Adieu Gayroméo!

J’ai la maladie d’amour. Un être vous manque et tout est dépeuplé. Putain, ça m’a gavé, les mecs ! Mais un truc de fou. Moi, j’suis en mode « Mon petit poney ». Je l’attends avec sa 2 CV blanche pour qu’il m’emmène en Italie, qu’on bouffe des pizzas en buvant de la San Pellegrino et qu’on refasse le monde sous un ciel étoilé multicolore dû à l’abondance de weed qu’on aura pris avec nous dans le coffre.

 

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Le problème ? Bah, c’est qu’il y a beaucoup d’handicapés du sentiment entre le 14e et le 20e arrondissement de Paris. Bon, O.K., j’suis pas tous les jours facile à vivre mais quand même, merde ! À part quand je suis vraiment bourré et que je déteste l’entièreté de la planète, je me considère plutôt comme un mec sympa : je fais à bouffer, je rechigne jamais pour faire des câlins, je suis plutôt partant pour tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi).

Depuis que le roi de cœur a quitté le bastingage, je ne sais pas trop quoi faire de ma vie amoureuse. Je sors beaucoup, je rencontre plein de garçons aux Stan Smith blanches comme la neige et au cœur aussi noir que le charbon. Paris aime flirter mais a vite les chocottes quand il s’agit du « à deux, c’est vachement mieux ». Alors qu’est-ce qu’on fait ? Bah… comme tout le monde, je vogue sur les « internets ».

 

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Je suis de la vieille école : Hornet, Tinder & Smartphone application de l’amour, c’est pas trop ma came. Moi, j’suis un mec GayRoméo. À L’ancienne. Je crois même que si Caramail existait encore, je serais le dernier combattant « jeunegaymtp74 ». Moque-toi ! Mais cette interface bleue dégueulasse, ces petites photos d’accueil toujours pleines de « charme » et cette douce mélodie quand on reçoit un message, c’est exactement la même chose que quand ma grand-mère me crie : « La blanquette de veau est servie, mon poussin ». Ça a un goût d’aisance, d’un truc que tu connais et qui te réconforte. Par contre, rien n’a changé depuis 1997. Un vrai zoo. S’il devait y avoir une étude anthropologique du PD, c’est sur Gayroméo qu’il faudrait installer sa base de données. Chaque profil est une petite cage renfermant l’animal de ton choix : du mec qui se prend pour des chiottes vivants à l’étudiant de 17 ans qui n’a pas encore conscience qu’il est le parfait gibier pour tontonbear66, il y a de tout et surtout… du n’importe quoi. J’adore Gayroméo. C’est comme dans Sliders, les mondes parallèles, tu ne sais jamais sur quoi tu vas tomber puisque de toute façon, le maintenant légendaire « Salut » ou « Slt » (pour cette génération de mecs qui ont acheté leur clavier « contrefaçonné » en Ethiopie sans « a » et « u ») est la porte qui ouvre toutes les fenêtres. Ton joli barbu hipster qui a l’air complètement anodin dans sa chemise à carreaux avec un poster d’Amanda Lear en fond dans sa chambre-cuisine-salle de bains qui lui sert d’appartement peut totalement te sortir un « tu peux te vider dans une de mes chaussettes si ça te tente ». Pourquoi, comment, d’où ça lui est venu ? Qui peut le savoir ? Que notre Sainte Nature se méfie quand elle crée sous LSD, voilà ma seule explication.

 

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Entre les adorateurs de Reqins™ qui se comptent par milliers et qui, malgré une sorte de visibilité un peu trash-sport, restent généralement des gros nounours et ne veulent simplement qu’exalter un fantasme, les mecs qui ont 21 millions de photos mais pas une de claire, ceux qui ont pimpé leur profil en mode « j’suis graphiste, t’sais » ou encore ceux que nous appellerons « les fantômes de GR », à savoir les mecs qui viennent t’aborder mais dont tu n’as absolument aucune info ou même idée de ce à quoi ils ressemblent, il en résulte que tu peux passer des heures à jouer à ce grand Sims™ PD en mode « je te kiffe moi non plus ». C’est exaltant… et épuisant.

 

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Bon, faut pas déconner ! J’y ai fait des belles rencontres… sans me foutre de votre gueule, hein ! Je vous assure que c’est vrai ! Mais ça reste confiné à du… flirt. Soyons honnêtes : un mec, sur une photo, c’est toujours plus pourri en vrai. Une conversation électronique, c’est AUSSI toujours plus pourri en vrai. Alors, qu’est-ce que je fous encore là-dessus ? Bah, je ne sais pas. Alors du coup, voilà : exorcisme, bye ! bye ! Mais tu m’auras bien éclaté pendant mes années lycée et ses consœurs cœurs brisés. Je décroche, dernier hommage à ma petite page bleue pourrie et tes photos d’accueil bien dégueu. Maintenant, les garçons, sortez vos Stan Smith toutes blanches et le cœur serré tout rouge qui va avec. Minaudons des yeux et parlons sans azerty. Retournons au traditionnel, parce que y a FRANCHEMENT rien de plus cool que cette humble réalité…

 

Bien à vous.

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