime, hashtag JJRousseau, hashtag la Sale is BACK.

On va dédier ce Vendredi au label Entreprise, chevalier remportant toutes les batailles de la jeune garde Française à coup de succès fracassants et de mélodies exaltées.

On aura Moodoïd dont l’album unanimement salué par la critique est une des meilleures surprises que notre pays nous ait donné cette année. De la world-music sous extasy mélangé à du krautrock halluciné, il viendra nous effectuer un dj set de haute volée entre novodisco et rock chafouin, pour qu’en un tour de main l’homme de tes rêves se retrouve entre tes reins.

On aura aussi Jérôme Echenoz a.k.a Tacteel dont la présence à la SALE! semble hyper naturelle tant TTC, dont il fut un des producteurs, représenta dans ses grandes heures ce qui se fait de mieux en terme de production au ciseau sur lyrics au couteau. Passé par le purgatoire de la chanson française, il viendra mixer des 45 tours avec l’innocence du nouveau né Bâtard sensible devenu bébé requin.

Puis viendra le tour d’Alto Clark, distributeur sonore quasi chamanique dont le but non caché est de faire groover les masses. Du booty hip-hop crasseux à la techno de backrooms la plus chaude, c’est toujours bien pensé, doux et dur à la fois. Une mixtape de Sébastien Chabal plongé dans le monde des Bisounours.

Pour envisager l’introduction et la conclusion de cette nuit vos deux chevaliers servants Jules & AUBRY vous concoteront un de ces B2B dont ils ont seul le secret et que le monde entier leur envie.

sale-entreprise

SALE! N°17 – ENTREPRISE LABEL NIGHT –> Moodoïd / Jérome Tacteel Echenoz / Alto Clark + Jules & Aubry

6-02-15 / 10€ / 23h- … / Social Club – 142, rue Montmartre – Paris

Les coups de reins sonores d’Alto Clark.

Dans l’écurie Fils de Vénus, je demande Alto Clark. Carrure gourmande, yeux océan, le streetwear en signature. Le genre de mec que tu poses en débardeur échancré American Apparel, short en cuir Hermès, Nike Air aux pieds, une bouteille de bière à la main devant une Peugeot 205… et tu réinventes le porno subtil. Une future série Vogue Homme qui sent le sale. Un mélange d’ironie 80 à un brutal coquin des caves de Sarcelles. De Citébeur à Brooklyn tout en jouant au sarcasme visuel du hip très français, un résultat hybride très « à la cool ». Voilà pour l’esthétisme. Ça pète à la gueule, c’est assez joli à regarder, mais ça pue le cul surtout.

 

     Alto Clark-Sarah Fouassier

 

Pour le personnage, c’est plus complexe, rien à voir avec l’aspect « taillé à la serpe » du type. Timide sans l’être. Trop curieux pour fermer sa gueule, il a un côté bambin, potos, frérot. Le mec à qui t’as envie de pincer la joue ou d’être bras dessus, bras dessous quand t’es bourré. Un petit air de Coubiac dans un grand verre de culture.

 

Alto Clark-B Rob

 

Issu des beaux-arts de Saint-Étienne, il a ce côté torturé dans le débat, d’où l’expression par l’art et bien évidemment par la musique, mais pas de façon pompeuse. On n’est pas dans l’incompréhension du discours en mode « j’ai voulu retranscrire le monde dans une vision musicale évocatrice d’une certaine brutalité dans le plaisir-gna-gna-gna-bla-bla-bla ». Adieu « Mélanie-Laurent-isme » dont peuvent faire preuve certains artistes contemporains. Le premier degré opère, c’est la délivrance de musiques abruptes, de sons compilés pour la fête ultime. L’orgasme du père Alto passe par la distribution sonore quasi chamanique dans le but non caché de faire se dandiner la foule. Ça va du booty hip-hop crasseux à la techno de backrooms la plus chaude, c’est toujours bien pensé, des fois doux, des fois dur : il connaît l’étreinte. Genre, t’as vraiment envie de baiser sur les mixtapes du Sébastien Chabal du monde des Bisounours.

 

 

Mais ce qui le prend vraiment aux tripes, c’est le live. Moitié du groupe De La Montagne, ils cartonnent en duo grâce à une sorte d’électro-pop suave qui fait chavirer les cœurs et les caleçons. Il agit, évidemment, aussi en solo et s’amuse de beats dépouillés qui ne sont pas sans rappeler les nordistes les plus froids. Voyage entre les afters de la Lettonie, Stockholm et forcément Berlin qui n’est jamais très loin. De sa scolarité, il garde une certaine rigueur, un besoin inassouvi de perfection. Trop de perfection, des fois. Comme s’il s’interdisait la faute qui pourrait octroyer à ses idées sonores une dimension qui contrôle l’hystérie.

Alto Clark aime jouer aux brouilleurs de pistes quand il s’adonne à la créativité auditive ! Il emprunte un labyrinthe qu’il crée de toutes pièces, que par conséquent il connaît, et dans lequel il vous amène sans même que vous vous en rendiez compte : c’est différent, envoûtant, presque performatif.

Les éducations esthétiques ont toujours su donner à la musique cette dimension fantasmagorique où les sonorités ne sont plus seulement l’apanage de l’ouïe mais aussi des cinq sens. Le père Alto, en guincheur foutraque, continue d’étudier la question sur nous, ses cobayes préférés.

 

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Sa névrose est joyeuse et se sent aussi sur scène où la passion qui l’anime se transmet comme une substance illicite. Il sourit, du moment que l’on transpire. Le père Alto est définitivement d’une génération qui a décidé de pousser l’expérimentation au-delà des frontières d’un cercle restreint, car seule la populace le nourrit. De cette communion tendancieuse naît une tension sexuelle et musicale qui a pour lit le dancefloor… Alto Clark n’est certainement pas un coup d’un soir mais bien l’amant musical de nos nuits les plus chaudes : passées, et surtout à venir.

 

Bien à vous. 

NOUS SOMMES TOUS CHARLIE.

Mon Charlie

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Ça fait un moment que je te regarde de loin mon Charlie. T’es sacrément beau. Je suis tombée en amour. J’aime ta façon de penser, ton tempérament, tes convictions, ton courage, ta morale, ton humour, ton esprit, … ta liberté … ton indépendance …………..Mais les gens ça peut être cons tu sais. Je les ai vus te brutaliser, te rosser, t’incendier parfois. T’es courageux mon Charlie, tu leur en répliques de la torgnole à ces bons à rien, ces tout petits cerveaux, ces ridicules neurones, ces menus penseurs. Aujourd’hui ils se sont acharnés, ils t’ont fait passer sur le billard. On ne te laisserait pas mourir. On ne laissera pas mourir la liberté d’expression. JAMAIS.
 
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Les armes tu les as, je ne parle évidemment pas de celles qui ont servi à la barbarie ce matin, car ce sont les armes des faibles, je parle de tes armes : les mots, les crayons, les pinceaux. Il faut continuer de te munir de ces objets pour dénoncer l’extrémisme qu’il soit religieux ou politique. Ne jamais s’arrêter, ne jamais prendre peur, toujours rappeler que la liberté d’expression fait partie de nos fondements, toujours rappeler qu’il est nécessaire de la défendre, toujours dénoncer l’obscurantisme, toujours être respectueux de l’autre. IL LE FAUT.
 

On est aujourd’hui en deuil mon Charlie, je te laisse du temps et on se retrouve vite.

 
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ON T’AIME CHARLIE.

 

Nos condoléances vont aux familles
 
Aurore, Jules, Cécile, Aubry, Myrtille, Romain, Emmanuel, Boris, Clara et Stèv – M/M CREW.
 
Rendez-vous à la République! #jesuischarlie

Haus of Love <3

Le marasme qu’est la nuit de la Saint-Sylvestre est un grand bourbier dans lequel on ne fout jamais les pieds. Gros bordel dans les rues, angoisse vis-à-vis de la foule qui se croit obligée d’être plus bourrée que de raison parce qu’on va prendre encore un an dans la gueule. Le petit doigt frileux, nous restons confinés sous une couette bien chaude, caisson de champagne en guise de béquille, jusqu’à ce que l’hystérie se tasse et que les réseaux sociaux annoncent les différents maux de cheveux et autres vœux de bonheur qui sentent le relent de drogues diverses et variées. Pas la peine d’essayer de nous faire croire que c’est LA soirée de l’année avec des Top 10 des fêtes aussi banales qu’un samedi soir à Lourdes… Enfin, cette année, si. Bernadette Soubirous ressuscite pour donner aux clubbers de la capitale française et à nos modestes orteils une raison de troquer le confort de nos bunkers-appartements pour le strass, les paillettes et de sortir le grand jeu à coups de tenues lumineuses « réginesques ».
 
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C’est sous le signe de l’amour que la dealeuse maîtresse du genre vous invite à célébrer le passage de la porte du temps. Dora Diamant, Anna Mimouni et ses copines les plus intenses vous servent sur un plateau une maison « full of love », ou quand la seule promesse d’une drogue dure en intraveineuse se nomme « Amour » avec un grand A. Quoi de mieux que la version « Appart’ » de votre soirée, mais dans l’intimité d’un club qui sent le soufre et la démesure et aussi folle que les personnes qui l’investissent ?
 
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Toute la particularité de cette fête réside dans le concept que la Diamant brute et sa team <3 <3 <3 assiègent le lieu du sol au plafond, du fumoir au Dj Booth : pas de videurs relous agressifs qui « doivent gérer » mais une Sailor Mounoury qui t’attend au fusil à vodka (ça promet!), pas de barmen indigestes qui sont au-delà de l’aigreur pour vous servir, pas de Deejay dédaigneux qui passent des disques pour leurs cachets hors de prix. Dans la Haus of love, on vient comme on est, on en prend plein les mirettes avec Gabo Del Toro et Linda De Morrir en performance, on se fait « polaroïder » par le maître Morrison, histoire d’avoir une photo de profil décente pour le 1er janvier 2015, tout autant qu’on devient muse d’art contemporain d’un soir pour les plus Studio 54 des artistes photographiques A.K.A Simon Thiébaut et Dustin Muchuvitz. À l’entrée, Marylou Tatoo se fera le plaisir de te rendre loubard avec ses encres folles pour mieux draguer les garçons pas concons qui danseront, danseront, danseront jusqu’au début de la petite matinée…

 

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MAcaulay Coquine & Du$tin

pepi-dora-haus-of-loveDora Diamant & Pepi Della Fresca

 
Car il faut le reconnaître, la maison de l’amour n’a pas lésiné sur la musique la plus pointue, histoire que le temps ne soit qu’une question vague inexploitable… Pepi Della Fresca, le rouquin maître des Flash Cocotte aux sets aussi furieux que son cerveau bibliothèque de la musique la plus érotique, enchaînera avec Scarla 1000, membre des très réputés Travlator$! Alors que dans l’incongru, la liberté du duo le plus ourson de la planète, j’ai nommé les Wannabear, servira des mets sonores légendaires au-delà de l’hymne. Michel Vacances (a.k.a Matthieu Gagelin), qui avait joué pour une de nos SALE!, sera aussi de la partie et on en redemande déjà tellement ses sets pointus évoquent la sensualité d’une soirée bien entamée où le prince charmant est déjà dragué. Mais c’est avec Apollo Thomas que tu le ramèneras dans ton lit, petit génie de l’illustration, Einstein de l’amour, qui, par ses formules magi-musicales, devrait finir d’achever ton taux d’endorphine alors que Dora, baronne de l’amour, coordonnera tout ce joyeux bordel pour ton cœur qui ne demandera qu’à s’ouvrir avec fugacité sur la piste… Rien que d’y penser, on en sue déjà, de ces phéromones qui appellent à se faire des câlins.
 
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Apollo Thomas

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Scarla 1000

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Michel Vacances

 
Avec une invitation limitée à 150 places, la Gina xxx du Nouvel An est la soirée confidentielle où tout le monde voudrait être mais n’en a pas encore conscience. Il faut se dépêcher, les tickets sont rares, peu chers pour (15 en prévente / 18 sur place) et cette maison qui pue déjà le moment culte n’aura lieu qu’une fois… Comment te dire que les clubs lambda, tu peux y aller toute l’année et que tu t’embarques, chez eux, pour la destination nommée « enfer » ? On ne sort jamais pour Sylvestre, ici, on va l’embrasser, le câliner, l’aimer et se gaver de cette énergie lumineuse qui nous gorgera toute l’année. Tu viens ? MAIS VA ÊTRE TROP BIEN, BORDEL ! Oh LÀ, LÀ, LÀ ! MAIS HÂTE, QUOI !
 

Bien à vous.

Les garçons du métro! – vol.2

Ah! Tu t’es réveillé! La suite alors! 
 
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Le « Je-m’en-fous-l’air-de-rien-mais-en-fait-non » : alors lui, c’est le plus vicieux. L’ancien bobo qui en a plein le cul de se faire agresser avec sa femme et sa poussette quand ils vont bruncher du quinoa et des pousses de blé germé le dimanche matin pour 28 balles au pied de la butte Montmartre. Celui-là même qui n’en peut plus de se faire insulter à son cours de yoga en plein air. Conclusion ? Il a arrêté les Veja et autres pantalons de chez AMI. Le néo-bobo surfe sur la tendance du lumbersexuel et se la joue homme des bois, tout en naturel… bien que tout ça soit étudié du coupe-ongles au brumisateur salé pour ses cheveux.

 

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Lui porte la barbe, la grosse, parce que c’est un homme qui va faire des randonnées le week-end avec sa petite famille et son Hummer poussette rempli de sa marmaille. Il a le cheveu long et gras aussi, parce qu’il s’en bat les couilles d’être propre. C’est une brute qui ne s’épile plus le torse depuis que le métrosexuel a rejoint le tombeau d’Elizabeth Taylor. Decathlon est son avenue Montaigne, car ne soyons pas naïfs : depuis la sortie de la collaboration nauséabonde entre A. Wang et Honte & Misère, Quechua est la nouvelle griffe chic des gens qui se « retrouvent avec eux-mêmes en forêt après un tour aux puces de Saint-Ouen » (citation véridique).

 

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Il porte des chemises trop larges sur des débardeurs de sport trop serrés en coton pima, le muscle saillant travaillé à son cours de Krav-Maga (il faut savoir protéger sa petite tribu). Sa marque de shoes préf’ est Salomon, histoire que ça soit confort et sait-on jamais, s’il doit faire un trek à son bureau où il crée des applications mobiles pour les blogueuses mode. Il est paré à toutes les épreuves tout en étant cool. Le nouveau bobo s’est transformé en une espèce d’adorateur sectaire de la nature sans vraiment sortir de Paris intra-muros. Mais ça, vous ne devez jamais le savoir et effectivement, il est difficile de le deviner tant on pourrait croire qu’au sortir de ce métro, il dégainera sa tronçonneuse pour aller tailler les arbustes au Jardin du Luxembourg.

 

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C’est un hypocrite mais on s’en tape, il ressemble tellement à Alcide Herveaux dans True Blood qu’on lui demande juste de ne pas déblatérer sur la beauté du printemps et de seulement nous laisser mater. Il est bien plus appréciable que la génération précédente de relous bourgeois à claquer, ma queue en gage de satisfaction.

 

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– L’étudiant qui pue Grazia : il lit Sartre assis sur les strapontins mais il a précautionneusement découpé les articles de ses magazines féminins préférés qu’il a insérés à l’intérieur parce qu’il a honte. Il se veut intello mais il a l’obsession de la mode. Il suit tout, sait tout, consulte son Smartphone dans les chiottes de la fac pendant ses pauses à la bibliothèque où il étudie-dort pour se remettre de la mine qu’il s’est mise avec ses potes anarchistes au Mauri7. L’étudiant Grazia porte des DR. Martens (basses), des jeans retroussés jusqu’aux genoux APC parce que Jean Touitou a une grande gueule et que c’est la nouvelle France. Mais en fait, c’est surtout qu’il fait des trucs avec Kanye West et qu’à l’intello, ça lui semble rebelle pour une griffe « à la française ».

 

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Sa marque culte, c’est Carhartt, parce que c’est cool et que ça impressionne Caroline, la meuf que tout le monde veut pécho et qui le trouve trop mimi avec ses lunettes rondes et son bonnet vissé sur la tête de jour comme de nuit, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il fasse 56 degrés à l’ombre. Il a compris que pour tremper son biscuit avec la bonasse, valait mieux être stylé et prétendre être futur écrivain à la Beigbeder plutôt qu’être le gros lourd qui joue au football.

 

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Petite chemise boutonnée jusqu’à l’étouffement, pull en cachemire Monoprix, il n’a pas les moyens de ses ambitions mais l’ensemble de sa tenue vaut un SMIC : merci papa, merci maman. Il fait des stages dans des agences de com’ et maîtrise Instagram comme Jésus marche sur l’eau. Son sac à dos double sangle immense lui donne de la prestance et sa nonchalance a été volontairement volée à tous les chapitres qu’il a pu lire sur le néo-dandysme. Son vœu est d’avoir un bac + 72 pour pouvoir éternellement sortir du mercredi au dimanche sans qu’on lui fasse la moindre réflexion. Lui, la mode, c’est sa vie. Il n’a jamais de tunes mais ne refusera jamais une invitation à un vide-dressing pour se faire « un petit plaisir » Sandro à 350 euros à la place de 600. Une affaire. On a vraiment envie de le gifler mais le petit con s’y prend généralement assez bien pour avoir l’air si mignon qu’on en ferait plutôt une peluche vivante. Insupportable mais baisable puissance 1 000, on lui pardonne tout…

 

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Quoi qu’il en soit et peu importe d’où ils viennent, on les reconnaît. Ils sont les nouveaux stéréotypes d’une mode que l’on rejette mais à laquelle on adhère pour faire partie des tribus de la capitale française. Moi, je n’ai qu’une chose à dire : ça fait trois ans que je l’épie mais le jour où je le rencontre, lui, la brute années 80 gorgée de sport avec sa vieille veste en cuir qui pue le vécu comme les rides qu’il a sur le visage, je troquerai mon Navigo et mes matages quotidiens contre un mariage et un abonnement Vélib’. Si tu m’entends, je suis sur la ligne 11 pratiquement tous les jours…

 

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Bisou et bien à vous.

Les garçons du métro

S’il y a un truc que je déteste plus que tout au monde, c’est me lever. C’est juste l’enfer quand ce putain de réveil sonne. Alors je snooze jusqu’à la dernière seconde. Je me douche encore plus vite que Nicki Minaj ne « twerke » et je file m’intégrer à la société, généralement sans bouffer, sans café, avec les yeux qui collent. C’est alors que le métro pourrait être l’enfer.
La musique dans les oreilles pour me couper du monde ? Ça m’agresse. La lecture comme alternative ? Ça ne sert à rien puisque j’ai tellement la tête dans le cul que je ne comprends absolument rien à ce que je lis. J’ai trouvé une activité bien plus passionnante : je regarde les garçons. De la tête aux pieds. Je kiffe analyser comment s’habillent les hommes de nos jours quand ils se rendent à leur gagne-pain. Ma petite fashion week à moi, mêlée, je le reconnais, à un certain plaisir de prendre une dose de jolis messieurs avant de devoir s’enquiller une journée de job alimentaire chiant.
 
http://www.nicolasbg.com/
 
Ça fait trois ans que je fais le mateur et s’il y a un truc que je peux dire, c’est que les choses ont bien évolué. Les traditionnels costumes-cravates de la Défense qui se comptaient comme un régiment de soldats nord-coréens ont laissé place à plus de créativité tout en restant dans les limites du raisonnable : non, les Cockettes ne travaillent pas encore à la Banque de France (et c’est bien dommage). Ceci étant, on peut dire que les créateurs masculins ne cessent de révolutionner leurs vestiaires pour faire de nos chers et tendres des armes de séduction massive !
 

Dans mon étude anthropologique de l’homme qui aime se fringuer, j’ai remarqué définitivement 4 grandes catégories (note comme je suis un grand savant fou reporter de la Moooode) :

 

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– L’indécrottable Mad Man : certes, il est le plus classique et il est aussi ancien que la préhistoire, mais il a compris que Célio et Jules, c’était vraiment une merde qui le faisait plus ressembler à un vendeur obsolète de Tout l’Univers qu’à un professionnel crédible et ça, c’est vraiment LA révolution. Définitivement, les coupes sac de ces enseignes ne rendent pas hommage à la gent masculine. Définitivement, le mâle qui s’intéresse un tant soit peu à sa beauté s’en est largement rendu compte. Le nouveau trader moule son fessier dans des pantalons ajustés qui fusellent ses jambes et il montre allègrement le nombre d’heures qu’il a passées au Club Med Gym. Une vraie tablette à déguster aussitôt l’emballage enlevé.
 
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Il porte la chemise cintrée et s’octroie la futilité d’adopter des colorimétries vivifiantes ou des motifs incongrus. Sa veste assortie est tout aussi fittée et possède aussi quelques détails qu’auraient reniés les Cro-Magnon machos d’une autre époque : col châle, boutons d’apparat, matières soyeuses aux palettes improbables ou quadrillages schizophrènes sont quelques mignardises que s’accorde le nouveau Men At Play, le tout sur de la bottine en cuir bien cirée sortie tout droit de la tête du Parisien maître du genre : Philippe Zorzetto.
 
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Le nouveau PDG a compris que son apparence était aussi importante que le discours qu’il tient. Il y met donc sa touche de folie sans en perdre son sérieux. Il se voit en dandy Bowie et veut qu’on le reconnaisse pour son audace qu’il tend aussi à exprimer dans son ouvrage quotidien… Je ne m’en plains pas, je m’en lèche plutôt les babines.
 

les-garçons-du-métro@Jim Tot

– Le nouveau créa temps-partiellisé : il travaille chez Claudie Pierlot 20/h par semaine, bien qu’il déteste cette marque de connards bourges. Il n’a pas le choix : faut bien payer le musée Emmaüs qui lui sert d’appartement et bien évidemment, avoir les quelques piécettes pour se nourrir de bière dans le PMU transformé en rade électronique par ses copains fanatiques de musique, qui n’ont pour seul but dans la vie que de donner à Paris son statut de nouveau Berlin.
 

 NicolasBG2-9@Nicolas BG

 
Il a tellement ramé avec ces trois années de stage en graphisme ou en tant que 19e assistant d’un galeriste odieux que maintenant, il est heureux de son salaire de ministre, soit 700 € par mois. Généralement, entre 25 et 35 ans, il kiffe de pouvoir faire son artisanat pendant son vaste temps libre et râler sur des clients ignares pendant ces 20 heures en CDI qu’il a trouvées après 41 entretiens.
Évidemment, il porte la barbe, mais très courte, voire est presque rasé de frais, parce qu’il ne veut justement pas qu’on l’identifie à ce hipster brooklynois et à sa pilosité dépassée. Il porte des Sneakers parce qu’il veut montrer son refus de se normaliser : c’est un artiste, merde ! Mais certainement pas des Stan Smith ou des Free Run parce que ce n’est pas un loser qui suit la teeeennnndaaance ! Il ne jure que par les classic de Reebok (blanches évidemment), marque anglaise tout aussi iconique mais à l’imagerie beaucoup plus punk.
 
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Il achète ses slips et ses tee-shirts blancs, gris ou bleu marine chez Petit Bateau parce que c’est basique et français : le nouveau créatif est patriote. Ses pantalons viennent de chez Patrons par Vincent Schoepfer et ses haut de House Of Base parce qu’il connaît la qualité de la jeune création parisienne et quitte à dépenser de la tune, autant que ce soit pour les copains. Fuck les clones ! Fuck la fast-fashion ! Son habit est un manifeste anti-société de merde où tout le monde se ressemble…
Ses vestes Adidas et ses manteaux d’hiver viennent de chez Freep’star parce que de toute façon, il n’a pas franchement 200 boules à claquer chez qui que ce soit d’autre. Tout comme ses sweats ornés de mignonneries improbables et rétro 90’s car le monde est déjà assez laid comme ça, alors autant rigoler un peu… Oh merde ! Je suis un de ces mecs-là…
 

OOPS! Tu t’es endormi sur ton clavier… à suivre… 

Adieu Gayroméo!

J’ai la maladie d’amour. Un être vous manque et tout est dépeuplé. Putain, ça m’a gavé, les mecs ! Mais un truc de fou. Moi, j’suis en mode « Mon petit poney ». Je l’attends avec sa 2 CV blanche pour qu’il m’emmène en Italie, qu’on bouffe des pizzas en buvant de la San Pellegrino et qu’on refasse le monde sous un ciel étoilé multicolore dû à l’abondance de weed qu’on aura pris avec nous dans le coffre.

 

gayromeo-stev

 

Le problème ? Bah, c’est qu’il y a beaucoup d’handicapés du sentiment entre le 14e et le 20e arrondissement de Paris. Bon, O.K., j’suis pas tous les jours facile à vivre mais quand même, merde ! À part quand je suis vraiment bourré et que je déteste l’entièreté de la planète, je me considère plutôt comme un mec sympa : je fais à bouffer, je rechigne jamais pour faire des câlins, je suis plutôt partant pour tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi).

Depuis que le roi de cœur a quitté le bastingage, je ne sais pas trop quoi faire de ma vie amoureuse. Je sors beaucoup, je rencontre plein de garçons aux Stan Smith blanches comme la neige et au cœur aussi noir que le charbon. Paris aime flirter mais a vite les chocottes quand il s’agit du « à deux, c’est vachement mieux ». Alors qu’est-ce qu’on fait ? Bah… comme tout le monde, je vogue sur les « internets ».

 

gayromeo-stev

 

Je suis de la vieille école : Hornet, Tinder & Smartphone application de l’amour, c’est pas trop ma came. Moi, j’suis un mec GayRoméo. À L’ancienne. Je crois même que si Caramail existait encore, je serais le dernier combattant « jeunegaymtp74 ». Moque-toi ! Mais cette interface bleue dégueulasse, ces petites photos d’accueil toujours pleines de « charme » et cette douce mélodie quand on reçoit un message, c’est exactement la même chose que quand ma grand-mère me crie : « La blanquette de veau est servie, mon poussin ». Ça a un goût d’aisance, d’un truc que tu connais et qui te réconforte. Par contre, rien n’a changé depuis 1997. Un vrai zoo. S’il devait y avoir une étude anthropologique du PD, c’est sur Gayroméo qu’il faudrait installer sa base de données. Chaque profil est une petite cage renfermant l’animal de ton choix : du mec qui se prend pour des chiottes vivants à l’étudiant de 17 ans qui n’a pas encore conscience qu’il est le parfait gibier pour tontonbear66, il y a de tout et surtout… du n’importe quoi. J’adore Gayroméo. C’est comme dans Sliders, les mondes parallèles, tu ne sais jamais sur quoi tu vas tomber puisque de toute façon, le maintenant légendaire « Salut » ou « Slt » (pour cette génération de mecs qui ont acheté leur clavier « contrefaçonné » en Ethiopie sans « a » et « u ») est la porte qui ouvre toutes les fenêtres. Ton joli barbu hipster qui a l’air complètement anodin dans sa chemise à carreaux avec un poster d’Amanda Lear en fond dans sa chambre-cuisine-salle de bains qui lui sert d’appartement peut totalement te sortir un « tu peux te vider dans une de mes chaussettes si ça te tente ». Pourquoi, comment, d’où ça lui est venu ? Qui peut le savoir ? Que notre Sainte Nature se méfie quand elle crée sous LSD, voilà ma seule explication.

 

gayromeo-stev

 

Entre les adorateurs de Reqins™ qui se comptent par milliers et qui, malgré une sorte de visibilité un peu trash-sport, restent généralement des gros nounours et ne veulent simplement qu’exalter un fantasme, les mecs qui ont 21 millions de photos mais pas une de claire, ceux qui ont pimpé leur profil en mode « j’suis graphiste, t’sais » ou encore ceux que nous appellerons « les fantômes de GR », à savoir les mecs qui viennent t’aborder mais dont tu n’as absolument aucune info ou même idée de ce à quoi ils ressemblent, il en résulte que tu peux passer des heures à jouer à ce grand Sims™ PD en mode « je te kiffe moi non plus ». C’est exaltant… et épuisant.

 

gayromeo-stev

 

Bon, faut pas déconner ! J’y ai fait des belles rencontres… sans me foutre de votre gueule, hein ! Je vous assure que c’est vrai ! Mais ça reste confiné à du… flirt. Soyons honnêtes : un mec, sur une photo, c’est toujours plus pourri en vrai. Une conversation électronique, c’est AUSSI toujours plus pourri en vrai. Alors, qu’est-ce que je fous encore là-dessus ? Bah, je ne sais pas. Alors du coup, voilà : exorcisme, bye ! bye ! Mais tu m’auras bien éclaté pendant mes années lycée et ses consœurs cœurs brisés. Je décroche, dernier hommage à ma petite page bleue pourrie et tes photos d’accueil bien dégueu. Maintenant, les garçons, sortez vos Stan Smith toutes blanches et le cœur serré tout rouge qui va avec. Minaudons des yeux et parlons sans azerty. Retournons au traditionnel, parce que y a FRANCHEMENT rien de plus cool que cette humble réalité…

 

Bien à vous.

R’n’B féminin: un gouffre d’ennui et de platitude.

Depuis quelque temps, devant mes yeux ébahis apparaît une nouvelle scène de chanteuses bien décidées à faire du R&B le genre le plus relou de la terre. Cela ne me posait aucun problème tant qu’elles restaient un phénomène de niche pour gays fragiles, mais devant leur audience grandissante, un énorme OLA! s’avère nécessaire afin de remettre les idées en place aux brebis égarées.
 
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FKA Twigs, Andrea Balency, Jessy Lanza, Sza et j’en passe, autant de petites meufs sorties de nulle part qui inondent régulièrement Internet de leurs vidéos pseudo-arty en 7D Retina. Qu’avons-nous fait pour mériter ça ? Le R&B mérite-t-il tel châtiment ? Est-ce une punition pour avoir enfanté Craig David ? Enquête.
 
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Généralement, tout commence de deux façons. Soit une instru électronique vaguement déconstruite puis une meuf qui miaule, soit une meuf qui gémit puis l’entrée d’une instru tellement chiadée qu’elle en devient inexistante. Plein de petits hit-hat dispersés çà et là comme autant de gouttes d’eau plate, une basse généralement full d’infra que le mec de base n’entendra probablement jamais avec son haut-parleur tout pourri de MacBook Air coincé dans son 18 m2 du 10e.
 
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Évidemment, on peut distinguer plusieurs mouvements dans ce grand genre musical dopé au Tamiflu, à la chaîne musicale Majestic et aux hashtags Instagram. Leur point commun est un ego surdimensionné et un premier degré maximum les poussant à dire des phrases du type : « Je veux utiliser ma musique et l’idée d’une artiste plus polyvalente pour nourrir différents projets. J’ai le sentiment que beaucoup de gens ont du talent dans différents domaines, et je vois la musique comme une extension de tous les projets artistiques que je réalise ». Ou encore : « Fuck alternative or experimental R&B ». Sic.
 

 
Grimes nous fait toujours plaisir. Lookée comme un sapin de Noël sous ecstasy qui n’aurait jamais dû s’échapper du film Alien qui l’a enfantée, elle aime le désert, la plage, les feux d’artifice, les serpents, les vibes glacées et toutes ces choses foncièrement originales que l’on retrouve dans 90 % de la production actuelle. Ses chansons se dansent comme dans un film de Xavier Dolan, c’est-à-dire au ralenti et en mourant d’ennui. On se demande encore qui sont les 20 millions de personnes qui ont pu tomber un jour par mégarde sur ce clip dont la folie égale celle d’une chronique de Jean-Luc Lemoine dans Touche pas à mon poste. On passera sur la batterie lo-fi façon « j’ai fait ça dans ma chambre en suçant des piroulis à la grenadine » tant elle donne envie de se taper la tête contre les murs en hurlant de rage sur du Ramstein.
 

 
Je vous présente SZA. Le clip consiste en une meuf qui se déshabille vaguement avant de rentrer dans un lac pour s’y noyer, ce qui nous semble être la seule vraie bonne idée. Après quelques gémissements, on a successivement droit à un zoom sur une Converse, un iPhone cassé et un gilet en laine contenant un papier et un crayon, probablement pour noter « la super bonne idée de chanson chiante que j’ai eue hier en achetant un hot-dog à 10 euros à Strasbourg Saint-Denis ». Quelques plans sur la nature, quelques glouglous et zou, elle disparaît sous l’eau en faisant la croix, provoquant un mélange de haine, de rire et d’embarras. Emballé, c’est jeté.
 

 
Bienvenue à sa copine Kilo Kish, qui a la même coupe, la même absence de groove et le même sens du vide. Ici, on sort du lac pour se retrouver avec des bruits d’oiseaux sous filtre sépia tandis qu’apparaissent soudain un blouson Kitsuné, Pedro Winter, les petits pilous et un hoodie Sixpack en pleine tournante. On blague pour le reste mais malheureusement, le blouson est bien là, tandis que surgit sous nos yeux ébahis l’idée du siècle, une chanteuse triste au milieu d’une pseudo-fête de crevards.

On se demande encore qui, en 2014, peut penser qu’il est O.K. de mettre en œuvre un story-board aussi cramé, encore si peu face au final façon « je déambule avec mon blouson trop yolo dans le désert sur ma chanson pourrie en me nourrissant de la mélancolie d’un coucher de soleil » Ce qui donne envie de lui faire bouffer un cactus par la racine pour la réveiller de sa léthargie X-Pro II.
 

 
Le truc relou avec Jessy Lanza, c’est qu’on avait vraiment envie de l’aimer. Elle a signé sur le cool label Hyperdub, elle était pleine de promesses. Et puis elle aussi a décidé de niquer le R’n’B dans ses grandes largeurs à coup de tracks puissamment soporifiques. On a récemment pu la voir au Pitchfork Festival, jouant le marchand de sable pour un public à la base déjà pas très réveillé. C’était nul.

Ici, on pourra décrire le clip comme un « montage audacieux » dont on espère que le dossier de presse contient les formules « éthérées », « groove hypnotique » et « nappes planantes ». Et vas-y que je te balance des dégueulis de réverb, et vas-y que je joue le minimalisme pour arriver à un résultat less is less du plus mauvais effet.
 

 
Évidemment, le meilleur pour la fin, FKA Twigs. Avec ses initiales rappelant furieusement une célèbre chaîne de poulet frit, elle remporte la palme. Sa petite voix fragile, ses clips dont le visionnage devrait obligatoirement s’accompagner d’une prise massive d’aspirine réussissent le pari de faire sould out à Paris et de pourrir régulièrement ma timeline Facebook, confirmant combien l’algorithme de Zuckerberg est tout pété. La simple écoute d’un de ses gémissements donne envie de l’enfermer à tout jamais dans un bucket 24 pièces sous perfusion de Lexomil.
 
Elle incarne tout ce qu’on a envie de jeter dans la génération Tumblr avec ses clips arty-chiants, ses ralentis qu’on a envie de détruire à la pioche, ses instrus bonnes à jeter à la benne des producteurs sensibles et conscients. Que ce soit sur « Water Me » où elle fait l’horloge avec sa tête, « Papi Pacify » où, couverte de paillettes, elle se fait mettre des doigts dans la bouche en noir et blanc, ou « Two Weeks » où elle joue les Cléopâtre en bougeant comme une décérébrée, on ne sait plus où donner de la tête dans le kitsch et l’absurde. Ah si, on peut toujours taper son nom dans Google Actu et lire ses plus belles déclarations sur son amoureux Robert Pattinson : « C’est le contraire de qui je suis en tant que personne, et ça a été bizarre… Puis je me suis assise et j’ai eu une conversation avec moi-même (…). » Eh bien, la prochaine fois, évite d’en faire une chanson.
 

XX, Aubry.

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